La rééducation neuropsychologique, quelles variables faut-il prendre en compte ?

29 janvier 2020
Afin de proposer une rééducation neuropsychologique, il est nécessaire de prendre en compte de multiples variables liées au type de blessure, aux caractéristiques personnelles de la personne et au contexte dans lequel elle se développe. Dans cet article, nous nous intéressons à identifier son influence.

Actuellement, la rééducation neuropsychologique occupe une place centrale dans les services de santé pour son utilité dans les événements traumatisants liés au cerveau.

Il faut souligner que le processus de rééducation est essentiel pour donner à la personne plus d’autonomie et, par conséquent, une meilleure réintégration dans la société.

De multiples aspects doivent être pris en compte lors du choix du plan de rééducation neuropsychologique. Chacun d’entre eux peut avoir une incidence à la fois sur le développement de la thérapie et sur ses résultats. Mais quelles sont ces variables ?

Un cerveau en pleine rééducation neuropsychologique

Variables des blessures liées à la rééducation neuropsychologique

Tout d’abord, il y a les variables des blessures. Elles mettent en évidence les aspects directement liés aux dommages subis par le patient. Surtout, l’effet direct que la structure et le fonctionnement du cerveau peuvent avoir.

Localistion

L’un des aspects à prendre en compte est la localisation ou la raison de la lésion cérébrale. Parmi les principales causes, nous pouvons citer : les traumatismes crâniens, les accidents vasculaires cérébraux, les tumeurs cérébrales ou les maladies infectieuses affectant le cerveau.

Il est important de mentionner que l’AVC peut avoir deux variantes principales :

  • D’une part, l’ischémie, qui consiste en l’obstruction d’une ou plusieurs artères du cerveau. Lorsqu’il y a ce type de dommage, l’affectation principale se situe dans la substance blanche
  • L’autre variante est hémorragique, ce qui a pour conséquence la rupture d’une artère. En conséquence, il génère un déversement de sang et montre ensuite plus d’affectations dans la substance grise

D’autre part, les traumatismes crânio-encéphaliques (TC) peuvent également être classés en deux types :

  • Le premier est le TC ouvert auquel cas les lésions peuvent devenir plus focales, affectant des parties plus spécifiques du cerveau
  • Le second est un TC fermé, auquel cas les lésions sont généralement plus diffuses

Il est important d’identifier l’origine et l’emplacement de la lésion pour connaître à la fois les parties touchées et les parties préservées. Celles-ci serviront de base pour orienter et développer les stratégies et les activités les plus appropriées en matière de rééducation neuropsychologique.

Intensité

La gravité des blessures module souvent l’importance des conséquences. L’une des mesures utilisées pour connaître le niveau d’intensité est la durée de l’amnésie après les dommages. C’est-à-dire le temps qu’il faut à la personne pour se rappeler qu’elle a subi une lésion cérébrale et qu’elle est en train de se rétablir.

Une autre façon de mesurer l’intensité de la blessure est l’échelle de Glasgow au moment de l’hospitalisation. Ce questionnaire mesure le niveau de conscience à travers les réponses oculaires, verbales et motrices de la personne qui a subi le dommage.

Son score idéal est de 15 points, ce qui correspond à ce qu’obtiendrait une personne sans blessure. D’autre part, les personnes ayant obtenu des notes de 3, 4 et 5 ont montré des difficultés à développer leur indépendance par la suite.

Le temps d’évolution

La période d’évolution est liée au temps qu’il faut au patient pour commencer à montrer des signes d’amélioration. Dans ce cas, il est important de prendre en compte l’espace entre la lésion et le début du traitement.

Il est donc important de commencer rapidement la rééducation neuropsychologique. Lorsque l’amélioration survient dans un court laps de temps, on considère que l’affection est légère. Au contraire, lorsque le délai de rétablissement de la personne est beaucoup plus long, l’affection est considérée comme grave.

Variables personnelles dans la rééducation neuropsychologique

Ces variables sont importantes pour connaître la base que le patient a développée avant la blessure. Cet aspect peut être utile à la planification d’objectifs à long terme en matière de rééducation neuropsychologique. Il convient de prendre en compte à la fois l’état fonctionnel avant la blessure et les caractéristiques du patient.

La première variable personnelle à prendre en compte est l’âge. Chez les adultes, il a été constaté que la jeunesse, comme pour d’autres types de blessures, favorise la guérison. En d’autres termes, les résultats de la rééducation neuropsychologique sont généralement plus rapides lorsque les patients sont jeunes.

Une autre variable dont il faut tenir compte est la réserve cognitive, puisqu’elle fonctionne comme un neuroprotecteur. Il a été constaté que les personnes ayant un niveau d’éducation plus élevé ont un plus grand nombre de connexions neurales. En conséquence, une compensation fonctionnelle plus complète est créée. Cela permet de rendre les symptômes moins contraignants et la rééducation neuropsychologique plus efficace.

Un cerveau à la loupe

Variables contextuelles dans la rééducation neuropsychologique

Les variables contextuelles sont liées à l’environnement dans lequel le patient vit après avoir subi des lésions cérébrales. Le soutien que les personnes reçoivent au cours du processus de rééducation neuropsychologique est également pris en compte.

Le premier facteur est la famille. D’une part, ils sont ce qui donne des informations sur le développement du patient dans différents contextes. De plus, ils aideront l’intervention à avoir une continuité entre ce qui est fait en thérapie et ce qui est fait à la maison.

Ils aident lorsqu’ils encouragent l’indépendance et renforcent la motivation du patient. Tout cela facilite la généralisation du processus de réhabilitation à toutes les activités quotidiennes. En outre, leur intervention peut être très importante pour traduire dans la vie quotidienne les acquis de la thérapie.

L’équipe de rééducation est également une variable. Dans ce cas, tant l’environnement dans lequel ils travaillent que le comportement des professionnels doivent être pris en compte. Une attitude positive, tant de la part de l’équipe que du patient, améliorera toujours le pronostic. En d’autres termes, le travail sera plus efficace.

Conclusion

Enfin, il est important d’indiquer que le processus de rééducation doit être réalisé par une équipe professionnelle ; d’autre part, pendant cette période, différentes variables ou facteurs entrent en jeu qui conditionneront ou influenceront le résultat.

Pour que le processus se développe correctement, les patients, la famille et l’équipe de rééducation doivent être à l’aise et satisfaits de l’intervention proposée. Cela permet d’avoir un environnement adapté, des activités en fonction des besoin et une bonne adaptation dans la vie quotidienne.

 

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