Aristote et son influence sur la psychologie positive

19 janvier 2019
Que savez-vous de la psychologie positive ?

Dans l’actualité, de nombreux livres évoquent ou présentent un concept « qui est désormais à la mode » : la psychologie positive. Cependant, il est souvent considéré que ce type de littérature « vend de la fumée ». En effet, certains auteurs n’hésitent pas à surdimensionner leur pouvoir. Ils projettent une idée forte selon laquelle après avoir embrassé les axiomes de ce type de psychologie, un monde de roses auxquelles les épines auront été coupées s’ouvrira à nous.

Dans ce type de littérature, on souhaite l’infusion du positivisme chez les lecteurs. Ils qui se sentent alors plus heureux. Néanmoins, ces livres ne substituent en aucun cas la grande aide fournie par les psychologues au cours de leurs consultations.

Bien que la psychologie positive ait trouvé sa place sur les étagères, il est certain que l’idée sur laquelle elle est basée est peu « moderne ». Aristote en parlait pendant des siècles dans ses œuvres du positivisme. Au cours de cet article, nous découvrirons comment ce philosophe a influencé la psychologie positive. Puis, comment il la comprenait et comment ce concept a évolué jusqu’à notre époque.

L’Ethique à Nicomaque

L’Ethique à Nicomaque est une oeuvre écrite par Aristote au cours du IV siècle avant J-C. Nous pouvons y découvrir certains vestiges de ce que nous connaissons aujourd’hui comme étant la psychologie positive. Dans cette oeuvre, Aristote parle de bonheur (eudémonisme), la vertu, la raison pratique et les émotions en tant que pilier de ce qu’il appelait « la bonne vie », quelque que chose qu’il croyait atteignable par tous. Pour atteindre la bonne vie, il est nécessaire de développer des vertus (bonnes habitudes). Mais également de pouvoir compter sur certaines forces.

Pour Aristote, les forces correspondraient aux traits de caractère possédés par chaque individu de manière innée et qui leur permettent d’atteindre le bien-être et le bonheur. Mais, tout le monde ne naît pas avec ces forces indispensables permettant d’atteindre « la bonne vie ».

Par exemple, quelqu’un ayant peu de confiance en soi a par conséquent de grandes difficultés à sortir de sa zone de confort. Néanmoins, Aristote affirme qu’avec le contrôle personnel et l’auto-régulation, on peut acquérir ces forces, même si le changement nécessaire est un exercice de volonté.

« Cela prouve que la fin des actions humaines est le bonheur et que le bonheur consiste à faire les choses de manière juste, en accord avec la vertu ». 

-Aristote-

psychologie positive

La sagesse pratique

Il est important de considérer le concept aristocratique de « sagesse pratique » plus connu sous le nom de phronesis, en relation à ce que nous connaissons aujourd’hui comme la psychologie positive. Pour Aristote, ce concept était la vertu principale de l’être humain : il nous permettrait de prendre de meilleures décisions.

Le psychologue et écrivain américain Seligman et ses collaborateurs dans l’article Positive Psychology Progress Empirical Validation of Interventions réalisèrent des propositions concernant les actions permettant aux individus d’atteindre le bien-être grâce à la « sagesse pratique ». Voici les propositions de Carnicer et Gomez dans leur article Aportaciones de la Psycologia Positiva aplicadas a la formacion del profesorado :

  • Ecrire une fois par jour pendant une semaine trois choses pour lesquelles nous sommes reconnaissants.
  • Rédiger une lettre de remerciement pour une personne important à nos yeux. Nous pouvons la lui envoyer ou lui donner, mais nous pouvons également la conserver.
  • Ecrire dans un carnet tout les souvenirs importants ayant été très positifs et émouvants pour nous. Cet exercice peut durer plus d’une journée car certains souvenirs peuvent nous revenir plus tardivement.
  • Remplir le questionnaire des forces, comme celui présent sur le site web www.viacharacter.org. Il est uniquement nécessaire de se connecter, de choisir notre langue pour répondre aux 120 questions. Il est important d’être sincère pour que le résultat « le soit également ».

Ce type d’actions nous rapproche de la sagesse évoquée par Aristote : il considérait que la vertu devait s’apprendre par le biais de l’expérience. C’est une pensée également adopter par les psychologues Schwartz et Sharpe.

« La vie inflige les mêmes contretemps et tragédies à l’optimiste et au pessimiste, l’unique différence repose dans la capacité de l’optimise à y résister ». 

-Seligman-

psychologie positive

L’exercice actif du bonheur

Il y a une idée très présente dans la psychologie positive et également chez Aristote : on peut avoir une « bonne vie » uniquement en adoptant de nouvelles habitudes et en changeant des attitudes déterminées. De plus, on n’atteindrait la véritable réussite, l’atteinte du bien-être tant espéré, que dans la pratique et la persévérance.

Maintenant que nous en savons plus sur ce concept, l’important est de connaître certains livres intéressants avec lesquels nous pouvons commencer à développer cette idée. De plus, il est important d’avoir une chose à l’esprit. La psychologie positive ne doit pas être utilisée pour cacher le mal-être ou camoufler les problèmes en montrant que tout est fantastique et merveilleux. Nous pouvons l’utiliser à notre avantage à condition de fuir les mensonges qui se développent souvent sur cette branche.