Adultes n'ayant jamais eu de partenaire

Les adultes qui n'ont jamais eu de partenaire avouent rarement. Cependant, dans les médias et les réseaux sociaux, il est évident que ce phénomène existe et pourrait être plus important qu'il n'y paraît à première vue.
Adultes n'ayant jamais eu de partenaire

Dernière mise à jour : 20 mars, 2022

Comme il est courant en Occident que les premières relations sentimentales et sexuelles se produisent avant l’âge de 20 ans, beaucoup s’étonnent qu’il existe des adultes qui n’aient jamais eu de partenaire. Cependant, c’est un phénomène qui n’est pas aussi étrange qu’il n’y paraît à première vue.

Contrairement à d’autres espèces, la sexualité a, chez l’homme, des connotations plus complexes. Ce n’est pas seulement un instinct de survie. Elle est assortie par tout un ensemble d’aspects psychologiques, culturels et symboliques. C’est pourquoi il y a des adultes qui n’ont jamais eu de partenaire et, même ainsi, ne peuvent pas être qualifiés d'”anormaux”.

Les cas d’adultes qui n’ont jamais eu de partenaire, bien qu’ils ne soient pas les plus fréquents, ne sont pas rares non plus. On sait que dans divers réseaux sociaux, il existe des groupes qui rassemblent ceux qui présentent cette condition. De même, le journal de la BBC en fit une publication et reçut en retour plusieurs témoignages de personnes qui se trouvaient dans cette circonstance.

« Le moment où je me suis le plus rapproché  que j’aimais d’une femme, c’était il y a peut-être 30 ans. J’ai plus de 60 ans et je suis à la retraite. Je n’ai jamais embrassé de fille et évidemment je n’ai jamais eu de relations sexuelles.”

-Lennart-

adultes qui n'ont jamais eu de partenaire

Adultes n’ayant jamais eu de partenaire

Les adultes qui n’ont jamais eu de partenaire peuvent présenter un trouble, mais ce n’est pas nécessairement le cas. Les circonstances entourant cette condition sont très variées et ne sont pas toujours dues à un problème psychologique. Dans les cultures restrictives, par exemple, le célibat peut être une option très appréciée.

De même, il est possible que dans certaines circonstances historiques ou culturelles le désir d’avoir un partenaire soit inhibé. C’est ce qui s’est passé au Japon du 21e siècle, où l’on estime qu’environ un quart des personnes n’eurent jamais de partenaire ou de relations sexuelles. C’est aussi une tendance sociale.

Cela dit, il faut également préciser que dans de nombreux cas, il peut y avoir une sorte de limitation individuelle ou de difficulté à établir des relations amoureuses ou à vivre la sexualité. Toutes ne sont pas sérieuses, mais ce ne sont pas non plus des réalités à ignorer.

Avoir ou ne pas avoir de partenaire ?

Avoir un partenaire n’est pas sain à cent pour cent du temps, tout comme ne pas en avoir n’implique pas nécessairement un déficit. Dans une perspective large, on ne peut parler de difficulté que lorsque la personne a voulu avoir un partenaire et n’y est pas parvenu. De même, quand elle nie catégoriquement cette possibilité et ne sait pas pourquoi.

Un comportement n’est pas automatiquement sain simplement parce que la plupart des gens l’affichent. Ce n’est pas non plus automatiquement nocif lorsqu’il est très unique. Ce qui définit une difficulté dans ces cas, c’est l’incohérence entre le désir et l’acte, ainsi que l’inhibition radicale d’une conduite sans raison.

Il y a des adultes qui n’ont jamais eu de partenaire et qui se sentent à l’aise avec cela. C’est une décision consciente ou qui, en tout cas, ne les inquiète pas. Il convient néanmoins de préciser que les relations sont une dimension qui fournit des éléments précieux pour l’évolution personnelle. S’en priver, c’est aussi renoncer à des expériences enrichissantes.

adultes qui n'ont jamais eu de partenaire

Quand s’inquiéter ?

Il y a lieu de s’inquiéter lorsque des adultes qui n’ont jamais eu de partenaire ressentent de la douleur ou ont des sentiments confus à ce sujet. Ce comportement peut être le résultat de circonstances psychologiques qui n’ont pas été développées correctement. Il s’agit parfois d’un traumatisme, d’une phobie ou d’un rapport à soi très précaire.

Le problème est que ces difficultés ne sont pas toujours aussi évidentes. Parfois, il y a une sorte de désintérêt pour tout ce qui touche à la sexualité, mais ce n’est que la façade du problème. Il est très fréquent que derrière cela se cachent des peurs profondes, des doutes sur sa propre sexualité ou des expériences traumatiques non surmontées et se manifestant par un rejet.

De multiples aspects de l’être humain entrent en jeu dans une relation. Les insécurités, le vide et les blessures non cicatrisées remontent à la surface. Lorsqu’une personne tombe amoureuse, elle entre dans un état de vulnérabilité qui enrichit, mais en même temps effraie.

Celui qui aime souffre aussi, d’une manière ou d’une autre, car l’amour est ainsi, quel qu’il soit. Normalement, cette souffrance n’est pas excessive et devient gérable.

Dès lors, s’aventurer dans l’amour demande aussi du courage, tant pour se voir soi-même, dans le miroir, que pour s’ouvrir à l’autre et risquer de se blesser car, finalement, l’autre ne fera pas toujours ce qu’on veut qu’il fasse. Pourtant, le couple est aussi un espace unique de maturation. Il offre de très grandes joies et permet la croissance. C’est là que réside sa magie.

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  • MORANO, C. D., & depois de Freud, C. (2006). Sexualidade e celibato: considerações psicanalíticas. Revista de Estudos da Religião, (1), 50-86.