10 différences entre Freud et Jung

7 février 2018 dans Psychologie 216 Partagés
photo de freud et jung

Il y a d’innombrables et quelquefois tumultueuses controverses qui ont eu lieu autour des figures de Sigmund Freud et Carl Gustav Jung. En général, autour de chaque proposition, se trouvent des experts plutôt pour ou plutôt contre, chacun avec ses arguments. De plus, si au lieu de les analyser séparément nous les plaçons tous deux sur un même plan, la comparaison fait que les débats gagnent en intérêt.

Les différences entre Freud et Jung sont intéressantes parce que, paradoxalement, au début de la pratique professionnelle de Jung, elles coïncident dans les idées et les approches théoriques. En fait, dans certains cas les coïncidences initiales nous faisaient douter sur l’auteur d’une idée. C’est une chose qui n’arrive plus, par exemple, dans les dernières phases de son évolution, dans lesquelles les divergences se sont accrues et où son sceau est devenu beaucoup plus particulier. D’une manière ou d’une autre, la promenade que nous vous proposons à travers l’histoire de ces deux grands auteurs semble vraiment intéressante ; nous accompagnez-vous ?

Pourquoi différencier Freud et Jung ?

Sigmund Freud était un neurologue d’origine autrichienne qui a initié et donné forme à l’un des courants les plus puissants et les plus traditionnels de la psychologie : la psychanalyse. En outre, il est considéré par beaucoup, à la fois par ses disciples mais aussi ses critiques, comme l’un des intellectuels les plus importants du XXe siècle. En tant que neurologue, son domaine d’étude de prédilection initial était…la neurologie. C’est là que l’on peut situer l’origine de son évolution, qui a progressivement dérivé en une variante plus psychologique: aussi bien dans l’analyse des causes que dans le cours et les conséquences des désordres étudiés.

D’autre part, Carl Gustav Jung était psychiatre, psychologue et essayiste d’origine suisse. Il a travaillé comme une figure clé dans les débuts de la psychanalyse. Plus tard, il fondera sa propre école de «psychologie analytique», aussi connue sous le nom de psychologie profonde ou complexe.

Jung s’est intéressé à l’œuvre de Freud, ce dernier nommant publiquement Jung comme son «successeur». Cependant, il ne fallut pas longtemps au maître de Vienne et de Zurich pour se séparer, à cause de leurs désaccords théoriques et personnels. C’est ainsi que Jung fut expulsé de la Société Psychanalytique Internationale de l’époque, celle-là même qu’il présidait à l’époque (1910).

Sigmund Freud qui travaille

Différences entre Freud et Jung

Bien qu’il existe de nombreuses différences entre Freud et Jung, nous n’en citerons dans cet article que quelques-unes des plus pertinentes. D’un autre côté, nous pourrions diviser à leur tour ces différences en autant de subdivisions.

1.- Être psychanalyste

Bien qu’il ne soit pas étrange pour ceux qui sont formés à la théorie de Jung d’entendre le terme «psychanalyste jungien», c’est une erreur nominative. Jung n’est pas considéré comme un psychanalyste, en fait, il a décidé de se séparer complètement de cette école et a fondé la sienne.

2.- Le terme « complexe »

Freud a reconnu et a donné la paternité de ce terme à Jung. Freud utilisait ce terme toujours accompagné d’un nom de famille dans sa théorie : « Complexe d’Œdipe » ou « complexe de castration » pour expliquer la théorie sexuelle et la dynamique psychique qu’il prônait.

D’un autre côté, pour Jung, le terme complexe a à voir avec l’ensemble de concepts ou d’images émotionnellement chargées qui agissent comme une personnalité autonome séparée. Il situe précisément dans au cœur de ces complexes l’archétype qu’il relie à la notion de traumatisme.

Carl Jung

3.- Parapsychologie et phénomènes cachés

Jung attachait une grande importance à la parapsychologie et à l’authenticité des soi-disant «phénomènes cachés». D’autre part, Freud s’opposait à l’étude de ces questions et à leur lien avec la psychanalyse; considérant qu’ils feraient hautement néfastes à sa théorie.

« Si deux personnes sont toujours d’accord sur tout, je peux vous assurer que l’un des deux pense pour les deux. »

-Sigmund Freud-

4.- Concept de « restes archaïques »

Pour Freud, les «restes archaïques» ont à voir avec certains contenus inconscients. Ils auraient à voir avec le concept de trace mnésique qu’il a créé.

D’un autre côté, pour Jung, les restes archaïques étaient plus que cela. En effet, ils lui ont permis de créer une topologie de l’inconscient différente de celle de la psychanalyse – l’inconscient collectif. À cette fin, il a utilisé l’analyse des rêves de ses patients, interprété différents mythes produits par différentes cultures et les a ajoutés à l’investigation du symbolisme alchimique.

Pour Jung, l’inconscient collectif est commun à la nature humaine. On naît avec lui; constitués par des structures archétypales dérivées des moments émotionnels les plus transcendants de l’humanité qui aboutissent à la peur ancestrale des ténèbres, à l’idée de Dieu, du bien, du démoniaque, entre autres.

Femme avec une fleur blanche

5.- Les facteurs historiques et l’importance du présent

Pour Freud, les facteurs historiques de chaque individu par rapport aux facteurs ou circonstances actuels ont prévalu, aussi bien dans le développement de la névrose que dans celui de la psychose. Autrement dit, des facteurs historiques viendraient déterminer les comportements actuels et futurs.

Cependant, pour Jung, cela a fonctionné dans l’autre sens. Il relativise la prééminence des facteurs historiques dans les fondamentaux freudiens. Et même quand Freud n’était pas en désaccord avec cette particularité, il l’était sur les lignes générale, étant donné que Jung mettait l’accent sur la mise en valeur du présent au détriment du passé, en ce qui concerne le champ d’étude des névroses.

« Je ne suis pas ce qui m’est arrivé, je suis ce que j’ai choisi d’être. »

-Carl Jung-

6.- Élan vital vs. libido

Pour Jung, le concept de libido définirait une énergie vitale de nature générale. Elle prendrait la forme la plus importante pour l’organisme à chaque moment de son évolution biologique : l’alimentation, l’élimination, le sexe . Contrairement à la conception de la libido freudienne où l’énergie à prédominance sexuelle est concentrée dans différentes zones du corps tout au long du développement psychosexuel de l’individu.

7.- Topologie psychique

Pour Freud, la structure psychique était composée de trois niveaux: conscient, préconscient et inconscient. Pour Jung, d’un autre côté, il y avait le niveau conscient mais il se référait à deux inconscients: l’inconscient personnel et l’inconscient collectif.

8.- Le transfert

Une autre différence entre Freud et Jung réside dans la façon dont ils ont compris le phénomène du transfert. Tous deux envisageaient ce concept. Freud pensait que, pour que cela se produise, il devait y avoir une certaine asymétrie où l’analyste sert d’objet, d’écran vide où le patient peut placer, transférer fantasmes, figures représentatives, etc. De là commence le travail analytique. Direction unidirectionnelle.

D’un autre côté, bien que pour Jung le transfert reste le problème central de l’analyse, il ne partage pas sa praxis orthodoxe. Basé sur sa connaissance de l’alchimie, il définirait la relation thérapeutique basée sur la métaphore de deux corps chimiques différents. Mis en contact, ils se modifieraient mutuellement. Ainsi, la relation établie entre patient et psychothérapeute de collaboration est de confrontation mutuelle.

Femme chez le psychologue

9.- Le canapé

Pour Freud, l’utilisation de l’outil du divan était essentielle pour pouvoir faire l’analyse, laissant toujours l’analyste hors de vue du patient. Tout le contraire de Jung qui faisait les séances face à face, assis devant le patient et maintenant une relation directe constante. Il n’avait pas de divan.

10.- Fréquence des sessions

La fréquence des séances est une autre des différences entre Freud et Jung. Carl Gustav Jung assistait ses patients au début deux fois par semaine, à raison d’une heure par session. Proposant ensuite de passer à une séance hebdomadaire dans un traitement habituel de trois ans. Freud, d’autre part, soignait strictement ses patients six fois par semaine, à raison de 45 ou 50 minutes chaque séance.

Enfin, bien que nous ayons seulement mentionné dix différences entre Freud et Jung au sujet de leurs méthodes, pensées et approches, on pourrait en trouver beaucoup d’autres. La relation entre les deux et la façon dont l’un d’eux a laissé sa marque sur l’autre est très intéressante. Pour cette raison, l’invitation est ouverte pour que vous puissiez regarder de plus près son travail.

A découvrir aussi