Conscience et conscient, qu’est-ce qui les différencie ?

26 mai 2019
Les individus sont plus que des cellules, des muscles, des os et une peau qui entoure le tout. Nous avons une conscience et un conscient, deux dimensions qui nous confèrent de l'humanité. Le fait de savoir les différencier nous aidera à beaucoup mieux nous comprendre.

Bien que la conscience et le conscient se ressemblent beaucoup phonétiquement, ils n’ont pas le même sens. Il n’est pas pareil de dire « j’ai la conscience tranquille » et « je suis conscient après avoir reçu un coup et je suis conscient de toutes les stimulations qui m’entourent ». Le premier terme est très important dans le domaine de la philosophie tandis que le second est encore aujourd’hui un défi pour la neuroscience.

Le biologiste moléculaire et Prix Nobel Francis Crick, vantait souvent l’importance de savoir différencier ces deux dimensions tout en sachant pertinemment que nous continuerions d’avoir des difficultés à définir ces deux concepts. Ce sont des entités relativement complexes, notamment ce qui fait référence au conscient.

Nous pouvons parfois nous trouver dans des situations linguistiques ambiguës. Cela peut nous pousser à nous tromper. En fait, bien que cela puisse nous surprendre, il est très commun de se tromper. Dans certaines publications, certains auteurs ont d’ailleurs déjà confondu des termes.

Voyons donc les nuances et les particularités qui définissent chacune de ces dimensions.

conscience et conscient

Conscience et conscient : caractéristiques et singularités

Si nous devions utiliser une définition basique et générale pour différencier la conscience et le conscient, elle serait la suivante : Le conscient vous permet de faire partie de votre réalité, de percevoir chaque nuance, stimulation et processus interne. La conscience vous permet de vous comporter de manière morale et socialement acceptable.

Dans les grandes lignes, il nous paraît certainement compréhensible voire simple de différencier les deux concepts. Cependant lorsque quelqu’un nous dit « je suis conscient de mes actes« , fait-il référence à l’aspect moral, à la perception ou aux deux ? Dans ce cas, nous nous plaçons sur un plan subjectif où tout dépend de ce que l’émetteur souhaite exprimer.

Qu’est-ce que la conscience ?

Le mathématicien et philosophe Blaise Pascal disait que la conscience est le meilleur livre de moral que nous possédons. Elle ne se trompe pas. Cette réalité fait référence à la capacité que nous avons de savoir quels actes, pensées, paroles et situations sont correctes et lesquelles ne le sont pas.

C’est un concept moral et éthique. Cependant, il est important de souligner le fait qu’elle présente certaines considérations qu’il vaut la peine d’avoir à l’esprit.

  • La conscience n’a rien à voir avec les processus tels que l’attention ou la perception
  • Des philosophes comme Descartes et Locke ont essayé d’approfondir le sujet afin de comprendre la relation unissant par exemple la conscience au langage, à la pensée et à l’intelligence
  • Nous devons avoir à l’esprit le  fait que l’une des différences notables entre conscience et conscient est associée au fait que le conscient représente pour les philosophes une « vertu »
  • Lorsque nous affirment que quelqu’un « est conscient », nous valorisons cette personne en insistant sur le fait qu’elle a des valeurs morales. Nous faisons référence à elle comme une personne tentant de vivre en étant en accord avec des normes basiques de respect et d’équilibre. Parfois, nous affirmons même que les animaux font preuve de « conscience » car ils adoptent des actes moraux ou « sociaux » qui nous rappellent certaines vertus humaines
conscience et conscient

Qu’est-ce que le conscient ?

Le conscient représente bien plus que le fait d’être éveillé, d’avoir les yeux ouverts et de faire partie de la réalité sensible qui nous entoure. William James, père de la psychologie nord-américaine, fut l’un des premiers auteurs à aborder la compréhension de cette différence entre conscience et conscient. En tant que philosophe, psychologue et scientifique, il a définit le conscient avec une série de caractéristiques qui nous permettent de mieux comprendre le concept :

  • Le conscient est subjectif. Il n’a rien à voir avec le côté éthique ou moral. C’est un processus personnel dans lequel un individu est conscient de ses propres pensées et de sa réalité interne.
  • Le conscient est associé à la pensée. C’est pour cette raison qu’il est changement constant. C’est un ensemble qui ne se fige jamais. Le conscient traite constamment l’information et répond aux stimulations.
  • Ainsi, le conscient peut être très sélectif. A un moment donné, nous pouvons décider de diriger notre attention vers un aspect (interne ou externe) afin de le séparer du reste des stimulations et de prendre contact uniquement avec ce qui nous intéresse.

Le conscient est la plus grande énigme de l’être humain

Christof Koch est un neuro-scientifique nord-américain et l’un des plus grands experts de l’étude du conscient et de ses bases neurones. Dans des livres tels que « A la recherche de la conscience : une enquête neurobiologie », il affirme que la principale différence entre le conscient et la conscience est le fait que le conscient soit encore une énigme.

La conscience est associée au sens des responsabilités, aux valeurs et à la connaissance de chacun de sa propre personne et de ses actes.

Ce scientifique nous signale également qu’il existe deux types de conscient que nous devons connaître :

  • Le conscient primaire. Il est lié à nos perceptions, nos sensations, notre mémoire, notre raisonnement, nos rêves, nos désirs... C’est tout ce qui nous permet de nous séparer de ce qui nous entoure et de définir notre individualité.
  • Le conscient réflexif. Cette dimension est peut-être un domaine aussi intéressant que stimulant. Il est associé à « l’observation du propre esprit ». Au fait de savoir qui nous sommes, ce que nous savons, ce qu’il se passe dans notre intérieur.

En conclusion, nous savons désormais que la conscience et le conscient sont deux termes aussi bien complexes qu’intéressants. Ils sont également le produit pur de l’esprit. C’est ce qui nous rend humains. Comme l’a dit Thomas Huxley, ce sont les entités qui nous permettent d’être « conscients » du fait que nous sommes plus que des os, des muscles, des cellules et une peau qui entoure le tout.