Le mythe du Phoenix, ou le merveilleux pouvoir de la résilience

· 25 septembre 2017

Carl Gustav Jung nous a expliqué dans son livre intitulé Métamorphoses de l’âme et ses symboles que l’être humain et le Phoenix présentent de nombreuses similitudes. Cette créature de feu emblématique capable de renaître majestueusement de ses cendres symbolise aussi le pouvoir de la résilience, cette capacité inégalable nous permettant de nous renouveler pour devenir des êtres bien plus forts, bien plus courageux et bien plus lumineux.

S’il y a un mythe qui a nourri presque toutes les doctrines, les cultures et les racines légendaires de nos pays, c’est sans doute celle qui fait référence au Phoenix. On dit de lui que ses larmes avaient un pouvoir guérisseur, qu’il présentait une grande résistance physique, qu’il maîtrisait le feu et qu’il se caractérisait par une sagesse infinie. C’était, en essence, un des architectes les plus puissants pour Jung, car dans son feu se trouvait aussi bien la création que la destruction, la vie et la mort


« L’homme qui se relève est encore plus fort que celui qui n’est pas tombé. »

– Viktor Frankl –


Ainsi, il est intéressant de savoir que l’on trouve très tôt dans l’Histoire des références à sa mythologie, aussi bien dans la poésie arabe que dans la culture gréco-romaine, voire même dans une grande partie du legs historique d’Orient. En Chine, par exemple, le Phoenix, ou Feng Huang, non seulement symbolise la vertu, le pouvoir ou la prospérité les plus hauts, mais représente aussi le yin et le yang, cette dualité qui conforme tout ce qui existe dans l’univers.

Cependant, et il vaut la peine de se souvenir de cela, c’est en Egypte Ancienne qu’apparaissent les premiers témoignages culturels et religieux autour de cette figure et où il est donné forme à cette image que l’on a de nos jours sur la résilience. Chaque détail, nuance et symbole qui profile ce mythe nous offre sans doute un bon exercice sur lequel réfléchir.

fillette avec le Phoenix

Le Phoenix, ou le pouvoir de renaître de nos cendres

Viktor Frankl, neuro-psychiatre et fondateur de la logothérapie, a survécu à la torture des camps de concentration. De même qu’il l’a expliqué dans la plupart de ses livres, une expérience traumatique est toujours négative, cela étant, ce qui arrive à partir d’elle dépend de chacun-e. Il dépend de nous de nous élever de nouveau, de couvrir la vie de nos cendres dans un triomphe sans égal ou au contraire, de nous contenter de végéter, de nous détruire…

Cette capacité admirable de nous renouveler, de retrouver notre souffle, notre envie et nos forces à partir de nos misères et de nos verres cassés passe d’abord par une phase vraiment obscure que nombreux-ses auront sans doute vécu : nous vous parlons ici de la « mort ». Quand on traverse un moment traumatique, nous « mourrons tou-te-s un peu », nous laissons aller une part de nous-mêmes qui ne reviendra jamais qui ne sera plus jamais pareille.


De fait, Carl Gustav Jung établit notre similitude avec le Phoenix car cette créature fantastique meurt elle aussi, elle favorise les conditions nécessaires pour mourir car elle sait que de ses propres restes émergera une version d’elle-même bien plus puissante.


Ainsi, et parmi tous les mythes autour de cette figure, c’est le mythe égyptien qui nous offre, comme nous vous le disons, ces points clés sur lesquels nous devrions nous arrêter pour mieux comprendre la relation du Phoenix avec la résilience. Lisez la suite de cet article pour en découvrir davantage !

figure du Phoenix dans l'Egypte Ancienne

Le Phoenix en Egypte

Ovide a expliqué dans ses textes qu’en Egypte, le Phoenix mourait et renaissant une fois tous les 500 ans. Pour les égyptiens, ce majestueux héron était Bennu, un oiseau associé aux crues du Nil, au soleil et à la mort. Selon ce qu’ils expliquaient, il était né sous l’arbre du Bien et du Mal. Cette créature fantastique comprenait qu’il était nécessaire de se renouveler de temps en temps pour acquérir une plus grande sagesse et pour cela, elle suivait un processus très méticuleux.

Le Phoenix parcourait le ciel de l’Egypte pour se construire un nid avec les plus beaux éléments : bâtons de cannelle, branches de chêne, tubéreuse et myrrhe. Ensuite, bien installé dans son nid, il entonnait une des plus belles mélodies que les égyptiens n’avaient jamais entendu pour ensuite laisser les flammes le consumer complètement. Trois jours plus tard, le Phoenix renaissait de ses cendres plein de force et de pouvoir. Par la suite, il prenait son nid et le laissait à Héliopolis, dans le temple du Soleil, pour initier ainsi un nouveau cycle et par la même offrir de l’inspiration au peule égyptien.

La résilience et notre « nid » de transformation

Comme on a pu le voir, le mythe égyptien du Phoenix est une très belle histoire. Cependant, analysons maintenant un de ses détails. Arrêtons-nous par exemple sur comment le Phoenix construit son nid ; il cherche les matériaux les plus riches de sa terre, ceux qui combinent à la fois délicatesse et force, et qui l’aideront dans sa transformation, dans son ascension.

Si on y réfléchit bien, ce processus est assez similaire à celui qui conforme la dimension psychologique de la résilience. Car c’est aussi nous qui cherchons ces éléments magiques avec lesquels construire un nid bien résistant où rassembler ses forces.


L’être humain doit déployer ses ailes pour survoler son univers intérieur à la recherche des branches de son estime personnelle, de la fleur de sa motivation, de la résine de sa dignité, de la terre de ses illusions et de l’eau tiède de son amour propre…


femme avec le Phoenix

Tous ces composants nous aideront dans notre ascension mais pas sans avant être conscient-e-s d’un aspect : qu’il y aura une fin, qu’une part de nous-mêmes s’en ira aussi, qu’elle sera réduite en cendres, dans les restes d’un passé qui ne reviendra plus jamais.

Cependant, ces cendres, le vent ne les emportera pas, au contraire. Elle feront partie de nous-mêmes pou donner forme à un être qui renaît du feu bien plus fort, plus grand, plus sage… Quelqu’un qui peut-être est une source d’inspiration pour les autres mais qui, avant tout, nous permettra d’aller de l’avant avec la tête haute et les ailes bien ouvertes.