La théorie de l'épistémologie naïve : d'où vient la connaissance ?

Comment produisons-nous de la connaissance ? La réponse n'est pas simple et dépend dans une large mesure de notre compréhension de ce qu'est la connaissance. La théorie de l'épistémologie naïve nous fournit quelques pistes dans ce sens.
La théorie de l'épistémologie naïve : d'où vient la connaissance ?

Dernière mise à jour : 14 août, 2021

D’où vient la connaissance ? Comment savons-nous si quelque chose est vrai ou faux ? Difficile de répondre à ces questions. Surtout maintenant que les nouvelles technologies nous inondent de tant d’informations. Afin de comprendre comment nous traitons ces informations, la théorie de l’épistémologie naïve nous fournit un cadre explicatif sur la manière dont nous choisissons les informations qui deviendront ensuite des connaissances.

Tout d’abord, il est nécessaire de comprendre que l’information est une donnée, avec une certaine élaboration. Cependant, elle ne constitue pas nécessairement une connaissance. Cette donnée deviendra une connaissance dès lors que nous la considérerons comme vraie. De plus, pour que nous acceptions qu’une information soit vraie, il n’est pas nécessaire qu’elle le soit.

Par exemple, une personne peut entendre parler de la petite souris qui passe lorsqu’un enfant perd ses dents de lait. Après avoir écouté cette information, la personne décidera si elle est vraie ou fausse.

Si elle accepte l’existence de la petite souris qui échange des dents de lait contre de l’argent, elle aura alors produit du savoir. Si, en revanche, elle ne croit pas à cette information, elle restera juste une information, qui plus est fausse.

“L’homme parle de tout comme si la connaissance de tout était en lui.”

Antonio Porchia

Mannequin en bois.

La connaissance empirique ou naïve

L’acquisition de la connaissance se fait au travers de la perception par les sens. Voir, c’est croire. Si nous voyons la petite souris ou si nous l’entendons, nous allons alors générer de la connaissance sur son existence.

Le raisonnement joue également un rôle. Si nous entendons un bruit et que nous pensons qu’il pourrait s’agir de la petite souris, nous allons nous demander si ce bruit indique vraiment qu’elle existe ou non.

Il existe d’autres méthodes pour générer de la connaissances. La méthode la plus utile à ce jour est la méthode scientifique. La science, en utilisant des hypothèses qu’elle tente de réfuter, est capable elle aussi de générer de la connaissance.

Par exemple, les médicaments que nous consommons ont fait l’objet d’une série d’expériences qui ont montré qu’ils étaient réellement efficaces. Cependant, ce n’est pas le cas des thérapies alternatives. Que nous croyions que ces thérapies soient efficaces ou non, qu’elles deviennent des connaissances ou non, cela ne dépend que de nous.

Qu’est-ce que l’épistémologie ?

Comme nous l’avons vu, il existe différentes manières de produire de la connaissance. La branche de la science qui étudie la connaissance s’appelle l’épistémologie.

L’épistémologie étudie les critères qui font que quelque chose doit être considéré comme vrai. Comme expliqué plus haut, il existe plusieurs façons de valider une hypothèse. Cela va de l’expérience de nos sens à la méthode scientifique. Il existe donc différents types de connaissances épistémologiques.

Dans cet article, nous allons nous concentrer sur un type en particulier : l’épistémologie naïve. L’épistémologie naïve est un processus par lequel les gens acquièrent une connaissance de manière subjective. Cela signifie que cette croyance nous appartient. Et ce, qu’elle soit vraie ou non et que les autres soient d’accord ou non avec nous.

Homme qui regarde un panneau.

L’épistémologie naïve

Partant du principe que la connaissance est ce que nous savons (ou pensons savoir), la théorie de l’épistémologie naïve propose que la connaissance découle de la création d’hypothèses. Nous générons ainsi différentes hypothèses et évaluons la pertinence de chacune d’entre elles sur la base des preuves dont nous disposons.

Ainsi, si nous essayons un aliment que nous n’avons jamais mangé auparavant et que le lendemain nous tombons malades, nous pouvons alors créer différentes hypothèses. Par exemple, que l’aliment a causé la maladie ou que la maladie n’a rien à voir avec l’aliment et qu’elle est donc due à une autre cause.

Bien que ces deux hypothèses ne soient pas les seules possibles, elles illustrent bien les lois qui sont produites à partir de ces hypothèses. Dans tous les cas, nous aurons une incertitude sur la cause de la maladie. Pour lever cette incertitude, nous devrons choisir l’une des deux hypothèses. Cela nous conduira à former une connaissance.

Dans cette situation, deux options s’offrent à nous. Soit nous restons dans l’incertitude quant à la cause de la maladie, soit nous acceptons l’une des hypothèses et nous générons une connaissance sur la cause de la maladie. En d’autres termes, nous allons soit éviter la fermeture cognitive, soit la rechercher.

Le choix de l’une ou l’autre dépendra des avantages et des coûts de l’acquisition de cette connaissance. Ainsi, s’il est très important de connaître la cause de la maladie, nous sommes plus susceptibles d’accepter la première hypothèse.

“Les grandes connaissances engendrent de grands doutes.”

Aristote

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