Quelles excuses avançons-nous pour ne pas consulter un-e psychologue ?

26 octobre 2017 dans Psychologie 0 Partagés
psychologue

« Je n’ai pas besoin d’aller chez le/la psychologue, parce que je ne suis pas fou/folle ». Combien de fois avons-nous pu entendre cette phrase dans une conversation entre ami-e-s, avec notre conjoint, dans une discussion extérieure ou à la télévision, pour ne pas aller consulter un-e psychologue ? Quelle erreur !

Si nous nous adressons à un-e avocat-e pour nous conseiller sur des questions juridiques ou au médecin lorsque nous toussons, pourquoi ne pas consulter un-e psychologue lorsque nous ne savons pas comment gérer certaines situations, lorsque nous sommes stressé-e-s ou que nous avons des problèmes familiaux ?

Tout n’est pas réduit à l’aliénation mentale. Aujourd’hui, la psychologie affecte et peut améliorer tous les domaines et les contextes inhérents à la personne. Cependant, bien qu’elle soit de mieux en mieux perçue, la consultation continue d’être fortement stigmatisée. Les personnes avancent beaucoup d’excuses pour ne pas consulter un-e psychologue, mais quelles sont les plus utilisées ?

« J’aimerais bien, mais je n’ai pas le temps »

Nous avons toujours du temps pour la santé. Et si nous n’en disposons pas, c’est que nous l’investissons dans d’autres choses qui ne sont peut-être pas aussi importantes. Cultiver l’esprit et le corps est fortement recommandé pour maintenir la bonne humeur et améliorer la performance dans le reste des tâches quotidiennes.

Pour cela, il est très utile de planifier. D’autant plus si nous avons des enfants. Si nous faisons les courses deux fois par semaine, nous  pourrions aller au supermarché qu’une seule fois et nous libérer du temps pour nous-même. Ce temps « économisé » nous le réinvestirons, par exemple, pour une consultation, pour faire du sport, pour prendre un bain, pour lire, pour marcher…

« Je ne veux pas raconter de choses intimes à un-e étranger-ère »

Si nous parlons de nos problèmes de couple à un-e ami-e, nous savons que ce dernier nous conseillera sur la base d’un point de vue subjectif. Mais un-e ami-e n’est pas un-e psychologue, un-e psychologue n’est pas non plus un-e conseiller-ère. S’il est vrai que le réseau social de la personne est un facteur de protection face à certains troubles, se décharger n’est parfois pas suffisant.

C’est précisément la relation que maintiennent le/la patient-e et le/la psychologue qui donne de l’objectivité et du professionnalisme au processus thérapeutique. Le/la thérapeute ne juge ni ne censure, et maintient l’absolue confidentialité sur ce qui lui est raconté. Et plus important encore, iel offre des solutions.

un psychologue et une patiente

« Je ne suis pas tous les jours aussi mal pour en avoir besoin »

Encore heureux ! Personne ne peut supporter d’être mal en permanence, 24 heures sur 24, même si nous traversons une étape particulièrement douloureuse. Mais que ce mal-être ne se manifeste pas ne signifie pas pour autant qu’il n’existe pas, seulement qu’il reste latent jusqu’à ce que quelque chose le déclenche.

Allons-nous chez le médecin seulement lorsque nous avons des douleurs articulaires nous empêchant de sortir du lit ? N’est-il pas préférable de savoir le plus tôt possible que nous souffrons la fibromyalgie afin de pouvoir y remédier au lieu de chercher des excuses pour ne pas aller chez le/la psychologue ? Si nous ne sommes pas capables de contrôler l’anxiété, nous devons apprendre à le faire. En ce sens, mieux vaut tôt que tard.

« Le temps guérit tout »

Le passage du temps aide à diminuer la « réaction à chaud ». En d’autres termes, cela nous permet d’observer les difficultés à partir de différentes perspectives et/ou de masquer la douleur. Mais, malheureusement, le passage du temps n’a pas de propriétés thérapeutiques.

En effet, souvent, au lieu de réduire notre problème, le temps le rend chronique. Quelque chose qui aurait pu être résolu en quelques mois nous tourmente pendant des années ou des décennies pour ne pas avoir trouvé de solution, au lieu de nous en débarrasser en temps voulu.

« Je n’ai pas l’argent pour payer un-e psychologue »

Il est évident que tout le monde n’a pas le même pouvoir d’achat, mais chacun-e gère les ressources dont iel dispose. Nous dépensons souvent plus de 1000 euros pour un téléphone portable, mais lorsqu’il s’agit de questions de santé, nous ne sommes aussi généreux-ses.

Si le problème économique est sérieux, il existe aujourd’hui certaines fondations et ONG qui offrent une aide psychologique gratuite. La consultation en ligne est également un moyen de réduire les coûts, tant pour le/la patient-e que pour le/la professionnel-le.

« Je ne veux pas qu’iels me prescrivent des pilules »

Le travail effectué par le/la psychologue a peu à voir avec la prescription de médicaments. Son travail est essentiellement thérapeutique. C’est le psychiatre qui est responsable de la régulation hormonale des patient-e-s, par l’ingestion de certaines pilules, comme les psychotropes.

Par ailleurs, le fait d’être médicalisé-e ne devrait être une cause de stigmatisation, car ils sont fondamentaux pour le traitement et l’amélioration de divers troubles. Si l’une de nos glandes ne fonctionne pas correctement, il est nécessaire de la rééquilibrer ; autrement, cela pourrait altérer nos émotions, notre appétit, notre sommeil ou notre désir sexuel.

« Les gens ne changent pas »

Si les psychologues le croyaient, leur profession cesserait d’exister : cela supposerait que les personnes ne sont pas capables d’apprendre ou d’évoluer. Rien de plus éloigné de la réalité. Avec de l’effort et de la constance, nous pouvons changer. Le seul obstacle qui nous empêche de nous développer est celui que nous nous créons nous-même.

Lorsque ce que nous voulons modifier est un trait de personnalité de base du/de la patient-e (par exemple, l’introversion), le changement est plus complexe parce qu’il est beaucoup plus profondément enraciné dans la vie de la personne, mais pas davantage impossible.

femme pensive

« Un-e ami-e a essayé et cela n’a servi à rien »

Chacun-e d’entre nous vit ses propres expériences, possède ses propres points de vue, croyances, coutumes et sensations. Et, à l’instar de ce que nos mères et grand-mères nous ont déjà dit, les comparaisons sont souvent odieuses. Une idée basée sur les mauvaises expériences des autres n’est pas une idée, c’est un préjugé.

D’autre part, comme dans toutes les professions, tou-te-s les psychologues ne sont pas bons ou n’ont pas comme priorité le bien être du patient. Cela n’enlève rien à la plupart des autres professionnel-le-s.

Qu’est-ce qui se cache derrière les excuses pour ne pas consulter un-e psychologue ?

Toutes ces raisons de ne pas consulter un-e psychologue cachent la honte et la peur. La honte car aujourd’hui encore existent de nombreux préjugés quant au fait de consulter un-e psychologue, pour ce qu’iel va dire ou s’il va penser que je suis « bizarre ». D’autre part, nous retrouvons la peur de la douleur et de la souffrance.

La plupart d’entre nous ne souhaitent pas être exposé-e-s émotionnellement. Nous craignons de raviver ce qui nous a causé tant de dégâts. Mais, parfois, nous ne réalisons pas que la douleur que nous essayons de fuir est la même que celle que nous éprouvons chaque jour en voulant la réduire au silence.

Ne vous est-il jamais arrivé de prononcer tout haut ce que vous pensiez et de vous sentir instantanément mieux, comme soulagé-e ? Imaginez comment vous vous sentirez si vous parvenez à neutraliser ce qui vous a paralysé pendant des années. Vous direz alors à votre psychologue, mais pourquoi je ne suis pas venu-e avant !


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