La blessure de la séparation : le droit fondamental à l’attachement

· 16 août 2018

La blessure causée par la séparation d’un enfant de ses parents ne s’oublie jamais. Elle est immense, déchirante et laisse des séquelles qui perdurent dans le temps de manière quasiment irréparable. Cette sensation est expérimentée par de nombreux enfants qui ont été séparés de leurs parents de manière soudaine (et violente) à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique.

Certains images dévoilent d’une certaine manière l’essence déshumanisée et négative de notre race. Au courant du mois de juin, les médias du grande partie du monde communiquaient des photographies et vidéos de la vallée du Rio Grande, au sud du Texas. Là-bas, le long de la frontière, un ensemble d’installations s’était érigé. Dans des cages métalliques, on entassait des dizaines d’enfants qui pleuraient et posaient des questions concernant leurs parents.

Reconnaître l’impact de la blessure causée par la séparation prolongée de parents et de leurs enfants nous oblige à établir des moyennes afin de garantir le fait que les familles ne soit séparées sous aucune condition et ce, peu importe les circonstances.

Ces enfants étaient des filles et fils d’immigrants d’Amérique centrale qui venaient d’entrer illégalement dans le pays. Ils étaient petits et durent vivre un moment très traumatisant : être séparés violemment de leurs progéniteurs. On sait depuis le mois de mai que le gouvernement des Etats-Unis a séparé plus de 2000 enfants de leurs parents en suivant la politique de la « tolérance zéro » énoncée par Donald Trump.

Face à la pression sociale, le Président a désormais révoqué cette politique. Cependant, on sait que beaucoup de regroupements n’ont pas encore été effectué. Comme le peuvent l’expliquer les experts en psychologie infantile, le mal est déjà fait et la blessure que ce traumatisme peut avoir laissé chez les enfants sera pour beaucoup irréparable.

Donald Trump et la blessure de la séparation parents-enfants

La blessure de la séparation, une marque ineffaçable

L’image qui introduit cet article a fait le tour du monde pour son expressivité, pour ce rictus d’angoisse et de désarroi perceptible sur un visage infantile. C’est une petite fille de 2 ans originaire du Honduras qui vient d’être détenue avec sa mère à la frontière. Dans ce cas, on sait que la mère et la fille ne furent pas séparées. Cependant, la fillette n’est pas étrangère au sentiment d’angoisse, à la menace des autorités, et à la peur que le visage de sa mère a pu démontrer.

Les psychologues étudient l’effet du traumatisme sur l’esprit infantile depuis plus de 70 ans. On sait que rien ne peut davantage affecter le développement physique, neurologique et émotionnel que le traumatisme causé par une séparation. Cela est dû à la privation provisoire ou prolongée de l’attachement des parents. Une grande partie des 2000 enfants séparés de leurs familles et placés dans des centres et internats ont été mis à distance de leurs mères, pères et oncles de la pire manière possible : avec violence.

Ce fait intensifie d’autant plus l’effet du traumatisme. On sait qu’après ces séparations, les petits passent par trois phases : protestation, désespoir, et plus tard le détachement. Dans certains cas, la bonne alimentation et l’accomplissement des besoins physiques n’a plus d’importance. Le vide causé par le manque des parents et l’absence de cette figure familiale apportant de l’affection, de la sécurité et de l’affection positionne les enfants dans un état de vulnérabilité absolue.

blessure de la séparation parents-enfants

L’angoisse, l’origine de la blessure

La blessure de la séparation part d’une source indiscutable : l’angoisse. L’être humain est programmé pour répondre de cette manière. En fait, lorsque nous sommes séparés de notre famille et de ceux qui représentent notre noyau social principal, nous expérimentons une combinaison de stress, peur et incertitude. Toutes ces émotions définissent l’angoisse émotionnel. Même si les parents sont mauvais, la simple expérience de la séparation nous positionnera dans un état de désespoir absolu.

Peu à peu, la situation d’angoisse maintenue altérera la physiologie de l’enfant. Le stress et les hormones telles que le cortisol commencent à ravager l’organisme encore immature, le cerveau encore en croissance et le traumatisme se consolidera peu à peu dans l’esprit.

L’attachement est un droit fondamental de l’être humain

Aucun enfant ne devrait expérimenter la séparation traumatique de ses parents. Dans l’actualité, et au vu des phénomènes migratoires que l’on observe chaque jour dans le monde, une priorité essentielle devrait être établie : le regroupement familial. Nous ne pouvons pas oublier les évènements déjà vécus auparavant par ces enfants : abandon du foyer, de la maison, dureté du voyage qui n’est jamais simple et confortable.

Si nous ajoutons à cela la séparation et l’isolement, l’impact sera alors dévastateur. Les enfants grandiront avec d’importants troubles psychologiques et de graves problèmes d’intégration. Il est nécessaire de défendre le droit à l’attachement comme quelque chose de fondamental pour l’être humain. C’est comme un fil qui ne devrait jamais se rompre entre un enfant et ses parents.

 

En fin de compte, comme le disait John Bowlby, un jeune enfant ne sait pas encore ce qu’est la mort, mais il sait à quoi correspond l’absence d’une mère ou d’un père. Si les seules personnes qui peuvent satisfaire leurs besoins ne sont pas là, l’enfant ressentira une angoisse immense qui se transformera en la pire des menaces. La blessure de la séparation commencera à s’ouvrir en état ensuite plus difficile à fermer.