3 syndromes étranges d’identification ratée

9 avril 2018 dans Psychologie clinique 0 Partagés
identification ratée

L’esprit humain reste encore un mystère pour la science. Il est capable de créer les idées les plus impressionnantes, mais également les absurdités les plus surprenantes. Les syndromes d’identification ratée en sont la preuve. Il s’agit de distorsions de la pensée qui amènent les personnes affectées à se représenter la réalité de manière étrange, pour le dire ainsi.

L’un des principaux symptômes des syndromes d’identification ratée sont les délires du contenu de la pensée. Nous appelons délire toute croyance que la personne considère comme vraie, bien qu’elle n’ait aucun fondement empirique ou logique.

Ces délires ou convictions illusoires sont présents dans les syndromes d’identification ratée. Ils conduisent à construire une perception de soi et des autres qui n’a rien à voir avec la réalité. Ils font souvent partie de maladies psychiatriques plus complexes ou de troubles neurologiques. Voici trois de ces syndromes.

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1. Le délire de Capgras, l’un des syndromes d’identification ratée

Le syndrome de Capgras ou délire de Capgras est un trouble qui amène quelqu’un à croire que l’une des personnes proches de son entourage a été remplacée par un imposteur. L’individu considère que la personne qui leur est familière est en réalité un double. Cette incapacité à reconnaître est ce qui en fait l’un des syndromes d’identification ratée.

Ce qui se passe dans le délire de Capgras est que la personne parvient à reconnaître physiquement quelqu’un qui lui est proche, mais son esprit ne ressent aucune sensation de familiarité. Il s’agit d’une perception sensorielle sans sensations subjective ou sentiments. D’où l’impression d’étrangeté que les autres lui inspirent.

Se produit ici une déconnexion entre le système de reconnaissance visuelle et la mémoire affective. Le délire de Capgras peut également être dirigé vers soi-même. Dans ce cas, la personne souffrant de ce trouble pense qu’elle a elle-même été remplacée par une autre. Cela se produit, généralement, dans le cadre d’une psychose ou à la suite d’un traumatisme cérébral.

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2. Le délire de Fregoli

Le délire de Fregoli est une maladie rare faisant partie des syndromes d’identification ratés. Il est lié à la paranoïa et se présente sous différentes formes. Dans la plus typique, la personne croit qu’elle a un persécuteur et que ce dernier est capable d’assumer différentes apparences. Par conséquent, lorsqu’elle voit quelqu’un qu’elle connaît, elle peut croire qu’il s’agit du persécuteur, qui a pris une forme familière afin de la tromper.

Cette illusion se manifeste également de façon presque contraire à celle que nous venons de présenter. La personne pense qu’elle connaît des personnes qui lui sont en réalité étrangères. Lorsqu’elle les voit, elle les identifie avec des êtres qui lui sont familiers. De même, elle peut croire qu’elle connaît des lieux ou des objets qu’elle ne connaît pas en réalité.

Bien que la science n’ait pas établi les causes de ce trouble avec exactitude, nous savons qu’il est dû à un dysfonctionnement des « nœuds associatifs » . Autrement dit, avec la capacité de synchroniser les perceptions physiques et mentales. Ce trouble est généralement causé par une lésion cérébrale ou en tant que symptôme d’un délire paranoïaque.

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3. Le syndrome d’Othello

La jalousie possède toujours une forte composante imaginative. En effet, il y est davantage vécu dans la fantaisie que dans la réalité. Nous trouvons ici une suspicion constante, rarement vérifiée ou correspondant aux faits. Ceci est porté à son expression maximale dans le cas du syndrome d’Othello.

La conviction obsessionnelle que le conjoint est infidèle est présente dans le syndrome d’Othello. Il n’existe aucun doute à ce sujet et la seule chose qui est attendue est de pouvoir surprendre cette personne « en action ». Ce qui en fait l’un des syndromes d’identification ratée est le fait que le patient ne peut pas voir (ou identifier) ​​son conjoint tel qu’il est réellement. Le patient ne voit en ce dernier qu’un traître ou une traîtresse. Il investit par conséquent beaucoup de temps et d’énergie à la recherche de preuves de son infidélité.

Quelque chose de caractéristique du syndrome d’Othello est que le patient « voit » en permanence la présence d’un tiers dans leur relation. Cependant, lorsqu’il est interrogé sur les caractéristiques de cette tierce personne avec laquelle son conjoint le trahirait, il en est incapable. Ce n’est que dans de très rares occasions qu’il est à même de donner des informations à son sujet.

Les troubles mentionnés ci-dessus ne sont pas les seuls syndromes d’identification ratée. Il  en existe davantage. Ce qui est commun à tous est cette difficulté à se reconnaître ou à reconnaître. Ils sont presque toujours liés à des pathologies psychiatriques d’une certaine gravité et nécessitent donc d’être traités par un professionnel.

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