Quand un choix vous isole

28 juin 2016 dans Psychologie 1084 Partagés

Quand on était à l’école, on utilisait des expressions comme “j’ai eu une bonne note” ou “on m’a mis une mauvaise note”, parce qu’on n’est souvent pas capables d’assumer le poids de nos décisions et on se justifie souvent en invoquant une raison extérieure.

L’expression adéquate serait “j’ai décidé de ne pas étudier” ou “j’ai décidé de faire autre chose”.

Nous avons peur que “le groupe”, les autres, ne nous acceptent pas. Nous avons peur de la solitude.

La liberté d’être soi-même implique deux choses très importantes : éviter des justifications et assumer les conséquences de nos actes. 

Mais c’est très difficile d’être libres, libres de l’envie de plaire aux autres, du besoin de nous adapter à ce que les autres souhaitent, de faire ce que la société ou les gens que nous avons auprès de nous attendent de nous.

La liberté que l’Occident essaie de défendre et que bien d’autres pays nous envient. Mais il existe une autre liberté plus subtile, qui est la liberté de choisir, à l’intérieur des marges que nous avons.

 C’est celle-ci qui nous fait vraiment peurparce qu’elle signifie assumer un risque dont nous sommes responsables, par notre propre décision.

“Tes rêves sont derrière tes torts, tes peurs de tes croyances. Arrête de juger, ouvre ton esprit et regarde la peur en face”
-Albert Ureña-

La liberté et l’approbation des autres

Dans la société actuelle, notre façon d’agir et même de nous habiller, de nous coiffer et de parler est conditionnée par la recherche de l’approbation des autres.

Il ne s’agit pas de transgresser totalement les règles et de faire ce que nous voudrions, mais de chercher un équilibre entre notre liberté personnelle et le respect des autres.

Mais le paradoxe, c’est que si nous ne nous acceptons pas nous-mêmes, les autres ne nous accepteront probablement jamais.

L’acteur Bill Cosby a dit une fois : “Je ne connais pas le secret du succès. Mais le secret de l’échec est d’essayer de plaire à tout le monde.”

Actuellement, par exemple, de nombreuses études soulignent que sur les réseaux sociaux, nous avons tendance à montrer le meilleur de nous-mêmes, comme une façon de chercher l‘approbation des autres.

IMAGE 2

Nous publions ce qui, selon nous, va susciter un “j’aime” de la part des autres, et nous ne publions pas ce que nous pensons qui sera moins populaire.

C’est aussi applicable à la vie hors-ligne, dans laquelle nous montrons de nous-mêmes ce qui, selon nous, va plaire le plus.

“Être soi-même dans un monde qui cherche constamment à faire de nous quelque chose d’autre est le plus grand accomplissement.”
-Ralph Waldo Emerson-

D’autre part, des études ont constaté comment la partie du cerveau qui s’active quand on reçoit une récompense est la même qui s’active quand on reçoit l’approbation des autres, raison pour laquelle on voit comme une récompense quelque chose qui nous est agréable.

Recevoir l’approbation des autres est agréable, mais ça ne peut pas être le moteur qui régisse notre vie.

Ce sont nos goûts et ce que nous voulons vraiment qui doivent être le moteur de notre vie.

Les côtés positifs et négatifs de la solitude

Des études anthropologiques soutiennent que la recherche de l’approbation des autres peut venir de très loin, quand lors de la préhistoire, notre survie dépendait de l’appartenance à un groupe humain. Une personne seule peut difficilement survivre de cette façon.

Nous sommes arrivés à associer, par conséquent, la liberté avec la solitude. C’est-à-dire que si le groupe ne m’accepte pas, je serai libre, mais je serai seul.

Une enquête publiée l’an dernier par le magazine Perspectives on 
Psychological Science mit en évidence de nouvelles conclusions par rapport à l’impact de la solitude sur la qualité de vie.

On a analysé 70 études réalisées préalablement entre 1980 et 2014 sur la manière dont la solitude, l’isolement social ou le fait de vivre seul affectent l’espérance de vie.

La moyenne d’âge des participants était de 66 ans, et presque un tiers avait un type de maladie chronique.

On a estimé que l’isolement social (avoir peu de contacts sociaux ou aucun, ou réaliser peu d’activités sociales ou aucune) est associé à un décès plus précoce, estimant ce risque de décès prématuré à 29 %.

“Pour aimer, il faut entreprendre un travail intérieur que seule la solitude rend possible.”
-Alejandro Jodorowsky-
IMAGE 3

Mais la solitude comprise comme ces moments où on a besoin de réfléchir, de se connaître et d’apprendre à savoir qui l’on est a un sens différent.

Chercher l’approbation des autres peut nous conduire à nous sentir seuls; mais nous accepter nous-mêmes et apprendre de nos erreurs et de nos qualités nous aidera à connaître la personne que nous sommes réellement et la seule, parmi toutes les personnes possibles, que nous pouvons au fond aimer.

A découvrir aussi