Le Marquis de Sade, biographie d'une icône de la méchanceté

29 février, 2020
Ce qui a fait du Marquis de Sade une icône de la méchanceté, ce sont ses oeuvres littéraires. Même si elles décrivent des perversions sexuelles, ce n'est pas lui qui les a inventées. Son entourage ne lui a pas pardonné d'exposer publiquement quelque chose qui se produisait en secret.
 

Le Marquis de Sade est une figure face à laquelle il existe un cumul de légendes, la plupart d’entre elles étant fausses ou sans fondement. Initialement, son grand « péché » a été de penser au sexe et d’écrire sur le sexe, d’une manière qui défiait les tabous et les hypocrisies de son époque.

Si ce qu’il avait écrit était absurde, ou « fou », comme certains le disaient, alors son oeuvre aurait tout simplement été ignorée. Les réactions dures voire même violentes contre lui mènent à penser que, bien au contraire, son oeuvre n’était pas si insensée, mais qu’il abordait des sujets dont personne ne voulait parler.

« Le corps est le temps où la nature demande à être vénérée. »

– Le Marquis de Sade –

Le nom du Marquis de Sade s’est fait une place dans l’histoire car en a découlé une manière de nommer une certaine perversion sexuelle. Le sadisme, c’est l’atteinte de plaisir sexuel via des actes de cruauté contre une autre personne. Il ne s’agit pas là exactement de ce que l’on trouve dans les oeuvres du fameux Marquis, mais c’est principalement pour cela qu’on se rappelle de lui aujourd’hui.

L’enfance et la jeunesse du Marquis de Sade

Le vrai nom du Marquis de Sade était Donation Alphonse François de Sade. Il est né à Paris le 2 juin 1740. Il venait d’une famille noble, apparentée à la dynastie des Bourbons. En raison du poste de diplomate de son père, dès ses 4 ans, il a été à la charge de sa grand-mère et de ses tantes paternelles.

 

Plus tard, un de ses oncles, Jacques François Paul Aldonce de Sade, libertin reconnu, s’est chargé de son éducation. Il lui a assigné pour tuteur Jacques François Amblet, qui l’a accompagné pendant une grande partie de sa vie.

Lorsque le célèbre Marquis de Sade avait tout juste 16 ans, il a participé à une des batailles de la Guerre des Sept Ans. Son intervention remarquée l’a mené à devenir le capitaine du régiment de la cavalerie de Bourgogne. Puis, il est revenu à Paris et a été forcé de se marier avec Renée-Pélagie Cordier de Launay de Montreuil, alors qu’il était amoureux d’une autre jeune fille. C’est peu après le mariage que les scandales ont commencé.

Un dessin du Marquis de Sade

La légende noire du Marquis de Sade

Peu après son mariage, le Marquis de Sade a commencé sa carrière en tant qu’écrivain. En 1763, il a été arrêté pendant 15 jours ; il aurait produit un écrit ayant un haut contenu sexuel. D’autre part, son arrestation était aussi due au fait qu’il avait eu diverses amantes et qu’il était fréquemment entouré de prostituées.

Deux ans plus tard a eu lieu le célèbre scandale d’Arcueil. Selon la prostituée Rose Keller, le Marquis de Sade l’avait fouettée et torturée. Les faits ont eu beaucoup de répercussions et des détails fictifs se sont greffés à la légende populaire, si bien que l’on a plus vraiment su ce qu’il s’était réellement passé. Sade a alors passé sept mois en prison.

 

Puis, a eu lieu le « cas de Marseille ». On a accusé Sade de sodomie et de tentative d’empoisonnement sur plusieurs prostituées. En réalité, il leur avait donné un aphrodisiaque au beau milieu d’une orgie. Même si personne n’est mort, il a tout de même été accusé de tentative d’assassinat, emprisonné et condamné à mort. Il est resté enfermé 13 ans, d’abord dans la prison de Vincennes puis à La Bastille. Cela a affecté sa santé.

Un livre ancien

Une fin cruelle

Avec le triomphe de la Révolution Française, le Marquis de Sade a d’abord été envoyé dans un hôpital psychiatrique, puis relâché. Il est sorti de prison à 51 ans, et son état physique laissait clairement penser qu’il avait été maltraité. Cependant, à l’époque de la Terreur, Robespierre l’a de nouveau condamné à mort et il a échappé par miracle à la guillotine. En sortant de prison, il est resté dans une misère presque totale.

Ses oeuvres ont éveillé une énorme appréhension, puisqu’il y décrivait des viols, des paraphilies et toutes sortes de perversion. Napoléon en personne a jeté le roman Justine ou les Malheurs de la vertu au feu et dit que c’était « le livre le plus abominable jamais écrit ». A cette époque, on a détruit de nombreux autres écrits du Marquis de Sade. C’est pourquoi une bonne partie de son oeuvre a été perdue.

 

En 1801, le régime napoléonien l’a accusé de « démence libertine » et enfermé dans un asile. Sa famille a brûlé ce qu’il restait de son oeuvre, lorsque le Marquis de Sade est mort, en 1814.

De nombreuses générations d’écrivains, et surtout ceux du courant surréaliste, ont sauvé l’oeuvre de Sade et lui ont octroyé une grande valeur. Jusqu’à aujourd’hui, les opinions sur son travail littéraire ne sont pas unanimes. Alors que Breton l’appelait « le divin Marquis », Bataille a signalé que son oeuvre était une apologie du crime.

 

  • González-Torre, Á. P. (2006). La sombra de la Ilustración: tres variaciones sobre Sade. Ed. Universidad de Cantabria.