Certaines personnes ne sont pas pauvres financièrement, mais émotionnellement

16, février 2017 dans Curiosités 929 Partagés

Je fais partie de ces personnes rares qui pensent que la richesse ne se trouve pas dans le bien matériel. Riche est celui/celle qui investit dans le respect, qui pratique la bonté sans regarder qui iel a en face de lui/elle. Les millionnaires sont celleux qui peuvent compter sur le respect et la tendresse de leurs ami-e-s et leurs proches, car l’authentique abondance ne se trouve pas dans l’argent, mais dans le bonheur.

Il y a des gens qui, effectivement, ne sont pas pauvres dans leur mode de vie, mais dans leur pensée. Nous connaissons tou-te-s quelqu’un qui avance dans la vie avec la tête haute, en affichant sa position supérieure, et qui appréhende le monde sous l’angle de son orgueil ostentatoire. Dans son cœur, il n’y a pas d’empathie, dans son esprit, il n’y a pas d’humilité, ni de proximité. Il est d’ailleurs très probable qu’il ne sache pas ce que signifie bonheur.

« La pauvreté ne vient pas de la diminution des richesses mais de la multiplication des désirs »

-Platon-

Ce sont les pensées, les valeurs et les attitudes qui forment notre authentique peau, celle qui se voit de l’extérieur et qui nous identifie dans le traitement du quotidien. Qui comprend que le respect forme et consolide de grands liens, mais qui cultive un esprit inflexible et plein de rancœur, récolte la méfiance.

Il y a des personnes pauvres très riches du cœur et des personnes riches très pauvres en affection (et l’inverse). Nous sommes, sans aucun doute, dans un monde complexe aux moments chaotiques dans lequel nous sommes obligé-e-s de coexister. Donc, mieux vaut arriver à la conclusion suivante : mieux vaut investir plus d’efforts dans notre monde intérieur qui manque de nutriments pour obtenir un cadre de vie plus respectueux dans lequel grandir en harmonie.

Nous vous proposons de réfléchir à cela.

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Les victoires qui viennent du cœur nous rendent riches

Lors des Jeux Olympiques de Rio de Janeiro, une scène qui a fait le tour du monde nous a tou-te-s ému-e-s. Abbey D’Agostino, athlète des États-Unis et Nikki Hamblin, de Nouvelle-Zélande, se sont cognées lors de la finale du 5000 mètres. L’étatsunienne, comme on l’a appris ensuite, s’est cassée le ménisque et les ligaments croisés pendant cette chute.

Après cet accident, la Néo-Zélandaise aurait pu se dépêcher pour récupérer la distance perdue. Mais elle ne l’a pas fait. Elle s’est arrêtée et a décidé d’aider sa concurrente, Abbey D’Agostino. Finalement, les deux athlètes ont couru les derniers mètres manquants jusqu’à l’arrivée, entre larmes, douleur et émotions. Cela a été un acte désintéressé plein de sportivité, de bonté et de grandeur qui a ému tout le monde.

Ce geste méritait sans aucun doute la médaille d’or, mais il y en a certain-e-s qui ont réussi à dire que l’athlète néo-zélandaise n’aurait pas dû s’arrêter. Qu’elle aurait dû récupérer le temps perdu. Penser qu’il existe des esprits capables de ne pas ressentir l’empathie qui se dégage de cet acte nous saisit d’effroi. La magie du bien n’est pas uniquement une valeur abstraite. C’est un acte instinctif qui habite dans notre cerveau dans un but très concret : garantir la survie de notre espèce.

La scène de Nikki Hamblin aidant Abbey D’Agostino nous démontre comment un acte de bonté permet à deux personnes d’atteindre un but commun. Pas une, mais deux. Alors, au-delà des stratégies évolutionnistes, où seul-e le-a plus fort-e survit, il y a beaucoup plus d’actes qui se basent sur l’empathie et la collaboration plutôt que sur la déprédation.

Être pauvre d’esprit et de cœur, c’est gâcher sa vie

Les personnes pauvres d’esprit et de cœur ne sont pas aussi nombreuses que nous le pensons. L’espèce survit, le plus fort peut parfois être le plus noble et le mal ne triomphe pas toujours. La plupart d’entre nous continuons à réagir face aux injustices, face aux égoïsmes et aux altérations. Tout cela nous démontre pourquoi les actes comme ceux des athlètes touche autant tout le monde.

« Beaucoup de choses manquent au pauvre, mais tout manque à l’avare ».

-Publilio Sirio-

C’est comme si ces scènes détoxifiaient nos cœurs pour nous montrer que la bonté continue à triompher et plus encore : qu’elle est contagieuse. Cependant, il faut dire que le pauvre de cœur et d’esprit n’agit pas toujours avec méchanceté. Ce qu’il y a en réalité, c’est un manque de réceptivité et d’empathie. Ce sont des cœurs incapables de voir au-delà de leur élégant monde d’égoïsme. C’est quelque chose que nous devons accepter. Nous ne pouvons pas les changer, les convaincre et encore moins nous disputer avec elleux.

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Il s’agit d’être et de laisser être. Car qui est pauvre d’esprit, de valeurs et d’affection gâche sa vie. C’est comme un élément étranger qui, au final, à l’épilogue de sa vie découvre sa propre solitude. Enveloppé-e dans le voile de l’amertume, iel arrive à la conclusion que tout le monde lui en veut. Que personne n’estime qui iel est et ce qu’iel a fait.

D’une certaine manière, c’est vrai. La bonté vainc toujours l’indifférence et la laisse de côté. Peut-être que nous sommes comme ces fascinants bancs d’étourneaux, totalement synchronisés. Nous savons que faire le bien est nécessaire pour notre espèce, et face à un acte d’altruisme, de respect et d’amour, continuons à nous émouvoir.

Continuons à croire en la noblesse de l’être humain.

Images de Christine Ellger, Cathrin Welz-Stein

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