Accumulateurs compulsifs : caractéristiques et causes

Les accumulateurs compulsifs sont obsédés par le stockage de biens matériels qu'ils n'utilisent pas. S'en débarrasser leur cause une grande angoisse et une grande souffrance. A quoi cela est-il dû ?
Accumulateurs compulsifs : caractéristiques et causes

Dernière mise à jour : 05 avril, 2021

Pourquoi certaines personnes deviennent-elles des accumulateurs compulsifs ? Le syndrome du thésauriseur est un trouble mental qui, à ce jour, soulève encore autant d’inconnues que de spéculations. Le plus frappant est le fait que nous sommes confrontés à une condition qui apparaît de plus en plus fréquemment.

Il faut d’abord faire la différence entre le comportement de thésaurisation et le syndrome de Diogène. Alors que la seconde se limite à une accumulation arbitraire d’objets collectés sans aucune valeur par des personnes qui se négligent souvent et qui souffrent de schizophrénie, de dépression ou de conduites addictives, la première renvoie à une réalité plus frappante.

Le trouble de la thésaurisation se caractérise par une anxiété excessive à se détacher d’objets appartenant à la personne affectée. Cette dernière semble avoir une vie normale, mais avec la particularité de stocker une infinité d’ustensiles de manière désordonnée au point de manquer d’espace dans la maison.

C’est un comportement qui touche plus fréquemment les personnes âgées, mais la population plus jeune est également concernée. Par exemple, une personne atteinte de ce trouble accumule des tours de livres, d’antiquités, de vêtements, de jouets ou de vaisselle pour le simple plaisir de posséder des objets. Il s’agirait d’une stratégie pour se défendre de la solitude.

Il existe encore de nombreux doutes autour de ce trouble. Découvrons ce que la science nous dit à ce sujet.

Le comportement des accumulateurs.

Accumulateurs compulsifs : qu’est-ce que le trouble de la thésaurisation ?

L’Université de Braga (Portugal) a mené une étude en 2017 pour tenter de comprendre un peu plus le trouble de la thésaurisation. Pour ce faire, elle a suivi le cas d’un homme marié de 52 ans qui avait entreposé des objets dans sa maison, son garage et son grenier au point de la rendre inhabitable.

Après une analyse psychiatrique, on a pu voir que le patient n’avait pas d’autre problème qu’une légère dépression. Il avait une famille, un travail, n’avait aucun problème de démence ou aucun type d’altération de la personnalité. Après 9 mois de traitement avec un antidépresseur, il a vendu tous les objets accumulés et a pu mener une vie normale à la maison.

Pourquoi une personne sans problèmes psychiatriques graves peut-elle conduire à cette réalité problématique ? Jusqu’à présent, il y a plus de doutes que de certitudes.

Cependant, les institutions médicales insistent beaucoup plus sur l’importance de comprendre ce trouble au regard du risque qu’il présente. De nombreux incendies sont déclenchés dans une maison ou un appartement trop plein d’objets inutiles.

Les caractéristiques de la thésaurisation compulsive

  • Les personnes atteintes de ce trouble accumulent des magazines, des journaux et même du courrier professionnel.
  • Elles ne peuvent pas jeter les appareils qui ne fonctionnent plus. Elles ressentent un lien émotionnel avec cette télévision, ce vieux portable ou ce sèche-cheveux qui appartenait à un parent.
  • Elles accumulent de vieux vêtements.
  • Ces personnes ne se soucient pas que certains objets soient déjà cassés. Elles ne peuvent ni les jeter ni les recycler.
  • Elles gardent une grande quantité de vêtements.
  • La thésaurisation compulsive peut se concentrer sur un seul objet. Par exemple, des livres.
  • Il existe également des cas de thésaurisation d’animaux (grand nombre de chats ou de chiens à la maison, par exemple).
  • Le stockage d’objets finit par empêcher la personne d’accomplir des tâches élémentaires comme cuisiner, dormir, aller aux toilettes…

Pourquoi certaines personnes deviennent-elles des accumulateurs compulsifs ?

Pour comprendre pourquoi certaines personnes deviennent des accumulateurs compulsifs, il est important de comprendre qu’il n’est pas tout à fait clair que la thésaurisation compulsive soit un trouble unique ou un symptôme d’autres troubles. C’est une réalité très complexe qui touche de plus en plus de gens. Voyons ce que la science nous dit jusqu’à présent.

Il ne s’agit peut-être pas d’un trouble obsessionnel-compulsif

Le Dr Shirley M. Mueller, une psychologue experte en neurobiologie, a écrit un livre très pertinent sur le sujet intitulé Inside the Head of a Collector: Neuropsychological Forces at Play. Dans ce document, et à la suite d’un travail de recherche exhaustif, elle révèle ce qui suit :

  • Près de 50 % des personnes testées avec un trouble de la thésaurisation souffraient de dépression.
  • 25 % souffraient d’une phobie sociale.
  • Seulement 20 % présentaient un trouble obsessionnel-compulsif.

Autrement dit, il est vrai que l’acte d’accumulation répond à un comportement compulsif. Mais dans de nombreux cas, le déclencheur est un trouble de l’humeur.

Les causes des accumulateurs.

Une altération du cortex préfrontal mésial

Il est également important de se plonger dans l’aspect biologique pour comprendre ce trouble. Des recherches telles que celles menées à l’Université de Yale ont montré que les personnes qui manifestent un comportement de thésaurisation présentent des anomalies dans les régions frontales du cerveau. Plus précisément dans le cortex préfrontal mésial.

Le contrôle des effets personnels comme mécanisme de sauvetage

Aujourd’hui, grâce à l’alliance entre la psychologie et les neurosciences, nous comprenons beaucoup plus cette réalité. Une chose est claire : le fait que les accumulateurs doivent avoir leurs effets personnels avec eux, aussi inutiles soient-ils, est un mécanisme de contrôle.

Face à l’insécurité psychologique qu’ils éprouvent du fait de leur dépression ou anxiété, thésauriser des objets et de les avoir avec eux génère soulagement et sécurité. Remplir la maison d’objets est une façon de combler les vides internes. Si cette personne présente également une altération du cortex préfrontal mésial, nous avons là le déclencheur de ce trouble.

Le traitement à base d’antidépresseurs, ajouté à la thérapie cognitivo-comportementale, tend à donner de bons résultats chez ces patients. L’important est sans aucun doute de pouvoir mettre en place des mécanismes adéquats pour prévenir et détecter au plus vite ce trouble.

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