Attention, je suis seul-e, mais je ne me sens pas seul-e

18 février 2017 dans Psychologie 647 Partagés

Attention, je suis seul-e, mais je ne ressens pas le vide de la solitude. Alors, ne vous sentez pas obligé-e d’avoir de la pitié pour moi, ne me rangez pas dans des cases et ne me cherchez surtout pas quelqu’un. Je suis là où je veux être. Parce qu’être seul-e est bien plus intelligent que partager sa vie avec la mauvaise personne.

On voit souvent que la solitude est quelque chose que l’on cherche ou dont on a besoin à un moment donné. C’est un fait qui reste pourtant incompris socialement. En effet, Aristote disait en son temps qu’il n’y a que les dieux ou les animaux qui aiment être seuls. Par contre, des moralistes français du XVIIIe siècle, comme le marquis de Vauvenargues, expliquaient que la solitude est à l’âme ce que la diète est au corps : une chose que nous devrions mettre en pratique de temps en temps.

“Je t’écris pour te dire que je te libère de moi, enfin, que je t’“ampute” de moi. Sois heureux et ne me cherche plus. Je ne veux plus rien savoir à ton sujet ou que tu saches des choses à mon sujet.”
-Lettre de Frida Khalo à Diego Rivera-

Apprendre à rester tout-e seul-e et à apprécier cela de temps en temps est quelque chose que nous devrions tou-te-s réussir, en effet. Il est vrai que celleux qui n’y parviennent pas doivent s’atteler à la tâche difficile de combler des espaces, de guérir des peurs et de soulager des inquiétudes de la pire des manières, c’est-à-dire en menant une vie qui n’est pas la sienne ou en s’accrochant à la première personne qui passe devant soi.

Et tout cela dans le but de se battre contre ce diable qu’on appelle la solitude ou contre l’incapacité d’être soi-même. Ce n’est pas recommandé. Nous vous invitons dans cet article à réfléchir à ce sujet.

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Je suis seul-e, mais je vais bien

“Pour le moment, je suis seule, mais je suis très bien comme ça.” Cette phrase, même si on l’entend de plus en plus, se détache d’un certain besoin de devoir se justifier, en soulignant le fait que bien qu’on vive seul-e, sans compagnon/compagne ou quelqu’un à nos côtés, c’est une solitude agréable. Une expérience choisie que nous apprécions, même si les autres ne le comprennent pas.

Les temps changent, il n’y a pas de doute là-dessus. Pourtant, l’image d’une femme célibataire n’est pas perçue de la même manière que celle d’un homme seul. C’est comme si le temps passait plus rapidement pour elles, comme si on leur mettait la pression pour tout faire le plus vite possible pour respecter une horloge biologique imposée socialement. Ainsi, il faut avoir un bon travail, trouver un partenaire convenable et devenir très vite une super maman.

Toutefois, comme on l’a dit, les temps changent et les femmes ne sont plus obsédées par le fait de chercher. Beaucoup préfèrent qu’on les trouve. D’autres mettent de côté leur horloge biologique pour ne suivre que leur boussole interne et leurs émotions. Elles peuvent tout à fait trouver la plénitude en se mettant en couple, mais si cette relation échoue, elles sont capables de continuer leur chemin. Parce qu’elles sont responsables d’elles-mêmes, parce qu’elles ont peur de la solitude. Ce sont des retrouvailles avec soi-même, et c’est toujours guérisseur et réconfortant.

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Vous n’êtes pas seul-e, ou si vous êtes seul-e, la vie vous entoure

Quand on a un-e ami-e célibataire, nous essayons tout le temps de chercher le moyen pour qu’iel rencontre quelqu’un. Nous lui disons que ce n’est pas bon d’être seul-e, qu’il vaut toujours la peine de tomber amoureux-se, et que la vie est beaucoup plus belle si on marche en tenant la main de quelqu’un d’autre.

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Si nous y réfléchissons un moment, nous nous rendrons compte d’une chose : en réalité, nous ne sommes jamais seul-e-s, car la vie nous entoure. De plus, la plupart des gens ont tout un groupe de proches, que ce soit leur famille, leurs ami-e-s, leurs collègues, etc. Un-e compagnon/compagne ne nous fait pas toujours sortir de la solitude, et iel n’est pas là pour ça. À certains moments, cela nous rapproche pour la première fois de l’abyme le plus sombre de cette dimension, comme l’est par exemple la solitude émotionnelle.

Personne n’est seul s’il apprend à s’aimer lui-même. Parce que nous habitons dans notre esprit, parce que penser, rêver, projeter et ressentir n’est pas du tout un acte solitaire. Nous sommes des danseur-se-s dans nos propres mondes intérieurs. Nous sommes des guérisseur-se-s de blessures, des exécuteur-se-s du pardon et des artisans de nos destins.

Voilà pourquoi il faut vous mettre dans la tête que je ne suis pas seul-e parce que je suis attaché-e à la vie et parce que mes espoirs sont contrariés. J’ai cessé d’avoir peur de la peur, je suis un-e locataire satisfaite de mes espaces intérieurs et j’appréhende le futur sans être angoissé-e, tout en sachant profiter de mon présent.

Tout le monde devrait pouvoir apprécier de temps en temps ces moments de solitude choisie, quand le silence et la paix interne font mûrir les fruits de l’âme.

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