Longue vie aux anti-princesses !

14 mars 2016 dans Emotions 3 Partagés

L’écrivaine argentine Nadia Fink a eu l’idée d’écrire une série d’histoires sur les femmes qui cassent cette image stéréotypée des contes de fées.

Il s’agit d’histoires pour enfants visant à détruire les idées sexistes promouvant les « princesses » de Disney, les « Barbies » et autres clichés.

Même si nous nous trouvons aujourd’hui au beau milieu du 21ème siècle, le stéréotype féminin a la peau dure, entre autres parce que l’on en entend parler dès notre plus jeune âge.

En effet, les contes pour enfants érigent « la princesse » comme l’idéal féminin.


« Les femmes qui ont vécu un certain passé et les hommes qui ont un certain futur devant eux sont les personnes les plus intéressantes. »

-Chavela Vargas-


Les jeux vidéos ainsi que de nombreux grands films hollywoodiens retransmettent ce stéréotype, qui reste bien ancré dans l’esprit des enfants.

C’est ainsi que dès notre plus tendre enfance, ce modèle caduque sur la condition des genres, se cimente en nous.

Les femmes des contes de fées

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Les contes de fées traditionnels suivent tous la même structure narrative ; il s’agit toujours d’histoires d’amour fantastiques articulées autour d’une femme malmenée par le destin.

Tous les contes de fées, sans exception, résolvent ce problème en deux étapes : on assiste d’abord à l’intervention magique d’une autre femme, puis notre protagoniste malchanceuse est définitivement sauvée par un prince.

Finalement, elle devient alors une « princesse » transportée dans un royaume enchanté. Ces histoires ont été reprises des centaines de fois, et adaptées dans différents feuilletons, séries ou films actuels.

Le problème dans les contes de fées, c’est qu’ils dénaturent l’essence de nombreuses valeurs. Par exemple, ils associent arbitrairement la bonté à la beauté.

La « princesse » est toujours gentille et belle. Aucune princesse n’est moche, puisque les moches, ce sont justement celles qui conspirent contre la princesse, par jalousie.

Les contes de fées diffusent également l’idée selon laquelle la plus belle chose qui puisse arriver à une femme, c’est de trouver son prince charmant…ce qui n’est rien d’autre qu’une image erronée de l’amour.

Dans la vraie vie, une histoire d’amour commence là ou s’arrêtent les contes de fées. On ne peut pas toujours être heureux en amour.

La vie à deux suppose des défis à relever pour le couple. Il n’y a pas de prince, mais bien un homme en chair et en os qui n’est pas toujours en mesure de répondre aux attentes d’une fille qui l’idéalise.

Finalement, ces idées toutes aussi fantasmagoriques les unes que les autres, conduisent à la frustration et à la tristesse.

Même si certains peuvent avoir du mal à le croire, nombreux sont ceux qui, tout au long de leur vie, souffrent de ne pas trouver cet idéal féminin, masculin, ou tout simplement amoureux, plutôt que d’apprécier toutes les choses réelles et tangibles que la vie leur apporte.

Les anti-princesses

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Les deux anti-princesses dont Nadia Fink parle dans sa série d’histoires sont Frida Kahlo et Violeta Parra, deux femmes qui n’ont pas attendu qu’un prince vienne les sauver.

L’une comme l’autre a du faire face à des contradictions, des négligences et des désaccords…mais chacune d’entre elles a également connu de grandes réussites, et a pu profiter d’un développement personnel indépendant des toutes les vicissitudes de la vie de couple.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce genre d’histoires ne déçoit pas, mais présente un nouveau type d’intérêt : celui pour le monde réel.

Frida Khalo n’était pas cette blonde angélique sauvée par son prince charmant ; au contraire, elle a du faire face à la maladie dès son plus jeune âge, et a vécu une histoire d’amour aussi passionnée que contradictoire avec un homme qui ne ressemblait pas plus à « Kent » qu’elle à « Barbie ».

Ce qui est intéressant chez elle, c’est la façon dont cette histoire a marqué son oeuvre picturale : une véritable poésie d’images.

Violeta Parra, grande artiste chilienne, n’a pas regretté son premier époux : loin d’être heureux pour toujours ensemble, ils se sont séparés. D’autre part, sa première fille, qu’elle a eu avec son deuxième époux, est morte à l’âge de deux ans seulement.

Elle a composé sa célèbre chanson Gracias a la vida après s’être remise d’une tentative de suicide, et a écrit le magnifique thème de Volver a los 17 pour Pedro Messone, qui avait 21 ans de plus qu’elle. Il ne s’agit donc certainement pas là du type de femme qui aurait pu inspirer Walt Disney.

Nombreuses sont les anti-princesses en chair et en os qui ont laissé une profonde trace sur cette Terre, justement parce qu’elles s’opposaient en tous points au stéréotype de la femme.

Ce sont des femmes dotées d’une grande personnalité, qui ont été capables de faire face aux préjugés et qui ont osé être libres. C’est pourquoi on peut sans aucun doute dire : longue vie aux anti-princesses !

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