Sous-types de dépression majeure : symptômes que vous devez connaître

Il existe jusqu'à huit sous-types de trouble dépressif majeur, et chacun nécessite une intervention avec des caractéristiques bien particulières. Il est important de connaître vos symptômes pour agir le plus tôt possible.
Sous-types de dépression majeure : symptômes que vous devez connaître
Valeria213

Rédigé et vérifié par la psychologue Valeria213 dans 15 novembre, 2021.

Dernière mise à jour : 15 novembre, 2021

Une partie des êtres humains connaîtra, à un moment donné, un problème de santé mentale. Cependant, chaque personne en fera l’expérience d’une manière particulière : chaque réalité est en effet unique et une bonne partie des troubles psychologiques présentent de multiples singularités. Un exemple de ceci est le trouble dépressif et les différents sous-types de dépression majeure.

Par ailleurs, l’hétérogénéité nous invite à aborder chaque réalité clinique à partir des besoins et circonstances spécifiques du patient. Traiter la dysthymie (dépression chronique de faible degré) ne sera pas la même chose que traiter la dépression post-partum. Ainsi, au-delà de l’intérêt académique lorsqu’il s’agit de comprendre cette réalité, il s’agit avant tout d’identifier la typologie pour décider quelle approche thérapeutique est la plus appropriée.

D’autre part, et d’un point de vue social, il est important de comprendre que la dépression n’est pas seulement une humeur triste et fugace. Nous sommes face à un problème complexe qui affecte le corps et l’esprit et limite, dans de nombreux cas, notre capacité à fonctionner dans n’importe quel domaine de notre vie.

Le trouble dépressif majeur est l’une des principales causes d’arrêt de travail. Cependant, il n’est pas facile de le détecter car chaque personne le vit de manière différente et traîne cette symptomatologie depuis longtemps.

homme triste assis dans la salle à manger souffrant de l'un des sous-types de dépression majeure

Combien de sous-types de dépression majeure existe-t-il ?

Comme expliqué dans une étude récente de la faculté de médecine de l’Université Jiao Tong à Shanghai, en Chine, la dépression majeure reste l’un des troubles psychiatriques les plus courants. C’est aussi l’un de ceux dont l’impact économique est le plus important, tant en termes de coût des traitements et d’arrêts de travail que dans l’économie même des patients.

À ce jour, nous ne savons toujours pas quels sont les véritables déclencheurs de cette maladie. Cependant, il va de soi que la dépression majeure est le résultat d’une interaction complexe entre des aspects sociaux, psychologiques et biologiques. De même, il est important de considérer que ce trouble s’inscrit dans un large spectre et qu’il existe jusqu’à huit sous-types de dépression majeure.

Nous allons les analyser ci-dessous, en précisant d’abord qu’ils peuvent s’organiser en trois catégories, à partir desquelles chaque typologie se manifeste.

Dépression majeure avec comorbidité

Dans le cas de la dépression majeure avec comorbidité, cette dernière coexiste chez un même patient avec d’autres troubles psychologiques.

1. Dépression psychotique

La dépression accompagnée de symptômes psychotiques est une forme assez grave de dépression majeure. Elle se manifeste généralement comme suit :

  • La personne souffre d’hallucinations et d’idées délirantes ainsi que des principaux symptômes du trouble dépressif, c’est-à-dire de la fatigue, des sautes d’humeur, du désespoir, des troubles du sommeil et de l’alimentation, un sentiment de dévalorisation, des problèmes de concentration, des idées suicidaires…

2. Dépression catatonique

Parmi les sous-types de dépression majeure, nous retrouvons la dépression catatonique. Elle inclut une incapacité de bouger, de parler et de répondre aux stimuli externes.

Des travaux de recherche mettent en évidence que cette réalité résiste généralement à toute intervention. Cependant, si elle est diagnostiquée tôt, le pronostic s’améliore considérablement.

3. Dépression anxieuse et irritable

Dans la dépression majeure anxieuse et irritable, diverses humeurs se chevauchent, ajoutant une grande complexité à la vie du patient. Aux symptômes de base du trouble dépressif lui-même s’ajoutent une inquiétude constante, une agitation, le sentiment de perdre le contrôle et une détresse persistante.

Par ailleurs, ce type de dépression anxieuse se manifeste également par de l’irritabilité et même de l’hostilité.

4. Dépression mixte (maniaque et hypomaniaque)

Les sous-types de dépression majeure comprennent un état très particulier de bipolarité. Le patient peut passer par des états de grande activité et d’exaltation et des moments de grande effusion émotionnelle qui, au bout d’un certain temps, conduisent à l’abattement, à l’immobilité, à l’angoisse, etc.

Sous-types de dépression majeure selon leur apparition et leur durée

La dépression majeure, comme nous l’avons indiqué, se développe de manière unique et particulière chez chaque patient. Pour cette raison, il est également important de prendre en compte d’autres facteurs, tels que son apparence et sa durée :

5. Dépression majeure saisonnière ou de longue durée

Dans ce cas, ce trouble peut avoir une durée spécifique ; il apparaît et disparaît à différents moments de l’année. Les personnes atteintes de trouble bipolaire ou de dépressions saisonnières, par exemple, peuvent dans de nombreux cas connaître ces réalités. D’un autre côté, il y a aussi ceux qui traînent cette dépression pendant des mois ou des années.

6. Dépression post-partum majeure.

La dépression qui survient après l’accouchement peut également conduire à un trouble dépressif majeur.

Père triste avec son jeune fils souffrant d'un des sous-types de dépression majeure

Dépression majeure selon ses caractéristiques

Parmi les différents sous-types de dépression majeure, il convient de souligner ceux qui, en raison de leurs caractéristiques, méritent une section spéciale.

7. Dépression mélancolique.

Il s’agit d’une forme sévère de dépression qui apparaît avec un manque de réponse motrice, une insomnie, une perte de poids, un sentiment constant de culpabilité, une incapacité à répondre à l’environnement, une anhédonie, etc.

8. Dépression atypique.

Dans ce cas, une image de symptômes totalement opposés à la dépression mélancolique apparaît généralement. Nous faisons face à une prise de poids et une hypersomnie (envie constante de dormir). Cependant, des sentiments de tristesse, d’abattement, etc., apparaissent également. Comme caractéristique singulière, il convient de noter que la dépression atypique montre des moments où l’on est capable de réagir à des stimuli et des situations positives.

Décrire les sous-types de dépression majeure nous permet de comprendre quelque chose de très basique : nous sommes confrontés à une condition très complexe, multifactorielle et difficile à tous les niveaux.

Cependant, un bon diagnostic nous permettra de concevoir un bon plan de traitement. Rappelons-nous que la dépression peut être traitée et surmontée tant que nous demandons de l’aide.

Cela pourrait vous intéresser ...
Le désespoir dans la dépression, quand tout perd son sens
Nos Pensées
Lisez-le dans Nos Pensées
Le désespoir dans la dépression, quand tout perd son sens

Comment survient le désespoir dans la dépression ? Nous vous parlons de ses différentes conséquences dans cet article.



  • Fava M, Uebelacker LA, Alpert JE, Nierenberg AA, Pava JA, Rosenbaum JF. Major depressive subtypes and treatment response. Biol Psychiatry. 1997 Oct 1;42(7):568-76. doi: 10.1016/S0006-3223(96)00440-4. PMID: 9376453.
  • Musil, R., Seemüller, F., Meyer, S., Spellmann, I., Adli, M., Bauer, M., Kronmüller, K. T., Brieger, P., Laux, G., Bender, W., Heuser, I., Fisher, R., Gaebel, W., Schennach, R., Möller, H. J., & Riedel, M. (2018). Subtypes of depression and their overlap in a naturalistic inpatient sample of major depressive disorder. International journal of methods in psychiatric research27(1), e1569. https://doi.org/10.1002/mpr.1569
  • Li, Z., Ruan, M., Chen, J. et al. Major Depressive Disorder: Advances in Neuroscience Research and Translational Applications. Neurosci. Bull. 37,863–880 (2021). https://doi.org/10.1007/s12264-021-00638-3