Obésité : comment un-e psychologue peut-iel vous aider ?

4 novembre 2017 dans Psychologie 1 Partagés
obésité

L’obésité est un problème de santé dans lequel interviennent différents facteurs physiques, génétiques, psychologiques et environnementaux. Au-delà des problèmes esthétiques, selon l’OMS, l’obésité a des conséquences dangereuses pour la santé. Parmi les plus fréquents nous trouvons : les problèmes cardiovasculaires, les troubles du mouvement et certains types de cancer (foie, vésicule biliaire, reins et côlon).

Au cours des dernières années, la psychologie a pris une place importance dans le traitement de l’obésité. Les psychologues travaillent avec des personnes en surpoids et obèses afin qu’elles disposent d’une série d’outils leur permettent de perdre du poids ou de maintenir les améliorations obtenues grâce à des interventions chirurgicales traitant l’obésité.

Nous verrons dans cet article les différents facteurs associés à l’obésité et au surpoids, en mettant l’accent sur ceux de nature psychologique. Nous consacrerons également un espace pour souligner l’importance et les caractéristiques de la thérapie psychologique dans de tels cas.

Quels sont les facteurs impliqués dans l’obésité et le surpoids ?

L’obésité se caractérise par le fait d’être une maladie multifactorielle : ses origines et son maintien sont dus à différentes causes ou variables. Passons maintenant en revue les principales variables et les facteurs associés à l’obésité et au surpoids.

Les facteurs génétiques et physiques

Le débat inhérent à l’influence génétique sur l’obésité est assez controversé ; ce qui est certain est que nous trouvons très peu de cas d’obésité dus à des raisons génétiques. S’il est vrai que nous retrouvons des syndromes génétiques dans les caractéristiques syndromiques de personnes obèses ou en surpoids, environ 90% des cas d’obésité sont détectés chez les personnes ne présentant pas lesdits syndromes.

Les problèmes de thyroïde ainsi que d’autres problèmes hormonaux sont par ailleurs souvent présentés comme une cause « supposée » de l’obésité. La plupart des personnes qui commencent à prendre du poids recherchent des causes endocriniennes ou métaboliques expliquant ce gain. Toutefois, elles échouent la plupart du temps dans leurs tentatives.

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Ainsi, bien que certains gènes et autres causes physiques liés à l’obésité aient été identifiés, ces gènes ne sont responsables de cette dernière que dans très peu de cas. Dans de nombreuses hypothèses une origine génétique est attribuées à l’obésité car les parents et les proches sont également obèses. Mais cela est dû la plupart du temps à l’environnement partagé, aux habitudes alimentaires apprises et à l’attitude envers la nourriture et le corps, non à des causes génétiques.

« Un corps sain est une enceinte pour l’âme. Un qui est malade, une prison; »
-Francis Bacon-

Les variables psychologiques associées à l’obésité et au surpoids

Les émotions sont les éléments psychologiques les plus associés à l’obésité et au surpoids. L’état émotionnel d’une personne dispose de lien directs et indirects avec l’appétit, la conduite alimentaire et les préférences lors du choix des aliments.

Les émotions influencent directement notre appétit. Selon la personne, une émotion donnée, telles que la tristesse ou la joie, peut augmenter ou diminuer l’appétit. L’effet est individuel et dépend de chacun. Directement, il existe des personnes qui, lorsqu’elles sont anxieuse, ont tendance à manger davantage, alors que d’autres voient leur estomac se « fermer ». Il s’agit là d’effets directs de l’activation émotionnelle et de ses manifestations physiques.

Indirectement, les émotions sont associées à la prédisposition de l’ingestion de certains types d’aliments. Par exemple, le stress au travail prédispose à manger moins de nourriture, le point négatif étant que ces « quelques aliments » sont des aliments traités disposant d’une valeur calorique élevée. Alors qu’un état émotionnel positif et détendu nous encourage à manger plus lentement et en plus grande quantité.

Par ailleurs, il existe un grand nombre de personnes obèses ou en surpoids qui utilisent la nourriture comme stratégie de régulation émotionnelle. Dans ces cas, face à la frustration, à l’ennui ou à l’anxiété, la personne mange et, sur le moment, se sent mieux, soulagée. C’est ainsi que nous créons un fort conditionnement entre manger et réduire notre malaise, de sorte que plus tard – dans de nombreux cas – apparaissent la culpabilité et le repenti.

Par ailleurs, l’idée qu’il existe une addiction à la nourriture s’est popularisée depuis quelques années. Il s’agit d’un sujet très controversé et pour lequel la communauté psychologique et scientifique n’est toujours pas en mesure de présenter un discours uniforme. En d’autres termes, différentes études présentent des conclusions – assorties de données les corroborant – tant en faveur qu’à l’encontre de l’existence d’une addiction à la nourriture.

La nourriture et l’acte de manger activent les mêmes voies cérébrales de renforcement que celles activées par les substances psychoactives, comme l’alcool ou d’autres drogues, et également par les jeux de hasard. En tenant compte de ceci, nous pourrions dire que la dépendance alimentaire existe dans la mesure où certains aliments sont des renforçateurs primaires positifs très puissants.

L’une des variables psychologiques les plus importantes est ce que nous appelons communément « les habitudes personnelles » et que les psychologues appellent « les habitudes comportementales ». Toutes les habitudes liées à la routine quotidienne, à l’alimentation et au comportement alimentaire sont dans bien des cas des variables qui prédisposent ou conditionnent l’obésité et le surpoids. En outre, les habitudes sont également la principale cause de reprise de poids après une intervention chirurgicale pour surpoids ou après un régime réussi.

Dans le groupe d’habitudes favorisant l’obésité et le surpoids, les plus communs sont le manque d’exercice physique et le fait de manger inconsciemment (sans avoir l’esprit fixé au moment de manger). Nous trouvons également dans ce groupe d’habitudes notamment le fait de choisir des aliments en fonction du moment et de l’humeur, d’effectuer d’autres activités tout en mangeant et de passer de nombreuses heures sans ingérer d’aliments. Pour toutes ces raisons, il est essentiel d’éduquer nos enfants dès leur plus jeune âge afin qu’ils acquièrent des habitudes alimentaires saines qui les protégeront de l’obésité.

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Les facteurs environnementaux liés à l’obésité et au surpoids

Les variables environnementales sont très importantes car l’influence de l’environnement est un élément essentiel de l’obésité et du surpoids. En premier lieu, l’environnement dans lequel nous nous trouvons a une grande influence sur la quantité de nourriture que nous ingérons. Par exemple, manger accompagné est lié au fait de manger davantage.

Le type de travail que nous accomplissons et les horaires de ce dernier est également associé au fait de manger plus ou moins. Les personnes travaillant de nuit ou accomplissant une rotation horaire sont plus susceptibles de connaître des problèmes d’alimentation (anorexie, boulimie, obésité). Les changements dans les heures de travail ainsi que le travail de nuit sont associés aux troubles du sommeil, aux changements du rythme circadien (ou horloge interne) ; il résulte de cela que nous ne nous reposons pas bien, que l’état émotionnel a tendance à être négatif, et que nous recourrons à l’ajustement du comportement alimentaire (manger beaucoup ou peu)en tant que moyen de réguler la situation émotionnelle.

En quoi consiste la thérapie psychologique dans les cas d’obésité et de surpoids ?

La thérapie psychologique dans l’obésité et les cas de surpoids est un élément essentiel pour que n’importe quel régime ou chirurgie soit efficace et que ses résultats se maintiennent au fil du temps. Une fois que le/la psychologue a évalué en profondeur la conduite alimentaire, son contexte et les facteurs qui ont une influence sur cette dernière, l’intervention psychologique s’opère.

Le traitement psychologique de l’obésité et du surpoids dépend toujours des besoins spécifiques du/de la patient-e. En termes généraux, toutes les habitudes liées à la nourriture sont abordées. Tout d’abord, il est nécessaire de réaliser une évaluation détaillée de tous les facteurs psychologiques liés à la nourriture. Les résultats de l’évaluation psychologique détermineront ce qui doit être fait en thérapie.

Comment un-e psychologue peut-iel vous aider si vous êtes en surpoids ou obèse ?

Le/la psychologue est le/la professionnel-le de santé spécialisé-e dans les comportements, les émotions et les pensées. C’est pourquoi iel est le/la mieux placé-e pour nous aider à changer nos habitudes malsaines et à apprendre à gérer nos émotions d’une manière positive et bénéfique pour notre estime de nous-mêmes.

Une intervention chirurgicale pour obésité n’est pas complète s’il n’existe pas de thérapie psychologique dans le plan de traitement. En effet, en nous attaquant au surpoids, la personne perd des kilos, ce qui est très motivant et lui donne beaucoup de force individuelle et améliore son amour-propre, mais ceci n’attaque pas la racine du problème : le rôle émotif de nourriture et les habitudes non salutaires.

femme souffrant d'obésité en consultation avec une psychologue

Au fil des mois, si la personne n’a pas rééduqué ses habitudes et si n’a pas acquis de compétences pour faire face au stress et aux émotions, elle reprendra des habitudes malsaines. Sa relation avec la nourriture n’aura pas changé, elle aura seulement perdu du poids. Lorsque nous ne faisons que perdre du poids et que nous ne changeons pas la relation que nous entretenons avec la nourriture et notre comportement alimentaire, nous risquons de reprendre beaucoup de poids en peu de temps.

Par conséquent, il est fondamental de considérer l’obésité comme un problème de santé dans lequel les variables psychologiques jouent un rôle important. Comprendre l’obésité comme quelque chose de plus que le surpoids ouvre la porte à l’amélioration de la qualité de vie de celleux qui souffrent de ce problème de santé. De même, il est recommandé aux personnes atteintes dudit problème d’effectuer une thérapie psychologique spécifique à l’obésité, atténuant par la même la stigmatisation que peut revêtir une consultation avec un-e psychologue.


 

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