L'importance des empreintes digitales du cerveau

Vous êtes unique et votre cerveau a ses propres empreintes digitales. Car chaque pensée, chaque expérience vécue, chaque sensation et chaque visualisation laisse dans cet organe une signature neurologique particulière. Nous en parlons ici.
L'importance des empreintes digitales du cerveau

Dernière mise à jour : 21 février, 2021

Les personnes sont constituées de cellules, de tissus, d’un cœur qui bat et d’une peau externe qui nous protège, mais aussi de souvenirs. Les expériences vécues tracent les empreintes digitales du cerveau. Elles le font à tel point qu’aucun cerveau n’est exactement le même qu’un autre. Chacun de nous est unique et exceptionnel.

Mais c’est surtout la façon dont nous nous souvenons de chacune de ces expériences, ce qui détermine qui nous sommes vraiment. Nous résidons dans un moi fait de souvenirs. La façon dont nous interprétons chaque expérience est stockée dans le vaste coffre de notre mémoire.

Ce processus très particulier, complexe et transcendant est ce qui nous rend tous si différents. Il est vrai que l’organisation et l’architecture du cerveau sont universelles. Cependant, dans ses profondeurs, les connexions sont uniques et laissent une signature neurologique propre à chacun.

Une illustration du cerveau.

Que sont les empreintes digitales du cerveau ?

Malgré le fait que les neurosciences nous donnent de plus en plus de réponses et d’informations sur le fonctionnement du cerveau, nous continuons à nourrir de grands doutes. À tel point que cet organe soulève presque les mêmes mystères que l’univers lui-même.

Nous ne savons toujours pas, par exemple, comment réparer la mémoire perdue chez un patient atteint d’Alzheimer. Nous savons comment intervenir en cas de jambe cassée, mais nous ne savons pas comment récupérer pleinement les capacités d’un patient ayant un traumatisme crânien grave ou comment agir devant un enfant atteint d’un trouble du spectre autistique sévère.

Ainsi, nous nous limitons à faciliter leur qualité de vie, à les réhabiliter dans une certaine mesure mais sans faciliter la normalité totale et absolue. Malgré cela, des progrès continuent d’être réalisés et l’espoir d’atteindre cet objectif est palpable.

Il y a quelques jours à peine, l’Université de Rochester à New York a franchi une nouvelle étape dans ce voyage en comprenant un peu plus les énigmes qui sont inscrites dans le cerveau. Maintenant, nous savons que chacun de nous a ses propres signatures neurologiques qui définissent qui nous sommes.

Nos souvenirs et nos sensations créent nos “empreintes digitales”

La recherche dirigée par le Dr Andrew James de l’Université de Rochester a été publiée en novembre dans la revue scientifique Nature Communications. Voici ce qu’elle révèle :

  • Chaque personne construit sa mémoire en utilisant les régions du cerveau qui conviennent à ces processus. Cependant, le cerveau crée des réseaux, c’est-à-dire des connexions neuronales différentes en fonction de la manière dont nous intégrons chaque mémoire.
  • Par exemple, chaque expérience est filtrée à travers l’univers émotionnel. Parfois, ces images ou expériences du passé sont couvertes par des émotions spécifiques dans lesquelles les couleurs, les odeurs sont également intégrées…
  • Tout cela crée des propres signatures neurologiques distinctives. En d’autres termes, chaque expérience façonne des réseaux d’organisation cérébrale qui constituent une sorte d’empreinte digitale (ou de cerveau). Et cette empreinte est unique et appropriée pour chaque individu.

Le défi de savoir comment chacun organise ses souvenirs

L’un des défis auxquels les neurosciences sont aujourd’hui confrontées est d’en savoir plus sur les empreintes digitales du cerveau. C’est là que la science cognitive entre également en jeu. Elle cherche à comprendre comment nous organisons et manipulons ces souvenirs. Dans quel but cela peut-il nous servir ?

  • Grâce aux résonances magnétiques, nous pouvions déjà voir comment se déroule l’activité cérébrale de chaque personne à l’heure d’organiser les souvenirs.
  • Pouvoir identifier ces “empreintes digitales” nous permet d’avoir un profil neurologique, comme une sorte de carte d’identité cérébrale.
  • En vieillissant, beaucoup de ces empreintes digitales deviennent floues. Les maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer agissent comme de véritables gommes : elles diluent les signatures neurologiques expérientielles.
  • Savoir comment le cerveau de chaque patient est connecté et organisé nous permettrait à l’avenir de développer des médicaments qui préserveraient cette architecture originale.
  • Par ailleurs, les empreintes digitales du cerveau peuvent nous permettre de poser des diagnostics plus rapides. Des démences à la schizophrénie et même à la dépression sévère. Cela faciliterait la création de thérapies plus efficaces et individualisées.
Un homme âgé en train de lire.

L’importance de créer de nouveaux souvenirs

La mémoire n’est pas une caméra qui enregistre et stocke chaque événement dans un cadre parfait. La mémoire est un processus actif dans lequel de multiples facteurs interagissent. Personnalité, humeur, expériences antérieures… Chacun de nous stocke les événements à sa manière, ce qui façonne notre cerveau au quotidien.

Rien n’est plus décisif pour le bien-être psychologique que de continuer à créer des souvenirs, que de continuer à expérimenter. Après chaque expérience, apprentissage, conversation, lecture de livre ou voyage, de nouvelles empreintes digitales sont créées dans le cerveau. De nouvelles “signatures” qui améliorent cette architecture cérébrale.

Tout cela nous permet de préserver notre moi authentique au fil des années. Expérimenter et apprendre sont synonymes de mieux vivre. Il faut orienter notre existence vers l’activité physique et surtout mentale. Rester curieux et désireux d’interagir avec notre environnement sera un gage de bonheur.

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  • Andrew James Anderson, Kelsey McDermott, Brian Rooks, Kathi L. Heffner, David Dodell-Feder, Feng V. Lin. Decoding individual identity from brain activity elicited in imagining common experiences. Nature Communications, 2020; 11 (1) DOI: 10.1038/s41467-020-19630-y