Types de validité : validité concourante et validité de construit

· 19 avril 2019
Quelles sont les différentes sortes de validité ?

En termes psychométriques, la validité est un concept qui a suivi un long processus évolutif. Comme nous l’avons déjà cité dans d’autres articles, il existe quatre types ou catégories de validité : la validité de contenu, la validité prédictive, la validité concourante et la validité de construit.

Nous allons ici vous expliquer en quoi consistent la validité concourante et la validité de construit.

La validité concourante

La validité concourante s’exprime à travers la mesure des faits présents dans le testPour estimer ce type de validité, on administre le test et on le correlationne avec le critère -instrument de mesure précédemment validé-.

Ce type de validité est similaire à la validité prédictive. Cependant, ces deux types de validité se différencient par deux aspects :

  • Les mesures du test et du critère sont obtenues contemporainement.
  • Au niveau de leur usage principal. Il s’agit de réaliser un test pour remplacer d’autres procédés qui ne conviendraient pas autant, et ce pour diverses raisons. Un exemple pourrait être le test d’intelligence collective, au lieu de faire un test d’intelligence individuel.

Le problème de ce type de validité est de pouvoir trouver un test qui apporte des critères valides et dignes de confiance.

validité concourante et validité de construit

 

Validité de construit

Le construit se définit comme un concept hypothétique qui fait partie des théories essayant d’expliquer le comportement humain. Des exemples pourraient être ceux de la créativité ou de l’intelligence.

Ce type de validité répond à la question : « Comment peut-on expliquer les scores du test de façon psychologique ? ». La réponse à cette question peut être vue comme l’élaboration d’une « mini-théorie » concernant un test psychologique.

Ainsi, la validité de construit se définit comme l’obtention de preuves qui soutiennent l’idée selon laquelle les comportements observés dans un test sont parfois des indicateurs du construit.

Processus de validation de construit

Le processus de validation de construit implique :

  • De formuler des hypothèses et des relations entre des éléments du construit, ainsi que des relations entre ce dernier et d’autres construits de la théorie ou externes
  • Sélectionner des items (indicateurs) qui représentent des manifestations concrètes du construit
  • Rassembler des données
  • Établir une consistance entre des données et des hypothèses, et examiner la façon dont les données pourraient s’expliquer à travers des hypothèses alternatives

Divers procédés existent pour établir la validité de construit :

  • Sur la base de la théorie actuellement en vigueur par rapport au test, le psychologue déduit certaines hypothèses à propos du comportement attendu des personnes qui obtiennent des scores différents
  • Des données sont ensuite réunies, qui confirment ou non ces hypothèses
  • En s’appuyant sur les données accumulées, on prend une décision qui dépend de l’explication adéquate des données par la théorie. Si cette dernière ne fournit pas une bonne explication, on doit la revoir et recommencer le processus jusqu’à ce que l’on possède une explication plus ajustée

Les limites

Ainsi, le processus de validation, dans ce cas, connaît une reformulation continue. Les résultats des études que l’on peut faire ne « valident » pas ou ne « prouvent » pas réellement la théorie complète car l’on ne peut jamais démontrer une « construction » de façon absolue.

On peut simplement l’accepter comme la meilleure définition du travail que nous puissions avoir. Si les résultats sont négatifs, il y a au moins trois interprétations possibles :

  • Le test peut ne pas mesure le « construit » (ne pas mesurer ce que nous voulons qu’il mesure, même s’il mesure quelque chose)
  • Le cadre théorique peut être erroné. Par conséquent, des inférences incorrectes auront lieu
  • Le plan de l’expérience ne permettait pas de vérifier l’hypothèse. Une faille dans ce plan peut être assez facile à détecter; cependant, localiser l’endroit où se situe cette erreur est un peu plus complexe. L’interprétation ambiguë des résultats négatifs est un inconvénient évident du processus de validation de « construit »

La validité concourante et la validité de construit permettent de mettre des éléments en lumière lorsqu’il faut valider un test. Mais il faut prendre d’autres aspects en compte au moment de réaliser une validation.

validité concourante et validité de construit

Implications pratiques dans la validation d’un test

Ces implications devraient être prises en compte dans les quatre types de validation : validité de contenu, validité prédictive, validité concourante et validité de construit. Le psychologue qui utilise un test doit s’appuyer sur les points suivants :

  • Avant de prendre des décisions sur des individus ou des groupes, il doit accumuler toutes les informations disponibles sur le test.
  • Pour la prédiction ou la sélection, le test doit être validé dans la situation spécifique où il sera utilisé.
  • Dans n’importe quelle situation, le psychologue doit se rappeler que nos idées sur la nature des traits et sur tout ce qu’ils mesurent se modifie constamment à cause des nouvelles informations.

La validité nous aide à analyser le test en psychologie. Nous savons déjà qu’un test est plus efficace lorsqu’il possède une plus grande validité. Cependant, ce critère n’est pas toujours pris en compte au moment des recherches car d’autres points entrent en jeu, comme la disponibilité ou les ressources économiques.

 

  1. Tovar, J. (2007). Psicometría: tests psicométricos, confiabilidad y validez. Psicología: Tópicos de actualidad, 85-108.
  2. Muñiz, J. (Coord.) (1996). Psicometría. Madrid: Universitas.
  3. Cronbach, L. J. (1972). Fundamentos de la exploración psicológica. Madrid:
    Biblioteca Nueva.