L’obsession de la vie parfaite

23 juin 2017 dans Psychologie 145 Partagés

La vie nous procure rarement une sensation de satisfaction complète. Tout du moins le concept de « complète » que nous avons souvent. Dans un monde aussi artificiel et rempli de fausses nécessités comme le nôtre, ressentir qu’il nous manque une pièce ou deux peut ternir le bonheur que pouvait susciter les pièces que nous possédons bien. C’est comme si ce petit morceau qui remplit le trou vide que nous ressentons était la solution ultime et indispensable à notre bonheur.

“Si j’avais un travail qui me plaisait, je serais plus heureux-se. Si j’étais dans un couple stable et si je pouvais fonder une famille, je serai sans doute heureux-se après ça.” 
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Ces réflexions, que nous nous sommes tou-te-s déjà faites, sont un obstacle persistant sur le chemin de notre bien-être. Une grande partie de celles-ci sont le produit de notre culture et de notre éducation : on nous a appris que plus on possédait de choses, plus on était heureux-ses.

Nous vivons avec la pression et l’auto-exigence de devoir tout réussir, et cette manière d’envisager la vie nous remplit inévitablement de stress, de frustrations et de tristesse.
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Quand nous atteignons un de nos objectifs (en particulier s’ils sont matériels), nous essayons tout de suite d’atteindre ce qui suit et ensuite, nous nous fixons un autre objectif, et encore un, jusqu’à finir exténués.

Avoir des désirs et des objectifs vitaux est légitime et sain. Quel sens aurait la vie si nous n’avions pas de buts ou d’espoirs ? Mais au-delà de ça, il faut nous demander si nous avons besoin de tout ce que nous désirons sainement. Faire une bonne distinction est la clé pour ne pas nous laisser perturber de façon exagérée par le fait de ne pas réussir ce que nous avons prévu.

La vie parfaite ne garantit pas le bonheur

Il faut le rappeler : tous ces gens qui ont réussi à exaucer leurs rêves ne se sont pas sentis plus comblés pour autant. Des millions de personnes dans le monde, vu de l’extérieur, ont une vie qui paraît enviable. Si nous nous concentrons d’ailleurs sur elles, nous pouvons même ressentir de la jalousie et penser qu’ils ont trouvé le moyen d’être heureux et d’être tranquilles, mais ce n’est pas vrai.

Si ces gens sont heureux, ce n’est bien sûr pas grâce à tout ce qu’ils possèdent ou à tout ce qu’ils ont obtenu, mais parce qu’ils savent regarder la vie d’une manière spéciale.
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L’être humain a beaucoup de mal à être en paix avec ce qu’il a. Il a toujours la sensation de pouvoir faire plus, de pouvoir s’améliorer ou de pouvoir obtenir plus en quantité. Il est vide, incomplet, imparfait, immature…

Grâce à des efforts énormes, nous récoltons toutes les réussites, tous les biens et tout ce qui peut rendre notre vie meilleure, et nous finissons épuisé-e-s et le corps blessé. Une fois que nous avons acquis tout ça, ce bonheur n’existe plus et nous avons toujours besoin d’avancer à l’étape suivante.

Si je suis parvenu à être une personne diplômée, je dois à présent avoir un doctorat et ensuite, je dois avoir un couple stable, puis j’essaiera i d’apprendre des langues étrangères, de voyager, d’avoir des enfants…Et le pire dans tout ça, c’est que si pour une raison ou pour une autre, je n’y arrive pas, alors je serai malheureux-se.

Cette pensée est la graine qui sème le malheur dans notre vie. Comme la perfection n’est rien de plus qu’un concept irréel et que c’est vers elle que l’on tend, ce qui est totalement impossible, nous aurons toujours la sensation que nous sommes misérables.
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Et alors, quelle est la solution ?

La première chose que nous devons apprendre, c’est que rien d’extérieur ne devrait avoir autant de pouvoir pour changer ou non notre état émotionnel. Personne n’est plus heureux qu’avant parce qu’il a plus de choses. Tout du moins, sur le long terme, ça ne fonctionne pas comme ça.

Quand les enfants découvrent les jouets que leur a apportés le Père Noël, ils ont l’air plus heureux, mais ce bonheur ne dure que quelques jours. Après ce plaisir éphémère, ces enfants voudront changer de jouets, et ils laisseront de côté ceux qu’ils viennent de recevoir.

Il se passe la même chose pour les adultes. Les choses finissent par perdre de la valeur avec le temps, et ce que nous obtiendrons à l’avenir perdra aussi de la valeur. L’être humain finit par s’adapter et tout cela fait qu’on considère n’importe quoi comme une chose normale.

Pourquoi Michael Jackson, avec une villa qui était en plus un parc d’attractions, aurait été plus heureux que Pepe Mújica, qui vit dans une ferme ?
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La deuxième chose à prendre en compte, c’est que le bonheur, la chance, le bien-être ou tout autre chose est en nous et consiste en une façon de voir la vie en appréciant et en aimant ce que l’on possède actuellement sans avoir besoin de rien d’autre. C’est cette idée de suffisance, cette capacité à réaliser que ce que nous possédons est amplement suffisant et que nous n’avons pas réellement besoin de plus pour être bien.

Enfin, un bon exercice consiste à renoncer consciemment à presque tout et à être prêt-e à vivre sans cela. Je peux essayer de réaliser mes rêves, mais en acceptant que je n’y arriverai peut-être pas. Et ça ne doit pas avoir de répercussions sur mon bien-être personnel.

L’acceptation de la vie telle qu’elle vient est une des clés les plus importantes pour nous sentir libres.
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Vous pensez peut-être que c’est du conformisme, mais ce n’est pas le cas. Nous vous recommandons d’avoir des désirs, des motivations et des objectifs. Que vous essayez de les exaucer, mais toujours avec l’idée on ne peut plus réelle que rien de tout cela ne vous rendra plus heureux-ses, et que si jamais vous n’arrivez pas à atteindre l’objectif que vous vous êtes fixé, vous n’en aviez pas non plus le besoin.
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