Pourquoi nous est-il si difficile de demander de l’aide ?

· 19 mai 2015

« Maman ! Maman ! Dis, tu m’aides ? » Combien de fois avons-nous répété cette scène… Petits, nous n’avons aucun mal à demander de l’aide, cependant, bien souvent, en grandissant, les choses changent… 

Si ce n’est pas vous même, vous connaissez bien quelqu’un qui préfère employer mille et une ressources pour résoudre un problème seul que demander de l’aide et le régler plus rapidement, ou bien quelqu’un qui préfère renoncer ou courir à l’échec plutôt que laisser une autre personne lui prêter main forte.

Revenons sur cette autre scène de l’enfance. « Maman, maman, j’ai réussi tout seul ! » ou « Laisse-moi, je peux le faire tout seul. » « Très bien, tu as réussi à le faire tout seul ! ». Ce retour d’encouragement, qui favorise l’autonomie la plupart du temps, marque également le début d’une longue habitude pas si positive que cela.

Pourquoi est-ce si difficile de demander de l’aide ?

Les facteurs qui engendrent ce comportement sont nombreux, au même titre que les avantages que nous perdons à ne pas solliciter l’aide de tiers.

1 – Le premier facteur est probablement l’orgueil. Nous voulons que nous revienne tout le mérite de résoudre un problème et nous ne sommes pas prêts à le partager avec qui que ce soit d’autre.

2 – Le deuxième facteur qui peut nous empêcher de demander de l’aide peut être le refus d’accepter qu’il y ait un quelconque problème. On peut imaginer par exemple une personne avec des dettes de jeu, ou une addiction à l’alcool. Ni l’un ni l’autre de ces deux problèmes ne sont faciles à accepter et partager.

3 – Le troisième facteur, l’un des plus communs, est la honte. Nous ne voulons pas que quelqu’un d’autre nous voit en train de réaliser telle ou telle action. 

4 – Certaines personnes pensent que demander de l’aide, c’est se montrer faible.

5 – Le quatrième facteur, c’est la possibilité que les personnes auprès de qui nous sollicitons de l’aide, refusent de nous aider. Derrière cette peur, se trouve la peur du rejet, la sensation de n’être pas suffisament bons pour que d’autres personnes nous dédient un peu de leur temps.

Enfin, derrière tous ces facteurs, on retrouve quelque chose de plus transcendental : la peur d’être jugé par les autres. Personne n’aime que les autres leur prêtent attention à un moment de faiblesse de leur part.

C’est donc pour cela que pour demander de l’aide, il faut une certaine confiance préalable. En effet, nous ne demanderions pas de l’aide à qui que ce soit, ni pour les mêmes choses, selon la confiance que nous avons envers ces personnes et leurs capacités propres.

Demander de l’aide, c’est donc bien souvent non pas une recherche de confort, mais bien plutôt un acte de courage.

Que perdons-nous à ne pas demander d’aide?

Avant tout, ne pas demander d’aide nous met dans une situation où l’on dépense de nombreuses ressources en vue d’un résultat précis qui peut ne pas être atteint, et cela génère donc de la frustrastion.

D’autre part, nous perdons l’opportunité de nous rendre compte de la générosité des autres et d’améliorer notre vision du monde, autrement dit nous perdons un possible contact interpersonnel fort qui pourrait nous enrichir.

Selon la psychologie sociale, il est également démontré que lorsque nous demandons de l’aide à quelqu’un, nous améliorons la perception que cette personne a de nous.

Il ne faut pas non plus oublier que nous sommes des animaux sociaux et que refuser toute aide dans les moments de nécessité est une attitude contre-nature. 

Lorsque nous demandons de l’aide, nous recevons une forte attention, et ne pas le faire nous empêche de développer un sentiment de confiance et de sécurité vis à vis des autres.

Aider est quelque chose de merveilleux, mais laisser les autres nous aider, l’est aussi. Alors pourquoi ne pas essayer ?

Crédits Photo : marinadelcastell