S’il est facile de voir les autres comme des instruments, il est plus difficile de les voir comme des personnes

27 mai 2017 dans Psychologie 96 Partagés

Désirer le mal des autres ou faire du mal aux autres est une réalité qui nous répugne. Cependant, avez-vous déjà été tenté-e ou séduit-e par ce côté obscur ? Traiter les autres comme des instruments pour atteindre nos buts est bien plus facile. Si vous voulez être le/la meilleur-e de votre entreprise, il vous suffit de boycotter le travail de vos collègues. C’est un chemin bien plus court pour arriver à vos fins, et aussi à ce qui vous permettra de connaître la satisfaction la plus rapide. N’est-ce pas en partie cela que l’on convoite toujours ?

L’être humain cherche toujours la satisfaction immédiate. Pour reprendre l’exemple précédent, rien ne nous sert de tout donner, de faire des efforts et d’attendre des mois avant d’atteindre, de manière honnête, notre but. Si on peut écourter ce temps, pourquoi ne pas le faire ? C’est ainsi que pensent celleux qui se laissent porter par ce que l’on considère qui est mal. Iels cessent de traitent les autres comme des personnes pour commencer à les utiliser comme des instruments : des obstacles ou des moyens pour arriver à leurs fins.


« Nous avons tous un côté obscur, c’est pourquoi il est nécessaire de lutter constamment pour agir correctement. Le côté lumineux est compassion et préoccupation pour les autres. Le côté obscur est avidité et égoïsme. »

– George Lucas –


Les mécanismes de séduction du mal

Nous avons tou-te-s connu des personnes bonnes qui ont fini par devenir mauvaises. Des individus manipulateurs, de très mauvais caractère, qui ont commencé à faire ce dont avant ils souffraient. C’est le premier mécanisme de séduction du mal. Se sentir blessé-e-s par ce que l’on nous a fait. Se considérer comme victimes des circonstances, pas méritant-e-s de toute la méchanceté gratuite reçue. Fatigué-e-s de toutes les adversités, supportées les unes après les autres. Finalement, la rancune s’empare de nous et fait de nous des personnes que nous ne voulions pas être.

Une personne maltraitée peut devenir une personne maltraitante. Une personne sujette aux critiques peut devenir celle qui critique. Après tant de souffrance, on décide de cesser d’être « bête » pour finalement agir comme les autres l’ont fait avec nous. Nous sommes bien conscient-e-s du fait que l’objet de nos mauvais actes sont des personnes innocentes. Un groupe auquel on a appartenu un jour.

Cependant, il existe aussi un autre mécanisme de séduction du mal qui nous mène à traiter les autres comme des instruments et pas comme des personnes, et il consiste à voir comment celleux qui sont autour de nous atteignent le pouvoir au moyen de leurs mauvais agissements. On les déteste, on les surveille, iels ont tellement de chance et sont pourtant de si mauvaises personnes ! Toutes ces émotions négatives nous mènent à vouloir reproduire leurs actes, car notre honnêteté ne nous apporte pas la chance qu’elleux ont.


« Fais attention à la pierre que tu me lances aujourd’hui, car ce pourrait bien être la même que je te renverrai demain. »

– Anonyme –


Si on ouvre les yeux, on se rendra compte que l’on a été comme empoisonné-e-s. C’est comme si on se trouvait dans une corbeille de fruits entouré-e-s de pommes pourries. En ne nous étant pas éloigné-e-s de cette situation, de ces personnes, on finit nous aussi par être infecté-e-s. Contaminé-e-s par ce mal si séducteur qui nous pousse à traiter les autres comme des instruments pour satisfaire nos besoins ou simplement pour provoquer la souffrance qu’une fois nous avons reçue et subie.

L’attraction du pouvoir

Dans tout ce qui a été mentionné jusqu’à maintenant, nous avons été en contact avec la rancune et avec cette sensation de « se sentir bête » en voyant les autres mal se comporter et atteindre les résultats que l’on aurait aimé atteindre. Or, là-dessous se cache une puissante raison expliquant pourquoi le côté obscur nous absorbe et pour laquelle on cesse de voir les gens comme tels et que l’on commence à les considérer comme des objets : cette raison, c’est le pouvoir.

Lorsque que l’on prend le contrôle, automatiquement, cela nous donne du pouvoir, de même que lorsque l’on soumet, que l’on manipule, que l’on ment, que l’on fait du mal… Tout cela, on le fait intentionnellement, et à certaines occasions, peu nous importe de détruire complètement l’autre personne si cela nous permet d’en tirer un bénéfice. Maintenant, on a le contrôle de la situation et cela alimente nos envies d’aller encore plus loin. On se laisse porter. Jusqu’où serons-nous capables d’aller ?

Même si traiter les autres en ignorant leurs sentiments peut nous faire nous sentir bien pour un moment, ce qui est certain, c’est qu’à la longue, cela nous rend amer-ère-s et nous attriste. Comme les êtres humains que nous sommes, nous cherchons le bon car cela nous fait nous sentir en paix. Même si le mauvais nous bénéficie d’une autre manière ou nous permet d’obtenir la « justice », le résultat ne sera pas le même.


« La séduction du côté obscur commence avec un diabolique jeu de flirt. Avec un mélange d’émotions et de sentiments de culpabilité. Jusqu’à ce que l’on finisse par se dévouer et à laisser de côté les remords. »

– Antonio Crego –


Le pouvoir auquel nous donne accès le mal nous séduit. Ce flirt innocent que l’on peut maintenir au départ devient quelque chose qui pourra finir par se retourner contre nous si nous ne faisons pas attention. Traiter les autres comme des objets peut faire que l’on arrive à atteindre ce que l’on s’était fixé, mais cela nous éloignera du même coup de l’équilibre, de la paix, du bonheur. N’oublions pas que pour se comporter ainsi, il y aura toujours un prix à payer : celui de sacrifier notre être pour avoir. Cela en vaut-il vraiment la peine ?

Images de Catrin Welz Stein

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