La rasagiline, un traitement de la maladie de Parkinson

17 octobre 2019
La rasagiline est l'un des médicaments les plus utilisés pour traiter la maladie de Parkinson. Découvrez dans cet article les effets de ce médicament, sa pharmacocinétique et ses contre-indications.

La maladie de Parkinson est l’une des maladies neurodégénératives les plus fréquentes. Également commercialisée sous le nom de Azilect, la rasagiline est un médicament très efficace pour traiter cette maladie.

Ce médicament est lié à la sélégiline. Une prise par jour contribue à améliorer les symptômes moteurs. Selon sa fiche technique, la rasagiline est indiquée pour le traitement de la maladie de Parkinson. Aussi bien dans le cadre d’une monothérapie que dans le cadre d’une thérapie coadjuvante en combinaison avec la lévodopa.

Généralement, la rasagiline est plus efficace lorsque prise seule au cours des premières étapes de la maladie. À un stade avancé de la maladie, elle est plus efficace en combinaison avec d’autres médicaments. Au début, elle améliore les signes cliniques moteurs de la maladie ; par la suite, elle améliore la rigidité, la bradykinésie et le tremblement qui caractérisent les phases les plus avancées de la maladie. Différentes études ont largement démontré l’efficacité et la fiabilité de ce médicament.

Comme nous le disions un peu plus haut, la rasigiline est également commercialisée sous la marque Azilect. Une dose de 1 mg doit être administrée par voie orale une fois par jour en combinaison ou non avec la lévodopa. Il n’est pas utile d’ajuster les doses et elle peut être prise avec ou sans aliments. Ce médicament peut être combiné avec d’autres antiparkinsoniens.

Des comprimés de rasagiline

Le mécanisme d’action de la rasagiline

La rasagiline est un inhibiteur sélectif et irréversible de la monoamine oxydase B (MAO-B). Cette enzyme catalyse l’oxydation des monoanimes ainsi que la dégradation des neurotransmetteurs tels que la dopamine. La rasagiline bloque le métabolisme de la dopamine en prolongeant son action dans l’espace synaptique et en augmentant sa concentration dans les segments nigrostriés du cerveau, améliorant ainsi la fonction motrice.

La rasagiline a, qui plus est, un effet neuroprotecteur très puissant. Cet effet est indépendant de son mécanisme d’action principal. Il semblerait que cet effet s’explique par l’aminoindane, un métabolite qui a en soi une activité antiparkinsonnienne. Il agit sur les voies de signalisation intracellulaire liées à l’apoptose.

Bien que chimiquement parlant elle soit similaire à la sélégiline, la rasagiline se différentie par le fait qu’elle ne se métabolise pas à des dérivés d’amphétamine. Par conséquent : le risque d’effets secondaires cardiovasculaires est moins important. Certaines études montrent qu’elle est plus puissante. Le problème est que, dans de nombreux cas, elle est aussi beaucoup plus chère.

 

Les effets secondaires

De façon générale, le profil de tolérance de la rasagiline est très bon. Ses effets secondaires ne sont ni graves ni très intenses. Aucune étude ne montre des taux très élevés d’abandons du traitement à cause des effets secondaires.

Par ailleurs, les effets secondaires de la rasagiline dépendent de la voie d’administration. Dans le cadre d’une monothérapie, les effets secondaires les plus fréquents sont les suivants :

  • Grippe ou infection par le virus influenza
  • Dépression
  • Céphalée
  • Conjonctivite
  • Rhinite
  • Dermatite
  • Douleur musculosquelettique ou cervicale
  • Mal-être

En combinaison avec la lévodopa, les effets secondaires les plus fréquents de la rasagiline sont les suivants :

  • Dyskinésie ou exécution de mouvements anormaux et involontaires
  • Hypotension orthostatique
  • Perte de poids
  • Perte d’appétit
  • Troubles gastro-intestinaux (douleur abdominale, constipation, nausées ou vomissements)
Le mal de tête fait partie des effets secondaire de la rasagiline

Précautions et mises en garde

La rasagiline ne doit pas être utilisée en combinaison avec des antidépresseurs, car les effets secondaires peuvent être graves. Cela a été vérifié avec la fluoxétine et la fluvoxamine. Par conséquent, il ne faut pas combiner la rasagiline avec des médicaments issus des groupes suivants :

  • Autres inhibiteurs de la MAO, y compris certains produits naturels tels que l’herbe de la Saint-Jean
  • ISRS, inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine
  • IRSN, inhibiteurs de la recepature de la sérotonine et de la noradrénaline
  • Antidépresseurs tricylicques
  • Antidépresseurs tetracycliques

Il ne faut pas non plus combiner la rasagiline avec des décongestionnants ou des antitussifs tels que le dextrométhorphane. Les remèdes anti-rhume sont également à éviter car, généralement, ils contiennent ces substances.

Du côté des patients qui souffrent d’insuffisance rénale ou d’une maladie hépatique, il est essentiel de surveiller la fonction du foie au cours du traitement, car la rasagiline est un médicament que l’organisme absorbe très rapidement et qui se métabolise dans le foie à travers le cytochrome P450.

 

  • Agencia Europea del Medicamento (2019). Ficha técnica. Rasagilina. [Online] Disponible en: https://www.ema.europa.eu/en/documents/product-information/rasagiline-mylan-epar-product-information_es.pdf
  • Gipuzkoa, P. (2008). Rasagilina en la enfermedad de Parkinson. Neurología23(4), 238-245.
  • Pagonabarraga, J., & Kulisevsky, J. (2010). Rasagilina: eficacia y protección en la enfermedad de Parkinson. Rev Neurol51, 535-41.