Embrassez votre côté obscur, rencontrez vos démons

· 27 septembre 2018

Cherchez un endroit tranquille et asseyez vous. Réservez-vous ce moment. Utilisez le pour faire connaissance avec votre côté obscur. Oubliez le bruit des tâches en cours et des « au cas où »… Laissez votre voix plaignante et parfois impertinente s’éteindre peu à peu. Allez à la rencontre du silence, ce compagnon à l’apparence si troublante pour ceux qui ne savent pas l’apprécier, mais si gratifiante pour ceux qui sont capables d’en découvrir l’essence. Ecoutez-le.

Vous pensez peut-être qu’il est impossible de capter quoi que ce soit lorsque l’interlocuteur est le silence ; mais tentez le. Souvent, il est le pont, le chemin vers le contact avec nous-même. Dans ce cas, avec notre intérieur. N’ayez crainte, et surtout ne fuyez pas.

Il n’y a rien de mal à se regarder dans le miroir, à se toucher la peau et à frôler les blessures que nous faisons habituellement en sorte de laisser de côté. N’éloignez pas votre regard et ne fermez pas les yeux pour faire comme si de rien n’était alors que vous sentez la douleur qui vous emplit lorsque vous vous asseyez. Embrassez votre côté obscur, rencontrez vos démons. Connectez-vous avec vous-même.

se recentrer sur soi et son côté obscur

L’obscurité des blessures

Regarder en face la souffrance n’est bien entendu pas une expérience agréable. Les fantasmes qui transitent dans nos souvenirs peuvent être très intimidants et parfois trop autoritaires. Ils connaissent parfaitement nos zones sensibles, nos zones les plus instables et les chemins sombres recouvrant les racines qui scindent profondément notre peau.

Ces fantasmes sont les empreintes de notre passé, les souvenirs qui nous rattachent à la douleur du vécu, l’alimentent et contribuent même parfois à la laisser se développer, nous empêchant de surmonter les obstacles. Si vous ne les en empêchez pas, ces empreintes se transformeront en un monstre qui vous terrifiera : la peur du rejet, la peur de la solitude, la peur de l’échec… Ce seront différents déguisements, différents masques qui couvriront une fausse croyance à laquelle vous êtes attachés : l’incapacité d’atteindre le bonheur.

Savez-vous que les blessures ont également leur côté obscur ? On aperçoit la tristesse du gris, la douleur des épines et la décadence de l‘illusion. C’est une zone dangereuse dans laquelle nous pouvons finir par devenir prisonnier. Son but est de concentrer votre vie sur la souffrance. C’est une toile d’araignée subtile qui vous attrape petit à petit.

Les blessures ont elles aussi leur côté obscur, cette zone dangereuse qui nous pousse à vivre autour de la souffrance.

Il n’est pas facile de se libérer des fragments du passé, surtout lorsqu’ils s’accrochent profondément à votre peau et que vous avez recours à l’auto-déception. La douleur a mille et une manières de s’exprimer. Même lorsque vous pensez être libre de son emprise il peut en être autrement ; et ce surtout lorsque vous avez tendance à l’éviter.

Le corps peut également être pour la douleur un moyen d’être présente. David Alexander, professeur et directeur du centre de recherche en traumatologie à Aberdeen affirme que « les gens ayant souffert de blessures émotionnelles traduisent souvent leur douleur dans quelque chose de physique. »

Pour cette raison, mieux vaut ne pas laisser de côté le côté obscur de vos blessures et leur influence sur votre quotidien. Il peut être si astucieux et perspicace qu’il est capable de vous faire changer de point de vue vis-à-vis de la réalité. De cette manière, vous finissez par être enfermé dans une spirale de souffrance infinie à vos yeux.

« Aussi brutal que cela puisse paraître, il n’y a pas de cicatrice, 

qui ne renferme pas de beauté en elle.

Une histoire ponctuelle se trouve en elle,

une certaine douleur. Mais également sa fin.

Les cicatrices sont en fait les coutures

de la mémoire,

une chute imparfaite qui nous soigne

en nous faisant du mal. La manière

qu’a trouvé le temps

pour nous pousser à ne jamais oublier les blessures ».

-Marwan-

La lumière qui naît de votre côté obscur

Tout comme votre côté obscur peut briser votre existence, il a la capacité de vous faire grandir. Cela paraît contradictoire n’est-ce pas ? Mais c’est ainsi. L’océan de la souffrance est immense mais n’oubliez pas que si vous regardez de l’autre côté, vous pourrez observer la terre ferme. La clé se trouve dans l’équilibre.

Une fois identifiée et comprise, il s’agit d’aller au-delà de l’expérience douloureuse. Bien que votre cœur ne soit rempli de douleur, vous pouvez valoriser ce qu’il se passe autour de vous. Bien que vous n’en ayez parfois l’impression, la réalité n’est pas que souffrance. En revanche, si vous vous concentrez uniquement sur vos épines, si vous ne voyez pas au-delà de vos blessures, votre esprit croira que c’est l’unique chose qui existe.

La souffrance est là, l’important est de décider de gagner en maturité et de grandir au rythme de ses vagues plutôt que de faire le choix de se noyer. Comment faire ? Embrassez votre côté obscur, embrassez vos monstres et vos démons.

Selon le psychiatre suisse Carl Jung,  le côté obscur de notre personnalité était « l’archétype de l’ombre ». C’est le sous-sol où se cachent nos instincts les plus réprimés, nos intérêts les plus affiliés et nos désirs les plus irrésistibles.

« Si nous souhaitons voir la lumière, nous devons d’abord nous immergé dans nos profondeurs les plus obscurs. »

amour propre et côté obscur

 

Nous souffrons tous à un moment donné, ce qui importe est d’être capable de le reconnaître, de l’accepter et de le ressentir avec bonté et sans violence. Ne soyez pas si durs avec vous-même. Une fois que vous aurez fait cela, observez la manière qu’elle a de se générer, ses causes et sa véritable nature. Quelles pensées alimentent cette souffrance ? Quels actes lui donnent du pouvoir ? Quels sentiments la font vibrer à nouveau ? Souvent, nous mettons de l’huile sur le feu de nos mots, de nos actions et de nos pensées sans même nous en rendre compte.

La pas suivant sur le chemin de la libération est de cesser de créer de la souffrance en évitant de faire tout ce qui la provoque. Ce pas requière de la patience, beaucoup d’effort, et bien entendu de la pratique. Vous avez en vous mille et une façons de vous faire du mal, elles sont quasiment toutes associées à vos pensées et automatismes. La clé repose dans le fait de les détecter et de comprendre que rien n’est permanent et que vous avez la capacité de transformer votre vie. Vous n’êtes pas une marionnette. 

Il est certain que le fait d’analyser notre intérieur n’est pas un processus simple. Il faut traverser des murs et briser des coquilles pour atteindre le chemin vers la lumière illuminant notre quotidien, le sentier du bien-être. La transformation ne sera pas immédiate, elle sera graduelle.

Aller au-delà de votre côté obscur nécessite du temps, mais c’est le prix à payer pour mettre fin à vos souffrance et faire la paix avec elle. Souvent, les monstres qui nous gouvernent ne sont rien de plus que des peurs nous demandant de l’aide…

« On ne s’illumine pas en imaginant des figures de lumière mais en prenant conscient de l’obscurité. »

-Carl Jung-