Les super-seniors, un phénomène sans explication

04 août, 2020
Beaucoup des super-seniors ont un rendement intellectuel similaire à celui d'une personne de 20 ans. Pour une quelconque raison, que la science ne comprend pas encore, leur cerveau se détériore beaucoup plus lentement qu'il ne le devrait.

Les super-seniors sont des êtres spéciaux qui remettent en question ce que l’on pensait jusqu’à maintenant à propos du vieillissement cérébral. Il s’agit de personnes qui arrivent à 80 ou 90 ans avec un fonctionnement cognitif similaire, voire supérieur, à celui d’une personne moins âgée.

Aucun organe du corps humain ne change davantage que le cerveau dans une vie. Entre 0 et 6 ans, il peut devenir quatre fois plus gros. De la naissance jusqu’à la vie adulte, il multiplie de façon exponentielle ses capacités et fonctions. Ensuite, il finit par vieillir.

Dans le cas des super-seniors, ceci ne se produit pas. Ces personnes gardent une mémoire intacte et en parfait fonctionnement jusqu’à des âges très avancés. Qu’est-ce qui explique cela ? Pourquoi le cerveau de certaines personnes défie-t-il le temps et conserve-t-il sa jeunesse ?

« Nous avons besoin d’un second projet de vie et pas seulement de loisirs pour passer le temps libre dont nous bénéficions une fois que nous sommes à la retraite ».

-F. Javier González-

couple de personnes âgées

Le vieillissement normal du cerveau

Le vieillissement normal du cerveau dépend de nombreux facteurs. On ne peut donc pas établir d’âge défini pour ce type de processus. Habituellement, à 60 ans, certaines modifications se produisent au niveau de cet organe. Le style de vie joue cependant un rôle important. Le vieillissement peut même commencer plus tôt.

Dans tous les cas, à partir de 40 ans, le cerveau commence à “rétrécir” à un rythme de 5 % par an. À partir de 70 ans, ce processus est plus rapide. Les principaux changements qui ont lieu avec le vieillissement cérébral sont les suivants :

  • Diminution de la masse cérébrale. Une contraction se produit dans le lobe frontal et dans l’hippocampe. Ceci arrive, en général, autour de 60-70 ans.
  • Amincissement de la surface externe du sillonCeci fait ralentir le traitement cérébral.
  • Réduction de la myéline qui affecte la matière blanche. Cela conduit à un ralentissement des fonctions cognitives.
  • Diminution de l’activité des neurotransmetteurs. Ceci mène à la diminution de la mémoire et de la capacité à apprendre, en plus de prédisposer à la dépression.

Tous ces processus sont normaux et, une fois ajoutés à la diminution de l’acuité des sens, conduisent à un apprentissage, un traitement des informations et à une mémoire qui ne fonctionnent plus comme avant.

Le phénomène des super-seniors

À partir de différentes recherches auprès de personnes âgées, on en est arrivés à la conclusion que certains seniors avaient un cerveau beaucoup plus jeune que celui de leurs pairs. La science en ignore encore la raison.

On sait cependant que ces personnes sont capables de répondre à des tests de mémoire et de cognition comme le ferait un jeune de 20 ans. On a également réussi à établir que, pour une quelconque raison, leur cerveau vieillit à un rythme beaucoup plus lent qu’il ne le devrait.

Selon les recherches scientifiques, chez les super-seniors, le rétrécissement cérébral est de l’ordre de 1 % par an. Par ailleurs, il n’est enregistré comme tel qu’après 70 ans. Les images révèlent que leur cerveau est plus gros et présente peu de signes de vieillissement à des âges avancés.

homme âgé

Génétique et style de vie

On pense aujourd’hui qu’il existe un facteur génétique qui influe de façon décisive chez les super-seniors pour que leur cerveau vieillisse à un rythme plus lent. Ils ne sont pas nécessairement plus intelligents que leurs pairs et ils n’ont pas forcément tous eu un style de vie particulièrement sain.

Une étude est en cours, à travers laquelle on cherche à déterminer s’il existe une substance dans le plasma sanguin contribuant à rendre ce phénomène possible. Cette étude est menée par le gériatre chilien Felipe Salech, qui suit l’hypothèse selon laquelle il serait possible qu’une substance liée aux lymphocytes provoque cet effet de diminution du vieillissement cérébral.

Les recherches signalent également que, de toute façon, beaucoup de super-seniors ont eu des styles de vie similaires. En général, un grand nombre de ces seniors font fréquemment de l’exercice, participent à des activités stimulantes sur le plan intellectuel, ont une vie sociale active et dorment bien.

Une bonne partie d’entre eux a aussi eu une alimentation saine. Apparemment, les aliments riches en oméga-3 ont une incidence sur leur jeunesse cérébrale. Tout suggère que cette substance a une influence positive sur le réseau neuronal.

Une chose similaire se produit avec l’alimentation méditerranéenne. Pour le moment, les super-seniors représentent encore une merveilleuse énigme qui, si l’on parvenait à la résoudre, finirait sûrement par avoir des bénéfices sur tout le monde.

  • Cabrera, S., & Osorno, D. (2013). Envejecimiento cerebral y cognoscitivo en el adulto mayor. Rev Asoc Colomb Gerentol Geriatr, 27, 1764-citation_lastpage.