Effet de la porte : quand on oublie quelque chose en entrant dans une pièce

Avez-vous déjà eu cette expérience d'entrer dans une pièce et de vous demander « pourquoi suis-je venu ici » ? Ce phénomène est plus fréquent qu'on ne le pense et s'appelle « l'effet de la porte ».
Effet de la porte : quand on oublie quelque chose en entrant dans une pièce

Dernière mise à jour : 27 juillet, 2022

L’effet de la porte est un phénomène qui se produit avec un blocage mental ou une erreur de mémoire, juste au moment où l’on franchit le seuil d’une pièce. Cela ressemble à un sortilège étrange, c’est vrai. C’est comme si le cerveau subissait une remise à zéro : tout à coup, on ne sait plus pourquoi on est allé dans cette pièce.

C’est frustrant et aussi dérangeant. En même temps, c’est une expérience tellement courante et familière qu’elle fait aussi rire. D’une certaine manière, c’est un exemple de plus de la faillibilité de notre mémoire. Il n’y a pas si longtemps, on tenait pour acquis que l’esprit était très efficace pour organiser l’information et que chaque élément d’information était stocké dans le cerveau de manière logique et ordonnée.

Or, la réalité est bien différente. Le cerveau subit de nombreux défauts d’attention, il est distrait et, parfois, le simple fait de passer d’un endroit à l’autre (du salon à la cuisine) peut nous faire perdre la tête. Nos pensées peuvent s’estomper et disparaître comme de la fumée s’échappant par une fenêtre ouverte…

L’effet de la porte est un défaut de mémoire qui nous montre que le simple fait de franchir le seuil d’une porte peut nous faire oublier ce que nous pensons.

effet de la porte et oubli

Qu’est-ce que l’effet de la porte ?

Pourquoi suis-je venu ici ? Cette expérience où nous entrons dans une pièce avec l’idée de chercher quelque chose de spécifique et où, peu de temps après avoir franchi le seuil, nous oublions complètement ce que nous venions y faire, est quelque chose de commun. Cette défaillance de la mémoire n’a rien à voir avec le déclin cognitif ou les processus de stress. En fait, c’est une erreur de nos processus attentionnels.

Elle est également liée à un autre fait non moins intéressant. L’environnement physique et environnemental peut agir comme une distraction lorsqu’il s’agit de consolider les informations que nous avons en tête.

Par exemple, nous faisons notre valise dans notre chambre et, tout à coup, nous nous souvenons que nous devons prendre le chargeur de portable qui se trouve dans la cuisine. Cependant, lorsque nous arrivons à la cuisine, notre esprit se concentre sur un autre scénario, nous pensons à cette tasse et à ces assiettes que nous n’avons pas mises au lave-vaisselle ou à ce jus qui n’est pas dans le réfrigérateur. Presque sans savoir comment, nous ne nous souvenons plus de la raison pour laquelle nous y étions allés en premier lieu…

L’esprit réagit en fonction des priorités immédiates

Un travail de recherche mené par le Dr Gabriel Radvansky de l’Université de Notre-Dame a fourni des données intéressantes sur l’effet de la porte.

Une chose que nous devons d’abord comprendre est que l’information s’organise dans le cerveau en fonction de hiérarchies. Ce dernier considère certaines données comme plus importantes que d’autres. Plus encore, il a également tendance à supprimer constamment des informations afin de traiter et d’intégrer de nouvelles choses. Cela l’amène à choisir ce qu’il faut garder et ce qu’il faut purger, pour ainsi dire.

Ce qui se passe, lorsque vous entrez dans une pièce, c’est que le cerveau place soudainement toute son attention sur ce nouvel espace. Sa priorité est de se concentrer sur ce nouvel environnement et, pour ce faire, il abandonne ce qu’il avait en tête car ce n’est plus une priorité.

Cet effet est encore un vestige de notre passé évolutif. L’être humain était obligé de prêter toute son attention à chaque scénario qu’il traversait : grottes, plaines, forêts… Le danger pouvait surgir de n’importe où et il fallait s’y préparer.

En entrant dans une pièce différente, le cerveau peut oublier ce que nous allions faire parce qu’il ne le considère pas comme important. Il accorde une plus grande priorité à ce nouvel environnement et exige donc une plus grande attention.

L’effet de la porte et la dépendance de nos souvenirs à l’environnement

Remémorons-nous un instant un souvenir de notre enfance. Jetons-y un coup d’œil pendant quelques secondes. Ce souvenir est probablement lié à un lieu : la maison de nos grands-parents, une cour de récréation, une journée à la plage, la maison d’un ami…

Le cerveau dépend en grande partie de l’environnement et du cadre dans lequel nous nous trouvons pour générer des souvenirs et les consolider. Où nous sommes est important. Pour cette raison, l’effet de la porte, compris comme ce transit dans lequel nous allons d’un point à un autre, revient à traverser des limbes dans lesquelles il est très difficile d’établir de nouvelles informations… Nous les perdons en cours de route.

Évidemment, cela n’arrive pas 100 % du temps ou tous les jours. Ce sont des expériences occasionnelles qui s’intensifient, surtout lorsque nous faisons plusieurs choses en même temps. En ces temps de multitâche, il est très courant de faire l’expérience de l’effet de la porte.

Lorsque nous faisons ou pensons à plusieurs choses en même temps, il est courant d’oublier ce que nous allions faire dans une pièce spécifique.

Vue de face du cerveau représentant l'effet d'entrée

Comment éviter ce type d’oubli si fréquent ?

Comme nous l’avons souligné, l’effet de seuil n’est lié à aucun problème cognitif ou à aucune apparition de démence. C’est une défaillance courante du cerveau. Cependant, existe-t-il un moyen d’éviter ces types d’erreurs de mémoire ? Comme toujours lorsque nous parlons de stratégies d’amélioration de la mémoire, il y a un élément essentiel : améliorer notre attention.

Un fait aussi basique (mais compliqué en même temps) qu’éviter de penser à plusieurs choses à la fois et de concentrer notre esprit sur ce que nous voulons collecter, rechercher ou trouver est quelque chose qui fonctionne toujours. Cependant, comme nous le savons bien, le cerveau est une usine chaotique de pensées et l’attention fluctue toujours. Par conséquent, l’effet de la porte sera une constante dans nos vies.

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  • McFadyen, J., Nolan, C., Pinocy, E. et al. Doorways do not always cause forgetting: a multimodal investigation. BMC Psychol 9, 41 (2021). https://doi.org/10.1186/s40359-021-00536-3
  • Radvansky, Gabriel & Tamplin, Andrea & Krawietz, Sabine. (2010). Walking through doorways causes forgetting: Environmental integration. Psychonomic bulletin & review. 17. 900-4. 10.3758/PBR.17.6.900.