Apprendre à synthétiser, une compétence négligée

Ceux qui apprennent à synthétiser efficacement traitent beaucoup mieux les informations en étant capables de détecter immédiatement les idées les plus importantes de manière concise et claire.
Apprendre à synthétiser, une compétence négligée

Dernière mise à jour : 10 octobre, 2021

Apprendre à synthétiser pour mieux gérer et mémoriser l’information : existe-t-il une compétence plus déterminante ? Peut-être pas. Nous nous sommes tous retrouvés plus d’une fois dans la nécessité de résumer un texte et d’en extraire les idées les plus importantes. Grâce à cette compétence, nous favorisons les processus d’apprentissage en hiérarchisant les concepts que nous jugeons pertinents dans un sujet donné.

Que pouvons-nous dire de cette compétence ? Qu’elle est essentielle dans n’importe quel domaine de notre vie, mais surtout dans la vie quotidienne de chaque étudiant. C’est pourquoi peu de choses sont plus prioritaires dans l’enseignement des plus jeunes que de les initier dans ce domaine. Il faut toutefois préciser que sa maîtrise prend du temps, car il est nécessaire de maîtriser au préalable de multiples fonctions cognitives hautement décisives et stratégiques.

L’attention, la compréhension ou encore la capacité à détecter des modèles et à créer des diagrammes de contenu sont déterminantes. Approfondissons donc cette compétence négligée, cet important outil polyvalent.

Apprendre à synthétiser est l’une des compétences les plus fondamentales que nous devons acquérir dans notre vie d’apprenant.

garçon levant la main

Pourquoi est-il si important d’être capable de synthétiser ?

Extraire les informations les plus pertinentes d’une conférence, d’un film, d’un livre, d’une conversation ou d’une réunion de travail… Cela semble être une tâche simple, à tel point que nous tenons presque pour acquis qu’à un certain âge et à un certain niveau d’éducation, nous serons tous capables de la maîtriser. Cependant, savoir synthétiser est un don des esprits les plus éveillés et les plus raffinés.

Comment est-ce possible ? Nous constatons par exemple sur le lieu de travail que les équipes sont très douées pour générer des idées, mais lorsqu’elles doivent compiler et résumer tout ce qu’elles ont apporté, leur mémoire, leur caractère concret et leur clarté font défaut. Cette tâche implique un effort cognitif très sophistiqué que nous ne maîtrisons pas toujours avec succès.

Si savoir synthétiser est étiqueté comme l’un des processus psychologiques les plus complexes, ce n’est pas un hasard. Des études telles que celles menées par l’Université de Floride montrent que c’est l’une des fonctions cognitives que nous mettons le plus de temps à développer. Elle fait intervenir des variables telles que l’attention, la compréhension, la déduction de l’essentiel de l’accessoire, la hiérarchisation des idées et la mémorisation.

Ce n’est pas quelque chose que les enfants apprennent à l’école primaire ; c’est une compétence qu’ils doivent développer au fil du temps jusqu’à ce qu’ils atteignent l’école secondaire. C’est à ce moment que l’étudiant pré-universitaire, par exemple, doit être capable de synthétiser les informations avec beaucoup d’habileté et d’agilité.

Comment apprend-on à synthétiser ?

Simplifier les informations, c’est comme retrouver le parfum d’un texte. Comme mettre en lumière le squelette d’un corps, la perle d’une huître.

Conserver la partie la plus significative d’une chose requiert de l’habileté, comme nous le savons, mais celle-ci s’acquiert par la pratique et, surtout, par une technique spécifique.

Savoir synthétiser n’est pas seulement un résumé d’un texte, cela implique aussi d’aller plus loin et de personnaliser ces idées principales, de se les approprier et même d’ajouter notre propre évaluation pour donner plus de sens et de transcendance à ces points clés.

Voyons les clés pour apprendre à synthétiser.

Approfondir, aller au-delà de la simple compréhension

La première étape est logique et évidente : personne ne peut synthétiser quoi que ce soit s’il ne comprend pas d’abord les informations qui lui sont présentées. Par conséquent, ce que nous devons faire, c’est nous plonger dans le texte, dans le matériel spécifique. Le but n’est pas seulement de comprendre en détail ce que nous avons devant nous, c’est d’aller plus loin jusqu’à le faire nôtre, de s’imprégner de son essence, de le comprendre à sa racine.

Pour ce faire, des techniques telles que le soulignement peuvent être utiles pour mettre en évidence “uniquement” les idées, les phrases ou les concepts les plus pertinents, ainsi que la réalisation de diagrammes, la hiérarchisation des informations, etc.

Un premier résumé brut, le diamant qui doit être poli

Lorsqu’on demande à une personne de synthétiser quelque chose, il est courant qu’elle se limite à un résumé. Cependant, nous ne serions pas à la hauteur si nous nous contentions de cette seule partie. Nous devons aller plus loin. Une fois le résumé rédigé, il faut le peaufiner, le répéter si possible, revenir au texte original et se demander si quelque chose nous échappe et si nous pourrions mieux le reformuler.

Ce premier résumé est en fait le point de départ d’une bonne synthèse.

Apprendre à synthétiser : l’importance de la cartographie mentale

Une fois que le matériel a été lu, analysé et compris et que le premier résumé a été fait, il est temps de faire une carte mentale. Essayons d’abord de revoir les idées clés dans notre esprit et donnons-lui même un titre…

À ce stade, il est important de garder à l’esprit une série d’idées très concrètes. Ce seront les piliers sur lesquels fonder notre synthèse.

Attention, concentration et sélection : tout n’est pas important.

Séparer le bon grain de l’ivraie demande de la concentration, de l’attention et un œil motivé pour trouver les informations les plus pertinentes. Une chose doit être claire : pour simplifier les informations, il est nécessaire de déduire ce qui est pertinent et ce qui est inutile et peu utile.

Apprendre à synthétiser : les 140 caractères de Twitter, quand moins c’est plus

Tous ceux qui sont habitués à Twitter ont appris l’art de bien synthétiser. Ces 140 caractères précis sont l’essence d’une bonne synthèse.

Ces lignes comprennent des informations pertinentes sur un événement spécifique et souvent même vos propres contributions. De cette façon, les données sont plus significatives et ont un bien meilleur impact sur le public.

homme lisant à la bibliothèque

Revoir la synthèse créée : est-elle claire, concise, est-ce que je la comprends dans toutes ses nuances ?

Il est temps de regarder et d’analyser la synthèse que nous avons créée. Ces phrases doivent être très significatives, pleines de valeur et d’informations. Elles doivent également répondre à trois valeurs bien précises : clarté, concision et transcendance. En d’autres termes, elles doivent fournir des données pertinentes et très spécifiques, mais en même temps, cette synthèse doit être significative pour nous.

Ce n’est qu’ainsi que nous nous en souviendrons mieux, ce n’est qu’ainsi que nous façonnerons un cerveau habile dans cette compétence décisive… N’hésitez pas à mettre en pratique ces stratégies simples.

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  • Jurado, Maria-Beatriz & Rosselli, Monica. (2007). The Elusive Nature of Executive Functions: A Review of our Current Understanding. Neuropsychology review. 17. 213-33. 10.1007/s11065-007-9040-z.