La dysphorie post-coïtale : caractéristiques et causes

23 avril 2019
Qu'est-ce que la dysphorie post-coïtale ?

Certaines études signalent que 10% de la population a déjà connu une dysphorie post-coïtale. Il s’agit d’un sentiment de tristesse inexplicable après avoir eu une relation sexuelle. Mais cette situation n’est pas liée à la façon dont a eu lieu cette relation. Même si elle a été source de plaisir, la personne se sent déprimée.

En réalité, la dysphorie post-coïtale n’est ni considérée comme un trouble, ni comme un dysfonctionnement. Dans la majorité des cas, ce n’est rien d’autre qu’une sorte de gêne émotionnelle qui n’a pas plus de transcendance que cela. Cependant, si cet état se maintient trop longtemps, cela veut dire qu’il y a un problème sous-jacent.

Jusqu’à maintenant, la science n’a pas réussi à expliquer le mystère de cet état émotionnel. Plusieurs théories existent à ce sujet. Il convient cependant de préciser qu’aucune ne parvient à expliquer tous les cas. La dysphorie post-coïtale peut être provoquée par de nombreux facteurs.

cas de dysphorie post-coïtale

Qu’est-ce que la dysphorie post-coïtale ?

Le Journal of Sexual Health a publié une étude dans laquelle on détaille les caractéristiques de la dysphorie post-coïtale. Même si elle peut varier d’une personne à une autre, l’élément central est la présence d’une sensation de tristesse, qui apparaît juste après la culmination du coït. Cette sensation est alors inexplicable car elle n’a aucun lien avec le plaisir ressenti.

Le plus habituel est que cet état de tristesse dure quelques minutes pour ensuite disparaître sans laisser de traces. Cependant, certaines personnes ressentent cette sensation pendant plusieurs heures. Il est même déjà arrivé que des personnes en fassent l’expérience pendant plusieurs jours.

La sensation ressentie est décrite comme une sorte de vide existentiel. La personne a envie de pleurer, mais elle ne sait pas pourquoi. Elle ressent aussi de l’irritabilité, est de mauvaise humeur et a envie de s’isoler.

Les causes physiologiques

Selon les docteurs Brian Bird, Robert Schweitzer et Donald Strassberg, qui ont beaucoup étudié ce sujet, au cours d’une relation sexuelle, une révolution hormonale se produit. Ensuite, après l’orgasme, il y a une sorte de tentative de stabilisation subite. Cette dynamique fait alors brusquement baisser les niveaux d’hormones, et c’est comme cela que surgit la dysphorie.

De son côté, le docteur Richard A. Friedman, directeur de la clinique psychopharmacologique du Weill Cornell Medical College, explique qu’une forte baisse de l’activité de l’amygdale cérébrale se produit au moment de l’orgasme. Or, cette zone est liée au traitement de la peur.

Ainsi, au cours des relations sexuelles, la peur et toutes les sensations associées diminuent. Après l’orgasme, le cerveau veut rapidement récupérer ces sensations car elles sont essentielles à la survie. C’est pour cette raison que ces émotions refont brusquement leur apparition, en conduisant la personne à ressentir une étrange sensation de vide.

Les causes psychologiques

L’être humain n’est pas seulement un être biologique. Tout ce qui nous arrive ne peut pas uniquement s’expliquer en termes d’hormones ou de neurotransmetteurs. Si c’était le cas, tous les cas de dysphorie post-coïtales se ressembleraient. Or, on sait qu’il existe de nombreuses variations à ce sujet. Et c’est sans doute parce que des éléments symboliques qui se traduisent par des sentiments sont impliqués.

Certains psychologues ont signalé que l’intensité de la dysphorie post-coïtale est plus élevée et durable chez les personnes qui ressentent des sentiments contradictoires par rapport au sexe. Elles se sentent parfois coupables de ressentir du plaisir sur le plan sexuel à cause d’une éducation très stricte ou de traits de caractère qui les poussent à culpabiliser.

Par ailleurs, il est possible que ce sentiment de dépression naisse de l’impossibilité à atteindre un orgasme total. La personne se sent alors frustrée et ceci se traduit par une dysphorie post-coïtale.

dysphorie post-coïtale

Quand faut-il s’inquiéter ?

Comme nous l’avons déjà souligné, la dysphorie post-coïtale est tout à fait normale dans la majorité des cas. On sait cependant que son incidence est un peu plus élevée chez les femmes. Si elle se présente mais disparaît au bout de quelques minutes, il n’y a aucune raison de s’inquiéter.

La durée de cet état est un facteur à prendre en compte, tout comme son intensité. Si la dysphorie dure longtemps et est ressentie de façon très intense, il est probable que d’autres problèmes se cachent derrière elle. Elle pourrait n’être que la manifestation d’un état dépressif plus sévère et, dans ce cas, une aide professionnelle serait nécessaire.

Par ailleurs, si la tristesse dérive de relations sexuelles peu satisfaisantes ou de l’attitude du compagnon/de la compagne, la dysphorie se transforme en signal d’alarme et indique que quelque chose ne va pas dans le couple. Dans tous les cas, il vaut mieux consulter un professionnel si le problème se maintient dans le temps.

 

  • Araya Baltra, R., Rojas Castillo, G., & Fritsch Montero, R. (2000). Depresión y género en Santiago de Chile. Acta Psiquiatr Psicol Am Lat, 46(4), 325-35.