Apprendre à lire : facteurs et influences

25 mars 2018 dans Psychologie de l'éducation et du développement 0 Partagés
mère et fille

Apprendre à lire est un processus lent et progressif qui nécessite la mise en pratique de nombreuses habiletés cognitives et extralinguistiques. Malgré tout, il existe de multiples facteurs qui influent directement ou indirectement sur l’acquisition de cette habitude, surtout chez les enfants. Si nous les prenons en compte, l’apprentissage de la lecture ne sera pas seulement adaptatif : il sera aussi interactif et amusant.

Ces facteurs peuvent être classés en trois catégories : émotionnels, physiques et intellectuels. Cependant, ces derniers sont souvent considérés comme fondamentaux. Il est vrai que les facteurs psychologiques peuvent être la cause du succès ou de l’échec de la lecture. Mais intéressons-nous plus précisément à chacun d’entre eux.

Facteurs émotionnels

L’un des ingrédients essentiels pour apprendre à lire est l’attitude éducative des parents et des professeurs. Souvent, mais heureusement pas tout le temps, certains comportements des adultes rendent ce processus encore plus compliqué pour les enfants.

petite fille qui lit

C’est le cas, par exemple, de la surprotection. Si le petit se sent trop surveillé et gâté, il est très probable qu’il ressente une grande insécurité et ait tendance à rejeter ces nouveaux défis au moment d’y faire face. La permissivité excessive diminue par ailleurs la discipline personnelle, l’auto-responsabilité et l’acquisition de bonnes habitudes. Le manque de règles peut démotiver l’enfant face à la réalisation d’une nouvelle activité qui requiert de multiples efforts.

Ainsi, une pression excessive de la part de la famille ou du professeur influe aussi négativement sur l’enfant. Des commentaires comme « Tu aurais déjà dû apprendre cela depuis longtemps » ou « Tu es en retard par rapport à tes camarades » minent son moral et le démotivent. Ils peuvent même le mener à abandonner.

Le pire est que cette désillusion et absence de motivation face à l’apprentissage de la lecture a tendance à se généraliser dans le domaine de l’école. On assiste alors au très craint échec scolaire, accompagné d’un sentiment d’infériorité inévitable chez le petit. Tout cela peut également être accentué par les problèmes d’adaptation et d’intégration qui peuvent se présenter dans un groupe.

Facteurs physiques

La vision et l’audition sont des fonctions physiologiques essentielles par rapport à la maturité de lecture. En fait, certains auteurs considèrent que la capacité auditive est même plus importante que la vue lors des étapes supérieures de l’apprentissage de la lecture.

Le manque d’acuité visuelle ou d’équilibre des muscles oculaires peut avoir une influence sur la capacité de lecture. De même, les hypoacousies (diminution de la capacité auditive) conditionnent le processus. Malgré tout, si ces deux difficultés sont détectées avant 3 ans, de meilleures perspectives pour le développement linguistique et lecteur se mettront en place.

Facteurs intellectuels

De nombreuses études mettent en avant la précocité des petites filles par rapport aux petits garçons. Une telle avance intellectuelle est accréditée par la supériorité de leur dominance hémisphérique gauche. Ainsi, la lecture qui se fait à travers cet hémisphère cérébral a tendance à se faire avec moins d’erreurs et une plus grande compréhension.

Un premier prérequis pour que l’enfant puisse apprendre à lire correctement est donc une latéralisation hémisphérique ou, du moins, une préférence d’usage de l’un des deux côtés du corps. Cela éviterait une interférence causée par l’indifférenciation inter-hémisphérique cérébrale. Si ce manque de latéralisation était présent, on pourrait voir apparaître une série de troubles qui auraient des répercussions sur la lecture, comme des difficultés pour épeler ou écrire.

lecture d'une petite fille

Comprendre et lire

Même si ces termes peuvent sembler similaires, ils ne le sont pas. Combien de fois nous sommes-nous assis confortablement pour lire un livre et, cinq minutes après, nous sommes rendus compte que nous n’avions rien compris? Être attentif est fondamental pour comprendre ce que nous sommes en train de lire. Dans le cas contraire, nous serions seulement en train de voir un ensemble de mots sans les traiter sur le plan cognitif.

Comprendre requiert une série de processus extralinguistiques qui vont bien au-delà des caractéristiques lexicales et sémantiques des mots. Parmi ces processus, nous retrouvons le fait d’interpréter, de contextualiser, de résoudre des problèmes et de raisonner. Comprendre est quelque chose de plus grand que l’aspect purement sensoriel (vision et audition). Cela signifie construire activement le contenu du texte, le sommet de la pyramide de la lecture. En d’autres termes, il s’agit de décoder un message.

L’influence de la famille au niveau de la lecture

Plus l’environnement de l’enfant sera stimulant, plus les apports que nous pourrons lui fournir seront importants. Le poids des parents dans le processus d’apprentissage de la lecture est donc d’une importance cruciale pour l’enfant. Par ailleurs, les habitudes de lecture de ces progéniteurs aura une influence décisive au niveau de cette acquisition.

famille avec des livres

Il existe des différences significatives entre les enfants dont les parents lisent fréquemment et les parents qui n’ont pas de référence en matière de lecture. Par exemple, les parents lecteurs ont davantage tendance à lire un livre à leurs enfants avant de dormir ou à avoir des stimuli qui invitent à la lecture à la maison (revues, journaux, livres…).

Par ailleurs, certains des symptômes qui apparaissent fréquemment chez les enfants qui échouent dans ce processus d’apprentissage de la lecture sont une timidité excessive ou la tendance à rougir très facilement. Il est également habituel de les voir développer des sentiments d’infériorité ou de les voir se montrer égocentriques. Des habitudes nerveuses provenant d’un état d’anxiété interne peuvent aussi se développer et les enfants peuvent ainsi adopter des comportements tels que se ronger les ongles, souffrir d’insomnie… Il faut donc être extrêmement attentifs face à ces situations pour éviter cette sensation d’échec ou de frustration généralisée. Souvenez-vous, l’importance que l’on accorde à la lecture dans le cercle familial influe sur l’apprentissage des enfants.

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