Comprendre le deuil de nos enfants : une aide dans des moments difficiles

10 octobre 2017 dans Psychologie 0 Partagés

Quand un décès se produit dans la famille ou dans notre cercle d’ami-e-s proches, nous le vivons tou-te-s mal. Les enfants aussi. Mais nous ne comprenons pas toujours leur façon de vivre ce deuil. Nous les voyons agir d’une manière différente de celle que nous aurions pu imaginer et nous ne savons pas quoi faire.

Le deuil ne les affecte-t-il peut-être pas comme les adultes ? Ou le manifestent-ils d’une façon distincte ? En réalité, les enfants le comprennent et gèrent le deuil de différentes façons selon l’étape évolutive dans laquelle ils se trouvent. Le fait que nous, les adultes, comprenions leur façon de le vivre va nous permettre de mieux les aider dans ces moments difficiles… Alors, poursuivez votre lecture !

« Le temps est un médicament qui soigne tous les deuils. »

-Diphile-

Le deuil chez les enfants de moins de 3 ans

Au cours des ces premières années de vie, les enfants sont très dépendants de la personne qui prend soin d’eux, que ce soit au niveau physique ou au niveau émotionnel. Ce rôle est généralement assumé par les mères. Quand cette figure qui leur fournit une protection et de la tendresse meurt, les enfants le vivent très mal.

Même s’ils ne comprennent pas ce qu’est la mort ou quelles peuvent être ses conséquences, ils remarquent l’absence de cette personne qui était leur pilier fondamental dans la vie. C’est pour cela qu’à partir de 6 ou 8 mois, on peut observer des comportements chez les bébés qui nous indiquent la souffrance qu’ils traversent ; cette personne essentielle pour eux est partie et ils savent ou devinent qu’ils ne la verront plus jamais.

enfant à vélo en deuil

Ils sentent qu’ils ont été abandonnés et qu’ils ne sont plus protégés. Par conséquent, ils cherchent cette personne du regard ou pleurent de façon inconsolable, espérant qu’elle revienne. On peut aussi voir apparaître un rejet face à de nouvelles figures protectrices, des altérations du sommeil, des problèmes d’alimentation ou des crises de colère. Chez les enfants qui sont capables de parler, on peut voir à quel point ils posent des questions à propos de la personne qui est morte, même s’ils semblent déjà être passé à autre chose quelques minutes après.

Il est très important, à cet âge, que les enfants se sentent à nouveau aimés et protégés par une autre personne et ce, le plus tôt possible. Cela ne va pas les empêcher d’espérer le retour de la personne décédée mais va bien contribuer à faire passer leur deuil et à leur faire récupérer une vie normale, petit à petit.

Le deuil chez les enfants entre 3 et 6 ou 7 ans

Quand les enfants ont entre 3 et 6 ou 7 ans, ils acquièrent de plus en plus de capacités et comprennent beaucoup plus de choses qu’avant. Mais, même à cet âge, ils ne comprennent toujours pas que la mort est irréversible. Par conséquent, il est commun de les voir dire qu’ils reverront la personne qui est partie, même si on leur explique que cela n’arrivera jamais.

Même s’ils pensent que cet être aimé va revenir, son absence provoque une infinité d’émotions négatives. La peur, la tristesse, la colère ou la culpabilité n’en sont qu’une partie. Ils se sentent abandonnés et l’anxiété de la séparation a tendance à apparaître. Cela ne dérive pas seulement vers un mal-être psychologique mais se manifeste aussi à travers leurs comportements.

Généralement, on fait face à des conduites non-adaptées, à une désobéissance ou des coups de colère. Les enfants peuvent aussi ne pas s’intéresser à de nouvelles activités, se faire pipi dessus ou faire des cauchemars. Ceci est normal et, avec le temps, a tendance à disparaître. Si ce n’est pas le cas, cela peut nous indiquer que le deuil ne se déroule pas bien et que l’enfant a besoin de l’aide d’un-e psychologue.

« Si vous supprimez trop le deuil, il peut se dédoubler. »

-Molière-

Le deuil chez les enfants entre 6 ou 7 ans et 11 ou 12 ans

À partir de 6 ou 7 ans, les enfants commencent à comprendre ce qu’est la mort. Ils savent ce qu’implique le fait qu’une personne meure. Par conséquent, la manière de vivre le deuil change un peu. À ces âges, la première chose qui apparaît face à cette nouvelle est un refus et une négation. Ça ne peut pas être vrai ! Cela ne vous fait-il pas penser à ce qui vous est arrivé quand on vous a annoncé la mort d’un être proche ?

enfant triste vivant son deuil

En plus de nier le fait, il est aussi normal de les voir se sentir coupables ou de rejeter cette culpabilité sur la personne qui est décédée, car il s’agit d’une étape de la vie où les enfants personnifient tout. D’autres sentiments comme la rage ou la peur apparaissent. Cette dernière se manifeste habituellement par un besoin constant d’être avec les personnes qu’ils aiment car ils s’inquiètent de les voir mourir aussi.

« Personne ne m’a jamais dit que le deuil avait la même saveur que la peur. »

-C.S. Lewis-

Des comportements violents peuvent aussi émerger, ainsi qu’un rejet d’autres membres de la famille, une agressivité, des cauchemars ou un manque de concentration. Il ne faut pas prendre à la légère le fait que, parfois, ils puissent manifester des désirs de retrouver la personne décédée ; dans ces cas, il faut être attentif-ve à de possibles idées de suicide.

Il est très important que les personnes qui entourent l’enfant l’aident à accepter la mort de cette personne qu’il aimait tant. Ainsi, les professeur-e-s, les ami-e-s et les membres de la famille jouent un rôle fondamental au cours de ces moments si compliqués et peuvent contribuer à ce que le deuil se déroule de manière normale.

Images de Tim Graf, Michal Parzuchowski et Laith Abuabdu.

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