Josef Breuer, précurseur de la psychanalyse

2 août 2019
Josef Breuer était un chercheur rigoureux, qui a apporté d'importantes contributions à la médecine et à la physiologie. Il fut aussi un professeur et ami de Sigmund Freud et celui qui fut chargé d'ouvrir les premiers horizons de la psychanalyse freudienne.

Josef Breuer était un médecin et un physiologiste de premier plan qui a joué un rôle déterminant dans la génèse de la psychanalyse. Il rencontra et se lia d’amitié avec Sigmund Freud qui, d’une manière ou d’une autre, le voyait comme une figure paternelle et attachante, de sorte qu’il avait toujours une grande affection et du respect pour lui. L’admiration et l’amitié étaient réciproques.

Avec Freud, Breuer a écrit une partie de la première édition d’Etudes sur l’hystérie, l’ouvrage fondateur de la psychanalyse. Il fut aussi le premier à s’occuper de la très célèbre Anna O., qui devint la première patiente à être traitée par la méthode psychanalytique, après que Josef Breuer l’eut référée au cabinet de Freud.

C’est aussi ce fantastique médecin autrichien qui a découvert la relation entre la respiration et la température corporelle. En plus de la relation entre l’oreille et l’équilibre. Il est considéré comme le créateur de la méthode cathartique, précurseur de la méthode de libre association utilisée en psychanalyse. Mais découvrons cela progressivement, commençons par une brève revue de sa vie jusqu’à comprendre l’ampleur de ses découvertes.

Josef Breuer et le cas d'Anna O
Anna O

La première étape de la vie de Josef Breuer

Josef Breuer est né à Vienne (Autriche) le 15 janvier 1842. Son père était une figure importante du judaïsme, une religion que Breuer n’a jamais professée fermement, mais dont il n’a jamais pris ses distances.

Sa mère est morte quand il n’avait que 4 ans. Depuis lors, il fut pris en charge par son père et sa grand-mère maternelle. En 1859, à l’âge de 19 ans, il commença ses études de médecine à l’Université de Vienne. Breuer y a été l’élève de grands scientifiques de l’époque, tels que Karl Rokitansky et Josef Skoda.

Il a également étudié sous la direction de Johann Ritter von Oppolzer, un célèbre médecin interniste viennois. Il le prit comme assistant à l’hôpital général de Vienne. Plus tard, il a rejoint le laboratoire de physiologie d’Ewald Hering, qui développait des études sur la perception.

En laboratoire, il a découvert la fonction du nerf pneumogastrique dans la régulation thermique du corps par la respiration. Cette découverte a donné à Breuer une grande reconnaissance dans le domaine médical. Par la suite, il a poursuivi ses recherches et a réussi à établir la relation entre l’oreille et l’équilibre.

La rencontre avec Sigmund Freud

En 1871, Josef Breuer décide de se consacrer à la pratique privée de la médecine. Il a eu des patients prestigieux tels que Franz Bentano et Johannes Brahms. Il alternait sa pratique avec la recherche et l’enseignement à l’Institut de physiologie de l’Université de Vienne, où il a noué une grande amitié avec l’un de ses étudiants, Sigmund Freud, en 1877.

Depuis la fin de 1870, Josef Breuer était attiré par la psychologie. Il montrait un grand intérêt pour l’hypnose, qui était très en vogue à l’époque. Ses patients étaient pour la plupart des femmes riches avec des symptômes hystériques. C’est probablement ce qui a éveillé son intérêt pour les phénomènes psychiques.

Freud partageait ces mêmes préoccupations et c’est peut-être à cause de ces intérêts communs qu’ils sont devenus de grands amis. Breuer lui a prêté une grosse somme d’argent pour que le père de la psychanalyse puisse établir son cabinet privé. Il l’a également guidé pour commencer sa carrière médicale. Sans s’en rendre compte, chacun d’eux, à sa manière, a commencé à devenir un spécialiste des troubles psychiques.

Josef Breuer, le précurseur de la psychanalyse

Anna O et l’hystérie

Josef Breuer a commencé à s’occuper de la patiente qui est entrée dans l’histoire sous le nom d’Anna O. Il a travaillé l’hypnose avec elle et a obtenu de grands résultats. Cependant, elle a montré une affection particulière pour lui qui a fini par mettre le médecin mal à l’aise. La relation professionnelle a atteint un point de rupture irréconciliable quand Anna O. a assuré, dans un moment de délire, qu’elle donnait naissance au fils du Dr Breuer.

C’est à ce moment-là que Breuer décida de donner l’affaire à Freud et ce fait fut décisif pour le développement théorique et pratique de la psychanalyse. Ce fut aussi le point de départ d’une rupture entre les deux célèbres autrichiens. En conclusion, Freud était prêt à lancer une théorie définitive sur l’hystérie, mais avec laquelle Breuer ne serait pas d’accord.

Entre-temps, Breuer a facturé à Freud l’argent qu’il lui devait. Ce dernier a montré son mécontentement qui, ajouté aux désaccords théoriques qu’il avait déjà eus avec son mentor, provoquerait un refroidissement et une distanciation énormes dans leur relation. Bien que Breuer n’a jamais cessé de suivre la trace de son brillant élève.

Lorsque Breuer mourut en 1925, Freud envoya un message de condoléances à son fils. Il lui répondit en commentant l’intérêt de son père pour les progrès de la psychanalyse. Freud, à son tour, répondit : « Ce que vous avez dit sur la relation de votre père avec mes dernières œuvres fut nouveau pour moi, et cela a agi comme un baume sur une blessure douloureuse qui ne s’était jamais refermée. »

Ainsi, avec une saveur aigre-douce, l’une des relations les plus fructueuses de l’époque a pris fin. L’admiration ne s’est jamais estompée, mais les différences étaient plus fortes et ils sont restés éloignés. Aujourd’hui, les deux noms sont étudiés et reconnus, bien que celui de Freud puisse résonner davantage dans des environnements plus communs. Cependant, il ne faut pas oublier que Josef Breuer a été une figure décisive de la psychanalyse.

 

  • Bedó, T., & Rocco, I. M. (1976). A propósito de la contribución de Josef Breuer a los Estudios sobre la histeria. México: Siglo Veintiuno Editores.