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L'effet de la punition sur le cerveau des enfants

4 minutes
L'effet de la punition chez un enfant a deux visages. D'un côté, elle provoque des conséquences immédiates et relativement efficaces en raison du mécontentement ou de la douleur dont l'enfant fait l'expérience. D'un autre, elle détériore son développement cognitif et émotionnel.
L'effet de la punition sur le cerveau des enfants
Dernière mise à jour : 17 mars, 2021

L’effet de la punition est un sujet très discuté, surtout depuis plusieurs années. Elle constitue la base du système d’éducation le plus traditionnel et ne s’utilise pas qu’au sein de la famille : on s’en sert aussi à l’école et dans différents domaines de la société.

L’efficacité de cette méthode est le point qui pose question. L’effet de la punition sur les enfants est immédiat : elle les persuade de faire ou de cesser de faire quelque chose. Or, on a découvert que cela n’avait lieu que de façon passagère. S’il y a une motivation profonde derrière un comportement, celui-ci aura lieu, même avec une punition.

Il est vrai que l’intimidation offre des résultats instantanés et cela tranquillise beaucoup de parents, du moins de façon momentanée. Néanmoins, il faut aussi prendre en compte que cette méthode est contestable sur le plan éthique et très souvent illégale. Le pire étant qu’à long terme, elle ne sert à rien.

« Celui qui, quand il est en colère, impose une punition, ne corrige pas mais se venge. »

–Michel de Montaigne–

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L’effet de la punition sur le cerveau

Selon le docteur Jorge Cuartas, la punition physique provoque un développement atypique dans le cerveau des enfants. Le niveau élevé de cortisol fourni par le cerveau  lors d’une étape où la structure cérébrale est encore en formation aboutit à des changements dans le cortex préfrontal.

Par ailleurs, une étude publiée dans la revue Journal of Agression, Maltreatment and Trauma signale que la punition sévère est associée à une réduction des capacités cognitives des enfants. Apparemment, cela a un plus grand impact chez les enfants de 5 à 9 ans.

Cela ne s’applique pas qu’à la punition physique en tant que telle mais aussi aux agressions verbales et psychologique à fort impact. Ces agressions ont un effet similaire à celui des coups.

Il faut souligner qu’il n’existe aucune étude démontrant que ces types de punitions présentent un avantage. En revanche, on a pu prouver qu’en plus des possibles dommages causés, la punition sévère n’est pas efficace.

La réponse à la punition

L’effet de la punition sur l’enfant est, en principe, l’activation de l’instinct de survie. Face à la punition, il y a trois alternatives : l’attaque, la fuite ou la paralysie. Cela se fait de manière automatique, sans qu’aucune réflexion ou décision n’intervienne dans ce processus. Il s’active, tout simplement.

Sur le plan physiologique, on retrouve une plus grande sécrétion de cortisol et d’adrénaline, ce qui limite la faculté de penser tout en élevant l’intensité de certaines émotions comme la colère ou la peur. Dans ces conditions, des fonctions comme la pensée critique ou le raisonnement se retrouvent réduites. Or, sans cela, il ne peut pas y avoir d’apprentissage.

Après la punition, d’autres émotions intenses et confuses apparaissent. Il y a parfois de la culpabilité, de la honte ou de la rancœur. L’enfant peut aussi penser qu’il est méchant ou qu’il y a quelque chose de mauvais en lui. Pendant ce temps, il ne comprend pas du tout ce qu’il a fait de mal, pourquoi il s’est mal comporté et quelles sont les raisons pour éviter cela dans le futur.

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Les punitions moins sévères

L’effet de la punition n’est pas seulement négatif quand la sanction est sévère ou violente : il l’est aussi dans d’autres cas. Le psychologue Rafael Guerrero a indiqué que la nature même de la punition était contestable.En apparence, on cherche à ce que l’enfant apprenne ou améliore un comportement. Or, la punition revient à faire du mal pour atteindre cet objectif.

Parfois, la seule ressource pour faire mal est le coup, le cri ou l’humiliation.D’autres fois, la douleur surgit d’une autre façon chez l’enfant. Par exemple, certains parents envoient leurs enfants « au coin », pour qu’ils « réfléchissent » à ce qu’ils ont fait de « mal ».

Le plus probable est qu’ils n’y réfléchissent pas (comme beaucoup d’adultes) mais qu’ils pensent seulement à sortir de cette situation le plus vite possible. Après cela, l’enfant n’a pas davantage conscience de ce qui a provoqué cette punition.

En revanche, la relation de pouvoir, la vulnérabilité et l’impact de la figure qui a puni restent bien imprimés dans la mémoire. Si l’enfant cesse de faire ce pour quoi il a été puni, ce sera à cause de la pression des circonstances et non pas parce qu’il a appris à « bien se comporter ».

L’une des leçons les plus précieuses qu’un adulte puisse donner à un enfant est peut-être que l’erreur est source d’apprentissage. Il est certes plus facile et rapide de « dresser » un enfant que de nourrir sa conscience. Cependant, comme on l’a vu, l’effet d’une punition est très passager, alors qu’une conscience bien bâtie dure pour toujours.


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Sauceda-García, J. M., Olivo-Gutiérrez, N. A., Gutiérrez, J., & Maldonado-Durán, J. M. (2006). El castigo físico en la crianza de los hijos. Un estudio comparativo. Boletín Médico del Hospital Infantil de México, 63(6), 382-388.


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