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Le poids psychologique d'avoir fait du mal

4 minutes
Avoir fait du mal ne signifie pas qu'on est une mauvaise personne, ni qu'il est impossible de trouver une issue saine au problème. Mais il ne faut pas se voiler la face : éviter d'y penser ne suffit pas pour se sentir mieux dans ces cas-là.
Le poids psychologique d'avoir fait du mal
Dernière mise à jour : 31 janvier, 2021

Avoir fait du mal et en prendre conscience est un pas en avant, mais cela implique aussi de devoir porter un poids psychologique dont il n’est parfois pas facile de se débarrasser. C’est une situation qui peut être résolue, même si cela ne se fait pas simplement en tournant la page ou en présentant ses excuses après coup.

Seules les personnes souffrant de troubles psychiatriques très graves ne se sentent jamais coupables. En effet, ils ne connaissent pas la conscience morale. Ainsi, pour eux, faire du du mal est normal, et même de nécessaire. Ainsi, ressentir de la culpabilité est en principe un signe de bonne santé psychologique.

Certaines erreurs laissent parfois un sentiment de malaise. Cependant, lorsque cette erreur n’a aucune conséquence grave, elle peut générer une certaine tranquillité d’esprit. Au contraire, lorsque la faute a des conséquences graves, un véritable poids psychologique peut s’installer.

“Un bon repentir est le meilleur médicament contre les maladies de l’âme.”

-Miguel de Cervantes-

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Avoir fait du mal

Nous avons tous fait des erreurs à un moment donné. à travers nos actes ou même par omission. Personne ne possède une telle maîtrise d’elle-même au point de n’avoir jamais commis aucune erreur de jugement. La sagesse n’est pas non plus une vertu émotionnelle innée. Nous apprenons donc généralement à être plus sage en faisant des erreurs.

Le sentiment de culpabilité n’est pas tant lié à ce qui a été commis mais à la perspective dont on l’aborde. De petites erreurs provoquent parfois de grands remords chez certaines personnes. Inversement, de grosses fautes peuvent être totalement assumés chez d’autres dans la plus grande sérénité.

Il y a plusieurs raisons à cela. Les conséquences qui découlent de la faute en sont une. Il y a aussi la relation qu’on entretient avec la personne qu’on a lésée. Enfin, sa propre situation actuelle revêt également de l’importance.

Si la situation a eu des conséquences graves dans le temps, le poids psychologique peut donc être très important. De plus, si la personne affectée est un proche, il est également plus difficile de gérer son sentiment de culpabilité.

Il est parfois possible d’avoir l’opportunité de réparer les torts causés à un autre. Malheureusement, lorsque les conséquences sont irréversibles ou bien lorsque la personne n’est plus là, c’est alors impossible.

Les deux types de culpabilité

Le fait d’avoir fait du mal peut générer deux types de culpabilité. La première est la culpabilité raisonnable. Elle se caractérise par le fait que la personne qui ressent cette culpabilité est clairement consciente du tort qu’elle a pu causé. Elle sait quel est l’étendue du mal dont elle est responsable.

Enfin, elle est consciente de la norme morale qui a été violée en le faisant. C’est par exemple le cas, lorsque quelqu’un fait un commentaire blessant et le regrette par la suite. Il se rend alors compte qu’il n’a pas été juste envers l’autre personne.

Le deuxième type de culpabilité est la culpabilité pathologique. Les choses sont alors moins clairs quant à la notion de responsabilité. Parfois, le mal fait n’est pas reconnu consciemment, mais le poids psychologique est cependant porté de manière inconsciente.

Cela peut se traduire par de l’auto-sabotage ou un sentiment de honte. De la méfiance et de la peur peuvent apparaître également. La culpabilité se traduit par la sensation que l’on va être puni. On est cependant incapable de préciser pourquoi ni comment.

La culpabilité pathologique peut s’installer dans la vie comme une sorte d’obstacle mal défini. Il gravite alors autour de tout ce qui est entrepris. Le plus paradoxal est que la personne finit par aspirer inconsciemment à une punition et donc elle se l’inflige involontairement.

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Comment surmonter la situation ?

Se pardonner à soi-même est une pratique fondamentale pour la santé mentale. Cependant, c’est un processus complexe. Il ne s’agit pas simplement de se dire “je me pardonne” et c’est tout. Cela exige une démarche qui commence par une reconnaissance précise du mal qui a été fait et de ses conséquences.

Cela ne peut pas s’arrêter là. En effet, il est important d’examiner les circonstances dans lesquelles la faute s’est produite. Pourquoi n’a-t-on pas agi en cohérence avec ses propres normes et valeurs ? Qu’est-ce qui nous en a empêché ? Quelles circonstances psychologiques ont prévalu ? Pourquoi n’était-il pas possible d’agir autrement ?

Le fait d’avoir causé un préjudice est souvent lié à de l’immaturité, à des carences ou à des croyances erronées. Cela peut également être liée à des impulsions qui ont été déclenchées par un manque de maîtrise de soi ou à des conflits qui n’ont pas pu être traités correctement à ce moment-là.

Nous devons alors adopter la posture d’un ami sincère et essayer de nous comprendre pour ce que nous sommes. C’est à dire des êtres humains. Dès lors, l’étape suivante consiste à se pardonner à soi-même. Et ce, toujours après s’être compris.

Finalement, il faut réparer ce qui peut l’être. Il faut alors présenter des excuses et expliquer son erreur tout en exprimant son engagement à ne pas commettre à nouveau la même faute à l’avenir.


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García Haro, J. (2015). Tres concepciones de la culpa: historia y psicoterapia. CeIR., 9(1).


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