Les étapes cognitives selon Piaget

Jean Piaget a décrit les différentes étapes cognitives de la petite enfance à l'adolescence. Découvrez en détail ces différentes étapes.
Les étapes cognitives selon Piaget

Dernière mise à jour : 19 juin, 2021

Les étapes cognitives de Piaget définissent tout un cadre théorique au sein de la psychologie évolutionniste. Piaget a étudié le développement de l’enfant sur la base d’un très petit échantillon de 3 enfants, ses fils Laurent, Lucienne et Jacqueline.

Il les a suivis donc de la naissance jusqu’à la fin de leur enfance. Toutefois, les conclusions auxquelles il est parvenu sur le développement ultérieur ont toutefois été obtenues par l’étude de milliers d’enfants.

Piaget a donc commencé par observer ses enfants avec sa femme Valentine. Ils ont alors combiné la méthode d’observation naturiste avec la manipulation expérimentale. Toutefois, un échantillon de 3 sujets seulement n’est pas suffisamment représentatif pour pouvoir tirer des conclusions généralisables à l’ensemble du développement humain.

Cela a donc généré le besoin de vérifier les résultats avec des échantillons plus grands et plus représentatifs. Les résultats de ces études ont montré que les conclusions de Piaget étaient tout à fait correctes.

Sur la base de ses observations, Piaget a élaboré sa théorie du développement intellectuel à la période sensorimotrice dans laquelle il décrit les différents stades cognitifs. Trois livres écrits sur le sujet sont par ailleurs à souligner : La naissance de l’intelligence de l’enfant ; La construction du réel chez l’enfant et La formation du symbole chez l’enfant.

 “Si vous voulez être créatif, garde votre âme d’enfant, avec la créativité et l’inventivité qui caractérisent les enfants avant d’être déformés par la société adulte.”

Piaget –

Jean Piaget.

Les concepts de base de la théorie de Piaget

Piaget a décrit le développement humain autour de deux concepts. Ces deux concepts sont : les fonctions cognitives et les structures cognitives.

  • Fonctions cognitives

Les fonctions cognitives sont des processus biologiques innés communs et invariables tout au long du cycle de vie. Ces processus ont pour fonction de construire des structures cognitives internes.

Les deux fonctions principales décrites par Piaget sont l’organisation et l’adaptation. L’organisation permet aux schémas d’acquérir une plus grande complexité, à mesure que s’intègre l’information.

L’adaptation implique l’échange de l’organisme avec son environnement en modifiant les deux afin d’atteindre un équilibre de survie. Cela implique également deux processus : l’assimilation et l’accommodation.

Dans l’assimilation, l’enfant affronte de nouvelles expériences avec les modèles précédents et les intègre. Dans l’accommodation, l’enfant doit modifier ses propres structures cognitives pour inclure de nouvelles connaissances.

  • Structures cognitives

Elles varient avec la croissance du développement de l’enfant. Un exemple serait le concept de schéma. Les schémas seraient des modèles de comportement organisés qui peuvent se répéter dans des situations similaires.

Il s’agit donc d’un processus continu d’organisation et de réorganisation des structures individuelles. Les schémas décrits par Piaget étaient au nombre de trois : d’action, symboliques et opératifs.

Les stades cognitifs du développement selon Piaget

Piaget a décrit trois stades cognitifs généraux du développement. Nous vous les présentons ci-dessous.

Première étape ou période sensorimotrice

La première étape se produit pendant les deux premières années. Elle se caractérise par l’apparition d’habiletés sensorimotrices comme mode de connaissance du monde. Elle se limite par ailleurs à l’interaction physique avec les objets et les personnes.

Les schémas sont d’action. Dans cette étape cognitive, les deux principales réalisations sont donc : l’intentionnalité et la permanence de l’objet. Nous pouvons la diviser en 6 sous-stades :

  • Sous-stade 1. L’exercice des réflexes prédomine.
  • Sous-étape 2. Apparaissent les schémas et la réaction circulaire primaire. L’enfant effectue des actions non intentionnelles dirigées contre son propre corps. L’attente passive apparaît donc. Elle consiste pour l’enfant à suivre du regard un objet en mouvement.
  • Sous-stade 3. Apparaissent des réactions circulaires secondaires. Il s’agit d’actions accidentelles mais dirigées vers l’extérieur. L’enfant peut ainsi répéter des faits intéressants. De plus, il existe des actions circulaires différées, car si nous interrompons une tâche, nous pouvons y revenir pour continuer.
  • Sous-étape 4. L’enfant atteint la conduite intentionnelle. Il est donc capable de percevoir le but qu’il veut atteindre et d’imaginer comment l’atteindre. L’enfant peut ainsi séparer les moyens des fins et coordonner les schémas. Apparaît ici l’erreur du sous-stade 4, ou erreur A – no B.
    • Autrement dit, si nous cachons un objet sous un coussin, l’enfant est capable de le chercher en dessous. Mais si nous mettons deux coussins et changeons l’objet d’un coussin à l’autre devant lui, il continue de le chercher au premier endroit.
  • Sous-stade 5. Apparaissent des réactions circulaires tierces. L’enfant expérimente donc par pur plaisir, pour explorer de nouvelles possibilités en répétant une action. Ici survient l’erreur de transposition, par laquelle maintenant il n’est pas capable de rechercher l’objet lorsque nous le cachons sans qu’il le voie.
  • Sous-stade 6. Le bébé s’adapte au monde par un comportement direct. La nouveauté du sous-stade 6 est l’apparition de la fonction symbolique. Cela implique d’acquérir la capacité d’utiliser des représentations mentales ou des symboles. La permanence de l’objet est déjà totale. L’enfant peut comprendre que l’objet continue d’exister même lorsqu’il est hors de son champ visuel.
Enfant dans une boîte en carton.

Période de pré-opération et organisation des opérations spécifiques

Elle se compose de deux sous-périodes. Ce sont les suivants :

  • Sous-période préopératoire. Elle va de 2 à 6 ans. Elles est en outre marqué par l’apparition de la fonction symbolique qui se matérialisera dans des activités telles que l’imitation, le dessin, les jeux et le langage.
    • L’enfant est plongé dans l’égocentrisme, qu’il soit physique, logique ou social. Il commet une série de biais tels que : l’incapacité de classer, de préserver ou de spécifier. Il n’a par ailleurs aucune notion d’irréversibilité.
    • Concernant la notion de causalité, l’enfant commet des erreurs telles que le finalisme (il pense que tout est cause de quelque chose), l’artificialisme (ils croient que tout ce qui existe a été construit par des êtres humains) ou l’animisme (donne vie à tous les objets).
  • Sous-période opérationnelle. Elle se déroule de 7 à 11 ans environ. Elle est marquée par la capacité d’opérer mentalement avec des connaissances. Cela se manifeste donc à travers la résolution de problèmes de conservation, de sérialisation et de classification.

Période d’opérations formelles

De 12 ans à l’âge adulte, nous acquérons la capacité de penser de manière abstraite et logique et de  formuler des hypothèses. Et ce, en contemplant non seulement le réel, mais aussi le possible.

A ce stade, nous donnons par ailleurs plus d’importance à l’amitié. L’identité commence aussi à se former. Dans ce processus, l’adolescent a ainsi besoin de traverser des crises pour parvenir à un engagement identitaire définitif.

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  • Papalia, D.E, Olds, S.W., y Feldman, R.D. (2005). Psicología del desarrollo de la infancia a la adolescencia. McGraw-Hill. Madrid