Le syndrome de Tinderella ou du flirt qui ne mène à rien

· 27 février 2018

Le syndrome de Tinderella est issu de l’union de deux termes : Tinder et Cinderella. La psychologie a décidé de donner un nom aux personnes qui se limitent à profiter de la phase de flirt que leur permet de vivre ce type d’applications, mais sans jamais parvenir à concrétiser un rendez-vous. De cette manière, et lorsque qu’elles le décident, ces personnes ne finissent pas pratiquer le « Ghosting », c’est-à-dire la disparition sans donner d’explications…

Nous savons presque tous que l’amour à l’époque d’Internet met en fonctionnement de nouvelles pratiques et de nouvelles dynamiques qui ne passent pas inaperçues auprès des psychologues, des sociologues et des anthropologues. De nouvelles étiquettes et de nouveaux noms sont alors nécessaires afin de donner forme à de nouveaux schémas comportementaux qui, évidemment, n’étaient pas employés par les générations antérieures.

« Le syndrome de Tinderella naît de l’union de Tinder et Cinderella (Cendrillon en anglais) et correspond aux personnes qui préfèrent le flirt établi au travers de WhatsApp, sans donner le pas nécessaire pour concrétiser un rendez-vous. »

La réalité de cette pratique n’est ni bonne ni mauvaise, elle est uniquement différente. De nos jours nous avons beaucoup plus de possibilités pour connaître des gens et nous pouvons même être plus sélectifs lorsque nous cherchons notre partenaire. Nous sélectionnons des profils, nous faisons des recherches, nous comparons et nous faisons une sélection plus ou moins réfléchie afin d’espérer le fameux « match » tant attendu qui permettrait peu après une nouvelle étape : commencer à communiquer avec cette personne qui a attiré notre attention.

Pour beaucoup, ce n’est rien de plus qu’un marché divertissant. Ces applications pour draguer nous offrent l’opportunité de séparer l’amour du sexe et de rester uniquement avec ce dernier si cela nous fait plaisir. On peut également continuer nos efforts pour trouver une relation durable qui s’obtient parfois. En réalité, nous connaissons pratiquement tous de belles histoires qui ont commencé de cette manière.

Ces dernières années, des psychologues telles que Jenny Stallard et Emma Kenny, ont observé un autre type de dynamique qu’elles ont souhaité rendre visible à travers un nom frappant : les tinderellos/as. Ce sont des personnes qui n’arrivent jamais à concrétiser un rendez-vous, ces profils profitent uniquement du flirt et de l’intimité établis au travers des canaux virtuels…

draguer sur internet

Syndrome de Tinderella, le plaisir de draguer quelqu’un que je ne connaîtrai jamais

Cela semble être une grande contradiction, et en revanche, cette pratique est beaucoup plus développée que ce que l’on pourrait croire. Pourquoi s’inscrire sur une application pour draguer ou trouver un partenaire si au final la personne n’a pas l’intention de connaître en face à face son interlocuteur ? Simplement car cette phase initiale chargée de nouveauté, de découvertes, de contraste d’intérêts et de conversations pendant la nuit sont bien plus que suffisantes et satisfaisantes pour certains et certaines.

Cependant, on doit ajouter un élément plutôt intéressant au syndrome de Tinderella : il est commun pour les « tinderellos/as » de draguer plusieurs personnes à la fois, et de chercher continuellement de nouvelles options, de nouveaux partenaires qui en remplaceraient d’anciens lorsque le moment de « disparaître » sans donner d’explication est venu.

Voyons en suivant davantage de caractéristiques qui définissent ce type de comportements.

  • Le processus de recherche et de sélection de partenaires grâce aux applications permettant de draguer est plus stimulant que le fait de connaître physiquement ou en face à face. Dans la vie réelle, les tinderellos/as manquent généralement de capacités sociales.
  • Ils sont habituellement fascinants et très intéressants dans l’univers « on line », au point de générer des expectatives très hautes chez les partenaires potentiels qui attendent un rendez-vous « off line » qui n’aura bien entendu jamais lieu.
  • Généralement, les tinderello/a perdent rapidement l’intérêt pour les autres personnes. Ils finissent par pratiquer le Ghosting d’un jour à l’autre sans donner d’explication et en laissant derrière eux de fausses promesses.
séduction à distance

L’amour au temps de Tinder

Comme nous l’avons évoqué au début, l’amour à l’époque d’Internet et concrètement à l’ère de Tinder, a donné vie à de nouveaux défis pour de nombreux psychologues. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il y a des personnes qui se voient dans l’obligation de faire naître chez l’autre la douleur pour une relation qui n’a jamais existé.

Ce sont des relations fantômes et infructueuses qui se donnent après avoir « chatté » ou après avoir partagé des confidences, des projets et des rêves pendant un temps déterminé avec des personnes qui ne sont pas connues physiquement. En revanche, pour l’interlocuteur les expectatives de cette relation sont si élevées qu’après la disparition « on line » de l’autre membre, le chagrin est immense.

Tout cela se déroule à l’instant même et c’est une réalité évidente. En fait, le problème en soi n’est pas dans l’absolu pour cette personne victime du Ghosting. Derrière le syndrome Tinderella se trouve en fait une personnalité indécise et incertaine, avec une phobie sociale peut-être ou avec une vision immature des relations humaines.

Le fait de compter entre 5 et 20 « prétendants » sur Tinder ou la vision de dizaines de conversations WhatsApp dans lesquelles se plonger pour flirter, séduire ou éveiller de fausses illusions et une incitation très attrayante pour de nombreuses personnes. Ce sont des renforcements positifs pour lesquels il n’existe aucune obligation, et où le jeu de séduction est constant et sans nécessité de consolider quelque chose de plus.

Le tinderello ou la tinderella vivront ad aeternam dans l’illusion d’un amour infantile et capricieux ; en laissant sur leur chemin de nombreuses victimes. C’est une réalité de plus à prendre en compte dans une société complexe et toujours changeante…

l'amour virtuel