Le besoin d’être avec toi m’étouffe

16, mars 2017 dans Psychologie 489 Partagés

Vous avez vécu une enfance terrible. Contrairement aux autres enfants, vous avez été obligé-e de grandir dans un environnement familial instable. Vos parents n’arrêtaient pas de se disputer, et vous étiez même partie prenante de leurs problèmes. Ils vous utilisaient… Vous les embrasiez pour leur dire «bonne nuit» par obligation, mais jamais parce que vous en aviez envie. La même chose se passait avec les câlins. L’affection n’était pas «naturelle», ni habituelle. Tout cela venait d’un grand besoin.


«Le besoin est un obstacle indestructible : tout ce qu’on lance sur lui éclate.»

– Gustave Flaubert –


Il s’agit là d’une des circonstances que nous avons pris comme exemple et qui souligne l’importance de l’éducation, et surtout de l’affection, de la véritable affection. Tout ce qui nous arrive dans l’enfance pèsera dans notre vie. Et il s’agit là d’un des problèmes qui affecte le plus notre société ; le besoin d’être avec quelqu’un pour nous sentir entier-ère. Or, que se passe-t-il lorsque cela nous soulage et nous étouffe en même temps ?

Le besoin de ce qui m’a été refusé

Vous n’avez pas choisi de vous retrouver dans une telle situation. Cela a été une circonstance où vous vous êtes vu-e impliqué-e, et cela a eu des conséquences aujourd’hui. Vous cherchez constamment ce qui vous a été refusé. C’est pourquoi vous vous attachez et évitez toujours d’être seul-e. Vous avez peur.

Sûrement ne vous en êtes-vous jamais rendu-e compte, mais vous projetez ce dont vous avez besoin sur les autres. Prenons un exemple simple : imaginez que vous êtes avec une personne que vous aimez et, soudain, vous avez froid. Votre première réaction sera de couvrir ou d’envelopper dans une couverture l’autre plutôt que vous-même. La même chose se passe avec le manque d’amour ou tout autre type de manque : j’ai besoin que l’on m’aime et, plutôt que d’essayer de m’aimer moi-même, j’aime une autre personne.

Lorsque cette urgence se retourne contre vous, le problème devient grave ; vous vous donnez aux autres, mais en échange, vous ne recevez pas ce qui vous manque le plus. C’est là que surgissent les déceptions ; lorsque vos besoins ne sont pas assouvis, et que cela vous blesse. Vous vous impliquez avec des personnes qui ne vous conviennent pas, peut-être parce vous vous soumettez à elles, parce que vous laissez votre bonheur dépendre d’elles.


«Dépendre de la personne que l’on aime, c’est une manière de s’enterrer vivant, c’est un acte d’auto-mutilation psychologique où l’amour propre, le respect de soi et l’essence personnelle sont offerts irrationnellement.»

– Walter Riso –


Lorsque vous faites cela, vous permettez aux autres de vous faire du mal, vous ne vous protégez pas, vous devenez une personne vulnérable. Sans le vouloir, vous vous auto-détruisez, vous n’êtes pas capable de voir que la solution réside en vous. D’abord, il faut que vous sachiez être auto-suffisant-e. Si vous ne vous aimez pas, personne ne le fera pour vous. Si vous ne vous respectez pas, personne ne le fera non plus à votre place.

Cessez d’être malheureux-se

Vous êtes terriblement malheureux-se, et tentez donc de trouver le bonheur. Le manque d’assurance, les peurs, tout cela vous le portez dans un sac à dos qui se remplit de déceptions, de manque de confiance, de relations toxiques… Même si l’on vous fait du mal, vous vous accrochez. Vous savez que c’est la seule chose que vous avez. Ou peut-être est-ce ce que vous croyez ?

Ne vous résignez pas. Cessez d’être aux côtés de quelqu’un car vous avez besoin de quelques miettes d’amour, ou de moments agréables que vous demandez tant. Ne voyez-vous pas que vous méritez bien plus que cela ? Ne vous rendez-vous pas compte du fait que cette situation vous rend plus fragile, plus petit-e ?

Sûrement le savez-vous déjà, mais il est très difficile de sortir de ce cercle vicieux. Malgré tout, vous n’avez pas d’autre solution. Cette circonstance dans laquelle vous vous trouvez sera de plus en plus difficile, de plus en plus complexe. Peut-être aujourd’hui vous trouvez-vous déjà dans un labyrinthe que vous avez vous-même construit…c’est pourquoi il vous est si difficile d’en sortir.


«Si votre compagnon/compagne représente tout pour vous, que ferez-vous avec le reste du monde qui vous entoure ? Aimer, ce n’est pas réduire la vie à son expression la plus minime.»

– Walter Riso –


Obligez-vous à passer du temps avec vous-même. Eloignez-vous de toutes ces personnes auxquelles vous êtes attaché-e. Ce sera difficile, et il se peut même que l’anxiété fasse acte de présence, si ce n’est pas déjà fait. Or, si vous résistez, vous sortirez victorieux-se, même si pour cela vous devez tenir bon, et passer par le syndrome d’abstinence ; tenez compte du fait que la dépendance, c’est comme une addiction.

Si cela s’avère compliqué pour vous, si vous tombez parfois dans ce vice, demandez de l’aide. N’ayez pas peur de le faire. Il y a beaucoup de personnes qui se trouvent dans la même situation que vous et qui ont réussi à aller de l’avant. Cependant, cessez d’offrir votre vie aux autres, cessez de souffrir, de vous donner aux autres, d’être malheureux-se. Ne permettez pas que votre besoin joue avec vous un jour de plus.