La flexibilité cognitive est plus déterminante que le QI

La flexibilité cognitive est une compétence qui nous permet de prendre de meilleures décisions et qui a également un impact sur le bien-être émotionnel. Apprenez-en plus sur cette notion.
La flexibilité cognitive est plus déterminante que le QI

Dernière mise à jour : 30 novembre, 2021

Le QI est une référence, synonyme de réussite ou condition nécessaire à la réussite pour beaucoup. Cependant, bon nombre des grandes œuvres et découvertes ont émergé de personnes qui, au début, ne se distinguaient pas par ce qui, de manière classique, était considéré comme l’intelligence.

Lorsque vous parlez de flexibilité cognitive, vous faites référence à des traits tels que l’imagination, la créativité , l’empathie et la curiosité. Tout cela implique la capacité d’apprendre à apprendre et à s’adapter à des dynamiques changeantes. Ces vertus, associées à la persévérance, sont au cœur de nombreuses avancées humaines.

Actuellement, l’Université de Cambridge et l’Université technologique de Nanyang mènent une étude sur la flexibilité cognitive. Les chercheurs ne doutent pas que cette qualité soit plus décisive que le quotient intellectuel et c’est pourquoi ils se sont efforcés de trouver les moyens de contribuer à son développement. Voyons de quoi il s’agit.

« La flexibilité cognitive est essentielle à la prospérité de la société. Cela peut aider à maximiser le potentiel des gens à avoir des idées innovantes et trouver des inventions créatives. En fin de compte, ce sont ces qualités dont nous avons besoin pour résoudre les grands défis d’aujourd’hui. »

-Beth Daley-

Femme concentrée à l'ordinateur pensant

Flexibilité cognitive

La flexibilité cognitive peut être définie comme une compétence qui favorise le changement de point de vue et l’adaptation des comportements pour faire face à un nouvel environnement. En général, les gens cherchent à appliquer les schémas ou les concepts appris aux nouvelles réalités, bien que cela ne soit pas vraiment utile.

Par exemple, de nombreuses personnes doivent résoudre de vrais conflits internes afin d’apporter des changements qui leur permettent de s’adapter à de nouvelles circonstances – la même chose se produit avec les entreprises, les institutions et les organisations. Plutôt que de travailler pour s’adapter à une nouvelle réalité, une grande partie de la population est restée immobile, aspirant à « revenir » à l’état antérieur.

Un exemple pas si extrême est celui d’une personne qui emprunte toujours le même itinéraire pour se rendre au travail. Si, un jour, elle constate que des travaux sont en cours sur son parcours habituel, elle dispose de deux chemins : d’un côté, prendre le même itinéraire et être en retard ; de l’autre, trouver un itinéraire alternatif. C’est précisément là qu’intervient la flexibilité cognitive.

Rationalité et créativité

Les chercheurs ont indiqué que la flexibilité cognitive était associée aux régions cérébrales frontales et striatales. Les premières ont à voir avec les processus cognitifs supérieurs et les secondes, avec la récompense et la motivation. Il a été prouvé que si deux personnes ont le même QI, celle qui aura également ce type de flexibilité sera plus performante.

Apparemment, cette capacité se traduit par ce que l’on appelle la « cognition froide ». Il s’agirait d’une forme de rationalité pragmatique, dans laquelle les émotions influencent peu. Elle correspond à un traitement direct des données, sans peur ni colère, par exemple. Ce serait le cas de quelqu’un qui voit du feu dans sa cuisine et jette un chiffon humide dessus pour l’éteindre. Une « cognition chaude » vous inviterait, elle, à appeler les pompiers.

Dans l’ensemble, la flexibilité cognitive met davantage l’accent sur le traitement de l’information que sur d’autres facteurs. Le résultat est une réponse plus rationnelle face aux situations nouvelles. Par ailleurs, tant que le processus – et non l’apprentissage préalable – prévaut, on trouve plus facilement des solutions créatives et innovantes.

Garçon pensant

Empathie et résilience

En général, le QI est davantage associé à ce qu’on appelle « l’intelligence cristallisée ». Il met en évidence la capacité de comprendre de nouveaux contenus, de les assimiler et de les appliquer. De même, il permet de juger d’une situation et d’en tirer des conclusions.

D’autre part, l’intelligence fluide, qui correspond à la flexibilité cognitive, implique avant tout la capacité de raisonner et de contraster les données. Ceci, à son tour, a des répercussions sur la cognition en tant que telle, mais aussi sur les compétences émotionnelles et sociales. Cette capacité d’adaptation de base a pour effet une plus grande résilience, c’est-à-dire une plus grande capacité à assumer et à surmonter des situations difficiles.

D’un autre côté, la flexibilité cognitive permet également aux gens de développer plus d’empathie. Elle génère un esprit beaucoup plus ouvert pour juger les autres, ce qui chasse les préjugés. L’empathie et la résilience permettent à une personne d’avoir un plus grand bien-être émotionnel.

L’étude de Cambridge et Nanyang a montré que l’entraînement à la flexibilité cognitive générait des progrès significatifs chez les enfants autistes et chez les personnes âgées. En général, toute personne en profite lorsqu’elle renforce et développe sa capacité d’adaptation et trouve de nouvelles voies pour sortir d’une difficulté.

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  • Introzzi, I., Canet-Juric, L., Montes, S., López, S., & Mascarello, G. (2015). Procesos Inhibitorios y flexibilidad cognitiva: evidencia a favor de la Teoría de la Inercia Atencional. International journal of psychological research, 8(2), 60-74.