L’art d’aimer

· 17 mai 2015

L’amour. Un mot si simple qui correspond à un sentiment si compliqué, à la fois débordant et excitant.

Malheureusement, on arrive dans ce monde sans mode d’emploi. On atterrit dans ce jardin exotique que l’on appelle « vie », et on s’y promène sans disposer des connaissances nécessaires, empli de nos peurs et autres doutes…mais avec une soif cependant suffisante d’apprendre, avec une envie de vivre, d’aimer, et aussi de souffrir.

Il est curieux comme cette activité, celle d’aimer, s’accompagne d’abord de tant d’espoirs et d’attentes, pour finalement, bien souvent, échouer.

Comme les êtres rationnels que nous sommes, on devrait tous apprendre de nos nouvelles expériences et savoir reconnaître nos erreurs, mais aussi essayer d’identifier ce qu’on pourrait changer en nous pour être meilleur.

On serait ainsi en mesure de surmonter l’échec et de comprendre un peu mieux ce qu’est et ce qu’implique ce qu’on appelle « l’amour », sentiment auquel on a tendance à associer tant d’erreurs…

L’amour est une activité, pas un acte passif ou un élan soudain. Il s’agit d’un état continu où les verbes « donner » et « recevoir » prennent tout leur sens, si tant est qu’on ne confonde pas « donner » avec « renoncer » ou « se sacrifier ».

C’est le psychologue Erich Fromm qui, dans son magnifique essai intitulé L’art d’Aimer, a introduit pour la première fois les éléments constitutifs du concept d’amour, dont on devrait tous tenir compte. Pour les découvrir, lisez la suite de cet article.

1. L’attention

Aimer, c’est s’inquiéter activement pour l’autre. Sans inquiétude sincère et concrète, il n’y pas d’amour.

L’attention, ce n’est pas uniquement ce bien-être physique qu’aurait par exemple une mère pour son fils, non ; prendre soin de l’autre, c’est aussi savoir quels sont ses besoins au sein du couple.

Il s’agit donc de l’enrichir, de lui permettre de gagner en confiance en lui, de le respecter, et d’être disponible pour l’écouter activement…

2. La responsabilité

Ce terme n’implique pas un devoir, une obligation, ou encore une contrainte extérieure. La responsabilité, c’est un acte entièrement volontaire menant à subvenir aux besoins, exprimés ou non, de l’autre. « Personne ne m’oblige à être responsable de toi, je le fais parce que j’en ai envie et que je veux ton bien-être ».

Mais c’est un comportement qui peut parfois devenir dangereux et dériver vers la domination ou la possessivité, car quand on se sent « responsable », on finit par croire, à tort, que l’on est « responsable de l’autre parce qu’il nous appartient ».

Rien n’est moins faux. Être responsable, c’est respecter l’autre et s’inquiéter pour lui, tout en lui permettant de grandir en tant que personne et en valorisant son individualité.

3. Le respect

Quand on aime une personne, il faut bien se rappeler qu’aimer, c’est « prendre l’autre tel qu’il est sans essayer de le changer ». Nous, les êtres humains, ne sommes pas des objets à posséder ou à dominer, mais des personnes pouvant apporter aux autres et les enrichir grâce à notre manière d’être et notre individualité.

Le respect, c’est une interaction entre deux personnes qui donnent et qui reçoivent de manière égale. Il faut bien avoir conscience du fait que pour « être en couple », il faut préalablement avoir atteint sa propre maturité.

En effet, on ne peut espérer respecter l’autre que si on n’a pas d’abord atteint sa propre indépendance, sans ressentir le besoin de protéger l’autre de ses peurs ou de ses craintes, sans ressentir le besoin de l’exploiter, ou encore de devenir un « pervers narcissique« …

L’amour, comme chacun en a conscience, c’est un défi constant, pas un sentiment facile à gérer ni un espace où tout se déroulerait dans le calme et l’harmonie. Il faut au contraire bouger, grandir, comprendre et travailler ensemble.

L’amour, c’est une foire éternelle, où se succèdent harmonie et conflit, joie et tristesse, c’est un art qui nous enrichit en tant que personne, et duquel on peut apprendre chaque jour.