Helen Keller, l’enfant devenue une légende

· 12 juin 2015

Nous sommes certains que vous allez adorer l’histoire d’Helen Keller.

Helen est née à la fin du 19ème siècle dans un petit village de l’Alabama, aux États-Unis. Peu de temps après avoir fêté ses un an, elle ressentit une fièvre très forte qui la plongea dans un état très grave pendant plusieurs semaines et frôla la mort (de nos jours, les médecins supposent qu’il s’agissait de la méningite ou de la scarlatine). Tout le monde pensait qu’elle allait mourir, mais miraculeusement, elle s’en est remise.

Mais le bonheur ne dura pas. À cause de la maladie, Helen était devenue sourde et aveugle. Sa famille se posa alors de nombreuses questions.

Comment faire avec un bébé qui n’entend pas et ne voit pas ? Comment rompre les barrières de son monde obscure et plongé dans le silence ? Quel destin espérer pour quelqu’un à qui il manque deux sens ?

L’enfant était agitée. Elle ne faisait que crier et se révolter. Les colères et les scènes de désespoir s’enchainaient jour après jour.

Le plus beau de cette histoire, c’est que jamais ses parents n’envisagèrent de baisser les bras. Ils décidèrent de rentrer en contact avec le grand Alexander Graham Bell (inventeur du téléphone), qui enseignait aux jeunes sourds comment communiquer.

Celui-ci conseilla à la famille Keller de s’adresser à l’Institut Perkins pour les non-voyants, à Watertown, dans le Massachusetts. Ils se rendirent donc dans cet Institut, où Helen rencontra celle qui deviendra son pilier pour les 49 années suivantes : Anne Sullivan.

Une enseignante, un monde

Anne Sullivan avait à peine 20 ans mais avait une grande volonté d’aider. La nouvelle institutrice s’engagea à sortir Helen de ce monde obscure dans lequel elle était coincée.

Avec une patience inimaginable, l’enseignante voulu d’abord tenter de contrôler son caractère. Pour cela, il fallait qu’Helen soit coupée de sa famille. Elle l’emmena alors vivre dans une petite maison, dans laquelle elle lui apprit les règles de discipline.

Elle lui enseigna ensuite les premiers mots grâce à ses mains. Elle traça plusieurs fois un signe avec ses doigts dans la paume d’Helen, qui comprit ensuite que ce signe signifiait « eau ».

Ainsi commença le merveilleux processus pour rebaptiser son monde. Le plus incroyable, c’est qu’elle était parvenue à rompre la grande barrière qui les empêchait de communiquer.

Le plus dur fut d’apprendre à Helen à parler. Pour cela, l’enseignante utilisa la méthode Tadoma. L’élève touche les lèvres de la personne qui parle, ou touche sa gorge pour ressentir les vibrations.

Anne Sullivan épelait ces mêmes sons dans le creux de la main d’Helen, ce qui lui permit d’apprendre le langage par le toucher. Ensuite, Anne lui apprit à lire et à écrire grâce au système d’écriture du Braille. Ainsi, l’enfant apprit le français, l’allemand, le grec et le latin.

Helen débuta alors un long parcours de dépassement de soi, extrêmement émouvant. Elle ne fut pas simplement la première personne sourde et aveugle à obtenir un diplôme universitaire (avec mention), elle devint également une écrivaine et conférencière très sollicitée à son époque.

Son autobiographie « Sourde, muette, aveugle : histoire de ma vie » s’est vendue à des milliers d’exemplaires. Avec Anne Sullivan, elle voyagea dans plus de 39 pays et devint une amie proche de Charlie Chaplin et de Mark Twain. Le président Lyndon Johnson lui remit même la Médaille Présidentielle de la Liberté.

Helen Keller fut également une socialiste active et lutta sans relâche pour améliorer les conditions des personnes non-voyantes, dans son pays et dans le monde entier.

Elle mourut apaisée et heureuse à 88 ans. Une des ses phrases les plus connues est : « La vie est une aventure audacieuse ou elle n’est rien »

Impensable pour une petite fille qui paraissait condamnée à rester murée dans le silence, n’est-ce pas ?

Photo : Mikasi – Vía Flickr