Un point de vue différent sur l’art d’aider

27 mai 2015 dans Emotions 0 Partagés

« Donner un coup de main », « lutter côte à côte » sont quelques expressions qui synthétisent la capacité des êtres humains à sortir d’eux-mêmes pour aider les autres.

Ce comportement, appelé altruisme, qui émeut par l’effort moral impliqué, est devenu une denrée rare en ces temps où le matérialisme et l’égoïsme ont un rôle important.

Mais qui n’a pas expérimenté cette énergie réconfortante que l’on ressent lorsque notre aide allège le fardeau d’une autre personne?

Récemment, la science a découvert la base neurologique de cette expérience agréable. Il arrive que lorsque nous aidons quelqu’un de manière désintéressée, la partie du cerveau liée à la sensation de plaisir soit activée.

Or, le mot «désintéressé» est la clé dans cette phrase, et nous allons vous en expliquer les raisons dans les lignes qui suivent.

Tout ce qui brille n’est pas or

De tous les points de vue, l’altruisme est souhaitable. Du point de vue biologique, parce que la coopération entre les individus garantit la préservation de l’espèce.

Psychologiquement parlant, donner et recevoir une aide soulage le stress, augmente l’estime de soi, les liens affectifs et encourage la croissance personnelle, alors que du point de vue éthique et spirituel, l’altruisme est une valeur qui construit et nous relie à la transcendance.

Mais est-il toujours bon d’aider? À première vue, il semble que oui, mais étant donné la complexité qui nous caractérise en tant qu’êtres humains, la réponse n’est pas si simple.

Les motivations qui se trouvent derrière le comportement de l’aide sont celles qui font la différence. Celles-ci peuvent être nombreuses, certaines plus louables que d’autres.

Premièrement, il y a la compassion authentique, qui surgit lorsque nous voyons quelqu’un qui est submergé par les charges et que nous décidons d’offrir notre aide désintéressée, sans rien attendre en retour, ne voulant que le bien de l’autre. Dans ce cas, il n’y a pas d’«intérêt caché», mais ce n’est pas toujours le cas.

Parfois, de façon surprenante, les personnes donnent leur aide pour nourrir leur ego, désireuses de recevoir une reconnaissance sociale et de l’admiration.

D’autres, parce que en échange d’une aide, elles obtiennent un profit, comme une promotion dans leur carrière par exemple, et certaines parce que cette action renforce leur sentiment de supériorité auquel elles sont dépendantes ou parce qu’elles ne font pas confiance à la capacité de l’autre à résoudre ses problèmes par lui-même.

L’aide peut aussi être un moyen de contrôler nos semblables, consciemment ou inconsciemment, les rendant dépendants de l’aide qu’ils reçoivent. De même, le faux altruisme peut être froidement calculé pour tromper et manipuler les autres, sous la forme de piège ou d’une embuscade.

N’aidez pas trop parce que vous pouvez embarrasser l’autre

Curieusement, parfois l’aide qui est donnée avec de bonnes intentions produit exactement l’effet inverse, et au lieu de faciliter la vie de l’autre, tout ce que vous obtenez c’est d’interferer dans son cours naturel.

Ainsi, parfois le fait d’aider peut soustraire l’initiative de l’autre, comme dans le cas des parents surprotecteurs qui, pour épargner des problèmes ou des souffrances à leurs enfants, font pour eux tout ce qu’ils pourraient faire par eux-mêmes.

Cependant, inévitablement, tôt ou tard, ils devront faire face seuls aux défis de la vie, pour lesquels ils ne seront pas préparés parce que, ironiquement, ils auront reçu trop d’aide.

Lorsque nous ressentons le désir d’aider, il est important de suivre nos «intuitions», mais il ne faut pas arrêter de penser à nos véritables motivations:

« Qu’est-ce que je recherche avec cela? L’admiration, le contrôle, me sentir important? Je donne le poisson ou j’enseigne à pêcher? J’obtiens un certain bénéfice en aidant? Ou, est-ce que vraiment je suis juste motivé pour aider et rendre l’autre personne heureuse? »

L’altruisme est un beau geste qui, dans sa forme la plus pure, peut définitivement faire du monde un endroit merveilleux.

Cependant il ne faut pas oublier qu’un mauvais moment pour le mettre en pratique ou une mauvaise motivation peut ne pas être appropriée et même causer du tort aux autres.

Pourtant, quand le doute entre aider ou ne pas le faire surgit, cela vaut la peine d’essayer de mettre notre sensibilité en avant et de ne pas laisser des intentions trompeuses éclipser sa beauté originelle.

Image reproduite avec l’aimable autorisation de Jose Téllez

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