Sentiments de culpabilité après avoir mangé, pourquoi apparaissent-ils ?

Lorsque manger génère des sentiments de culpabilité de manière quasi persistante, nous courons le risque d'entrer dans un dangereux cercle d'inconfort pouvant mener à un trouble du comportement alimentaire. Nous l'analysons.
Sentiments de culpabilité après avoir mangé, pourquoi apparaissent-ils ?
Valeria Sabater

Rédigé et vérifié par Psychologue Valeria Sabater.

Dernière mise à jour : 07 mai, 2023

Les sentiments de culpabilité après avoir mangé dans de nombreux cas constituent la base d’un trouble de l’alimentation (TCA). Il est vrai que la plupart d’entre nous ont ressenti ce sentiment, celui de “je ne devrais pas manger ça, car ce n’est pas sain et contient un excès de calories”, mais malgré cela on le fait parce qu’un jour est un jour et tout régime varié autorise les excès.

Cependant, il y a ceux qui poussent cela à l’extrême. Parfois, loin de manger pour se nourrir, il y a ceux qui ont besoin d’assouvir leurs émotions et, du coup, manger se transforme en comportement compulsif (et destructeur). Cela conduit à la recherche quasi exclusive de produits de faible qualité nutritionnelle, mais qui offrent néanmoins un bref pic d’endorphines et de sérotonine.

Soudain, la culpabilité s’infiltre dans tous les aspects de la vie de cette personne. Ainsi, lorsque l’acte de manger génère de la culpabilité, une dynamique sans issue se crée dans laquelle les sentiments négatifs les amènent à continuer à renforcer ce comportement alimentaire déficient et problématique. Presque sans s’en rendre compte, ils tombent dans un cercle vicieux très dangereux.

Nous l’analysons.

Femme mangeant et éprouvant des sentiments de culpabilité après avoir mangé

Sentiment de culpabilité après avoir mangé, qu’est-ce qui se cache derrière cette émotion ?

Des sentiments de culpabilité après avoir mangé peuvent apparaître chez les enfants, les adolescents et les adultes. Il est important de savoir que l’alimentation n’est pas seulement un acte de survie, ce n’est pas seulement un comportement à des fins nutritionnelles. Pour l’être humain, manger est, dans de nombreux cas, un comportement social dans lequel les aspects culturels, éducatifs et même médiatiques sont intégrés.

En fait, peu d’actes aussi basiques (et nécessaires) que manger sont autant déformés par de nombreuses sphères qui nous entourent. Les sentiments de culpabilité après avoir mangé peuvent être motivés par de multiples facteurs qui méritent d’être connus.

Éducation et dynamique familiale

Les habitudes alimentaires familiales sont fortement conditionnées. Des études comme celles menées à l’Université George Washington, par exemple, nous indiquent quelque chose d’intéressant. De nombreux parents se sentent coupables de la façon dont ils nourrissent leurs enfants, et ce sentiment peut être projeté sur les enfants eux-mêmes.

Ainsi, quelque chose qu’ils peuvent leur transmettre très tôt, c’est la nécessité de ne consommer que des produits sains, faisant du simple fait de manger une pizza ou un beignet de manière ponctuelle ou occasionnelle quelque chose de punissable. Cela peut instiller chez l’enfant un sentiment précoce de culpabilité. D’autre part, un autre fait peut également se produire.

Il est possible que durant une partie de la vie, et sous l’influence de la famille, des habitudes alimentaires malsaines soient maintenues. À l’âge adulte, la personne essaie d’être stricte et de suivre une alimentation saine. Cependant, de temps en temps, le désir de consommer quelque chose qui s’écarte de ces directives surgit et, ce faisant, le poids de la culpabilité émerge.

La nourriture a des significations qui vont au-delà de la nutrition

Les sentiments de culpabilité après avoir mangé sont aussi le résultat d’influences culturelles. Ainsi, quelque chose que nous savons tous, c’est que la nourriture a des significations qui transcendent la nutrition. Les bonbons, les sucreries, les gâteaux ou le chocolat “sont mauvais”. Les boissons sucrées et gazeuses “sont nocives”. Les pizzas, les hamburgers ou les frites sont “de la malbouffe et donc nocives”.

Nous grandissons avec ces idées, et bien qu’elles soient vraies, il y a des nuances importantes à considérer. La consommation occasionnelle de ces produits n’est ni pernicieuse ni nocive ; seule l’alimentation exclusive ou fréquente de ces aliments est ce qui nous cause des problèmes de santé.

La nourriture n’est ni bonne ni mauvaise. La nourriture n’est que de la nourriture et l’essentiel est de savoir manger de manière équilibrée sans rien interdire. La modération est la règle.

Une société qui récompense la minceur

C’est peut-être la raison qui gravite autour d’une bonne partie des problèmes d’alimentation : le culte de la minceur. Vivre dans un monde où la beauté et les corps sculpturaux sont synonymes de réussite et même d’acceptation sociale, menace l’équilibre psychologique de toute personne.

Il y a un canon implicite de ce qu’il considère comme “le corps normatif” et cette figure, ce corps impossible, est ce à quoi beaucoup aspirent. Pour atteindre cet objectif, il n’y a qu’un seul moyen : restreindre ou limiter l’alimentation. Les sentiments de culpabilité après avoir mangé apparaissent dans ce cas non seulement après avoir consommé des aliments malsains.

Ils apparaissent avant tout produit car le simple fait de “se nourrir” génère une gêne. C’est la pointe de l’iceberg pour une grande partie des troubles alimentaires.

Stress, anxiété et sentiment de culpabilité après avoir mangé

Les gens ne mangent pas toujours par faim physiologique. La faim émotionnelle est ce qui médiatise une grande partie de nos comportements alimentaires et le fait au point d’être un canal absolu de stress et d’anxiété.

Nombreux sont ceux qui rentrent chez eux après une dure journée de travail et n’ont qu’une envie : manger des produits avec lesquels évacuer leur stress et leur anxiété. Ils recherchent quelque chose de rapide, suffisamment stimulant et gratifiant pour agir comme une catharsis pour l’inconfort. Cependant, la sensation de plaisir en consommant ce paquet de chips ou cette pizza est brève, presque éphémère, et au bout d’un moment, le démon de la culpabilité apparaît.

Comment gérer le sentiment de culpabilité lié à la nourriture ?

Lorsque nous éprouvons ce sentiment de culpabilité lié à l’alimentation depuis plusieurs mois, il est conseillé de consulter un psychologue spécialisé dans ce domaine. Soyons clairs, il est très facile de tomber dans des conditions telles que l’alimentation compulsive, l’hyperphagie boulimique, la boulimie ou l’anorexie. Vivre avec culpabilité, comme manger avec culpabilité, forme une base de souffrance absolue.

  • Compte tenu de cela, gardons un fait à l’esprit : il n’y a pas de « bons » ou de « mauvais » aliments. Tout est permis pourvu qu’il soit consommé avec équilibre et modération.
  • Apprenons à manger par faim physiologique et non par faim émotionnelle.
  • Profitons de la nourriture, calmement, sans hâte, en profitant d’une alimentation variée dans laquelle nous pouvons toujours inclure ce que nous voulons avec modération.
  • Intégrons des stratégies appropriées pour gérer le stress et l’anxiété dans notre vie quotidienne. La nourriture ne doit pas être un canal pour étouffer les émotions compliquées.

Pour conclure, bien manger est synonyme de bien vivre. Laissons de côté les déterminismes sociaux, les canons de beauté, la publicité… La culpabilité est un tourment qui ne vaut pas la peine d’être captif.


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