Indira Gandhi : biographie de la dame de fer asiatique

29 avril 2019
Connue sous le nom de Dame de fer indienne, Indira Gandhi a non seulement promu l'indépendance de son pays, mais a également contribué à en faire un pays stable dans le temps. Un personnage à l'histoire contrastée, qui a dû faire face à de graves révoltes indépendantistes et à d'importantes accusations de corruption et de mauvaise gestion politique. Sa vie est un roman et nous voulons vous en dire plus sur elle.

Aujourd’hui, nous allons vous présenter un personnage controversé comme peu d’autres. Aimée et détestée presque également, cette dame de fer a gouverné son pays en temps de grand conflit. Les jeunes générations occidentales ne connaissent souvent pas Indira Gandhi. Nous voulions donc vous repasser le film de sa vie. Et vous présenter la figure politique majeure qu’elle a été.

Indira Gandhi a été la première femme à occuper le poste de Premier ministre en Inde. Sa mère était une défenseure des droits des plus défavorisés. Son père, Jawaharlal Nehru, était le chef du mouvement pour l’indépendance de l’Empire britannique. Et a également occupé le poste de Premier ministre de l’Inde.

Le passage d’Indira Gandhi en politique l’a confrontée aux grandes puissances mondiales. Et c’est elle qui a fait de l’Inde la cinquième puissance nucléaire. Son travail en tant que première figure politique de l’Inde n’a définitivement jamais été un long fleuve tranquille.

Ses premières années

Indira Gandhi est née à Allahabad le 19 novembre 1917 ; on dit qu’enfant, elle admirait Jeanne d’Arc. Sa mère est morte quand Indira était encore très jeune. Et son père vivait loin d’elle en raison de son dévouement total à la politique de son pays. Elle a hérité de la vocation politique de son père et d’un désir précoce de servir son pays.

Des tuteurs triés sur le volet ont éduqué Indira Gandhi à domicile pendant un certain temps. Jusqu’à ce qu’elle fréquente une école chrétienne à Delhi. Puis à Genève. Elle a essayé de terminer ses études à Oxford après la mort de sa mère. Mais le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale a contrecarré les aspirations universitaires d’Indira Gandhi.

Pendant son séjour à Oxford, Indira a rencontré un ami, qui allait devenir son mari quelques années plus tard, Feroze Gandhi. Ils se marièrent en mars 1942 et eurent deux enfants. Après une brève histoire d’amour, son mariage allait échouer à cause des infidélités de son mari.

Indira Gandhi et ses deux fils

Son ascension politique

De retour en Inde, Indira Gandhi s’est intéressée à la politique et a commencé à collaborer avec son père, alors Premier ministre indien, jusqu’à devenir son bras droit.

Elle rejoint le Parti du Congrès et soutient activement son père dans la lutte pour l’indépendance de l’Inde. Un mouvement dirigé par Mahatma Gandhi, avec lequel elle n’avait aucun lien de parenté malgré le partage d’un nom de famille. L’Inde a obtenu son indépendance de la domination britannique le 15 août 1947.

Pendant les premières années de l’indépendance indienne, Indira a connu une carrière parallèle à celle de son père jusqu’à sa mort en 1964. Indira Gandhi commença alors à assumer différents portefeuilles ministériels, se plaçant au premier rang des figures politiques de son pays.

En 1966, Indira a été proposée comme secrétaire générale du Parti du Congrès et, immédiatement après, elle a été élue comme nouveau Premier ministre de l’Inde. Elle est ainsi devenue la première femme en Inde à atteindre une telle position politique.

Certains de ses biographes soulignent que la nomination d’Indira Gandhi au poste de Premier ministre a été fomentée dans une tentative du parti d’élire quelqu’un de manipulable, quelqu’un dont la fonction principale serait d’être l’image du parti, mais sans participer aux décisions importantes. Pour autant, Indira Gandhi ne s’est absolument pas prêtée à ce jeu de dupes. De telle sorte que, dès le début, elle s’est fait beaucoup d’ennemis dans ses propres rangs.

La politique d’Indira Gandhi

On l’a élue Premier ministre à deux reprises : de 1966 à 1977, puis en 1980 jusqu’à son assassinat en 1984. Le premier mandat d’Indira Gandhi au poste de Premier ministre de l’Inde s’est caractérisé par sa politique progressiste et un effort de médiation visant à renforcer les liens entre les pays non alignés.

Cette position clairement progressiste a été menacée à maintes reprises par son propre parti. Malgré cela, elle a mené des programmes de modernisation de l’agriculture, parmi lesquels se distinguent nettement les propositions connues sous le nom de Révolution verte et Révolution blanche, fondées sur la protection des semences, des cultures et de la production laitière. Ces réformes ambitieuses visaient à mettre un terme à la malnutrition en Inde.

Indira Gandhi a également développé un programme nucléaire et spatial. Tout en remportant de nombreuses victoires dans la guerre contre le Pakistan et la création ultérieure du Bangladesh. Ses stratégies de politique étrangère l’ont sérieusement confrontée aux intérêts américains dans la région. Et en particulier, au président Nixon, qui l’a surnommée « la vieille sorcière ».

Malgré cela, en 1971, après les dernières élections, Indira Gandhi n’a pas été en mesure de tenir nombre de ses promesses électorales. Le gouvernement de Gandhi commençait à prendre des mesures extrêmement impopulaires et était accusé de corruption et de fraude électorale.

Ces événements provoquèrent de nombreuses tensions en Inde et Indira Gandhi a été poussée à démissionner de son poste de Premier ministre. A ce moment, elle fut frappée d’inéligibilité pour une durée de six ans.

Pour autant, la première femme Premier ministre de l’histoire indienne considéra immédiatement qu’elle avait été victime d’un complot. Elle refusa donc d’être contrainte à la démission et décréta l’état d’urgence en Inde en 1975. Soutenue par son fils, elle censure également la presse et emprisonne ses opposants.

A tout cela se mêlent les ambitions de son fils Sanjay. Il lança au même moment un terrifiant programme de stérilisation de masse en Inde sous prétexte de combattre la surpopulation qui, selon lui, rendait le pays parfaitement ingouvernable. Toutes ces mesures impopulaires conduisent à de nouvelles élections qui laissent Indira Gandhi et son fils hors de la présidence indienne.

Indira Gandhi assassinat

Réélection et assassinat

Malgré sa chute, Indira sera réélue en 1980, date qui coïncide avec la mort de son fils Sanjay dans un accident d’avion. Durant cette nouvelle période au pouvoir, le gouvernement d’Indira Gandhi doit faire face aux exigences séparatistes de certains États indiens comme le Pendjab. Ce territoire à majorité sikh était à l’époque dirigé par un chef spirituel qui a commencé à harceler violemment le pouvoir central de l’Inde.

Selon certaines théories, les factions séparatistes auraient été nourries par les services secrets de pays pour lesquels la politique d’Indira Gandhi représentait une menace. Quoi qu’il en soit, les tentatives d’indépendance finissent par avoir raison de la patience d’Indira Gandhi. Elle ordonne, d’une main ferme, la prise du centre névralgique des sikhs, le Temple d’Or.

Cet attentat a fait des centaines de morts parmi les sikhs indépendantistes. Ses conséquences ont été des plus lourdes : une haine viscérale est désormais actée entre le pouvoir central indien et les membres des communautés sikhs séparatistes.

En 1984, deux des gardes du corps les plus proches d’Indira Gandhi lui ont tiré dessus à bout portant dans sa propre maison. Il semble que les deux assassins étaient des militants sikhs infiltrés.

Après le meurtre d’Indira Gandhi, dans le nord de l’Inde, la persécution contre les Sikhs a débuté dans un déchaînement de violence. Cela a conduit à une série d’émeutes qui ont coûté la vie à des milliers de personnes en Inde.

Un héritage contrasté

La présence d’Indira Gandhi dans le gouvernement de son pays a deux facettes très distinctes l’une de l’autre. D’une part, elle a contribué très favorablement à la constitution de l’Inde en tant que pays indépendant. Mais aussi en tant que pays autosuffisant. Et elle l’a poussée à devenir une puissance mondiale.

D’autre part, pour atteindre ses objectifs, elle ne semble pas avoir hésité à recourir à la corruption. Et à prendre des mesures qui, dans certains cas, étaient totalement erronées et malheureuses.

Tout au long de sa trajectoire politique et de vie, le personnage historique d’Indira Gandhi semble prendre en charge différents types de personnalité et de leadership qui ont tenté d’être expliqués par la psychologie sociale. Un personnage ambigu à bien des égards, mais qui mérite qu’on le connaisse et qu’on l’étudie.