Aimer, ce n’est pas souffrir

· 13 décembre 2016

La souffrance est une des idées que l’on associe le plus souvent à l’amour. Nous pensons qu’il est inévitable de souffrir dans nos relations, et que la souffrance est intimement liée à la profondeur de l’amour que l’on ressent.

Nous avons donc appris à aimer de cette façon, dans la souffrance, instaurant ainsi avec les autres des relations toxiques.

Evidemment, l’amour peut impliquer de la souffrance. Cependant, on peut aussi éviter de souffrir en amour, et il est d’ailleurs nécessaire de supprimer la souffrance de nos méthodes éducatives.

Puisque l’amour est un sentiment liant deux personnes qui veulent partager leur bonheur, il n’y a aucune raison de souffrir.

Mais pourquoi donc associe-t-on si souvent la souffrance à l’amour ? Tout simplement parce que c’est une croyance que l’on intériorise du fait de notre culture et de notre société.

On considère que la souffrance est une preuve d’amour. Cette idéologie peut même en arriver à présenter un certain aspect sadomasochiste.

 


« Quand il y a de la souffrance, ce peut-il qu’il y ait aussi de l’amour ? Qu’est-ce donc que l’amour ? Une forme de désir ainsi qu’une forme de plaisir qui, si elles nous sont refusées, génèrent de la souffrance ? On dit que la souffrance se manifestant sous forme de jalousie, de dépendance et de possessivité fait partie de l’amour ; tel est notre conditionnement, telle est notre éducation. Cette croyance fait partie de notre héritage et de notre tradition. »

-Krishnamurti-


En quoi consiste le fait d’aimer sans souffrir ?

Comme nous l’avons dit précédemment, notre culture a tendance à nourrir cette croyance consistant à penser que plus on souffre, plus on aime.

Il est donc nécessaire de passer par un ré-apprentissage, et de se demander ce que veut dire aimer pour nous, 

Quand la souffrance s’invite dans nos relations amoureuses, c’est que quelque chose a échoué quelque part.

Le développement personnel, la maturité, l’honnêteté et l’harmonie de notre compagnon/compagne ;  tout autant de facteurs qui, lorsqu’ils se renforcent, éloignent du même coup la souffrance de la relation.


Aimer sans souffrir, c’est se défaire de la possessivité, laquelle génère jalousie et dépendance ; c’est envisager la relation d’une façon équitable, via le respect et l’estime personnelle, aussi bien envers soi-même qu’envers l’autre.


Quand on aime de façon saine, on se lie aux autres sans souffrir, sans être paralysé par des peurs qui nous empêchent de perdre notre liberté individuelle en cours de route, sans avoir besoin d’être avec une personne uniquement pour ne pas nous sentir seul.

Se lier sainement aux autres, c’est baser le lien qui nous unit à eux  sur ce que nous partageons avec eux, à savoir notre bonheur d’être à leurs côtés.

S’éloigner de la possessivité et de la dépendance

Le sentiment amoureux qui nous lie à notre compagnon/compagne ne devrait pas être contaminé par la possessivité et la dépendance.

Pour s’éloigner de ces deux pratiques, il est nécessaire de faire preuve d’une grande maturité ainsi que d’une solide estime de soi.

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« Là où il y a de la dépendance, il n’y a pas d’amour, et puisqu’on ne sait pas aimer, on tombe dans la dépendance…et s’il y a de la dépendance, il y a de la peur. On ne peut pas se libérer de la peur si on ne comprend pas la relation, et la relation ne peut être comprise que lorsque l’esprit est observé dans toutes ses relations : c’est le principe de la connaissance de soi. »

-Krishnamurti-


N’oublions pas que la dépendance et la possessivité sont des ingrédients inévitables de la souffrance.

Il n’est pas possible d’être en harmonie et en paix avec soi-même quand la peur de perdre ce que l’on croit posséder est constamment présente.

Aimer, c’est apprécier et être reconnaissant

Comme nous l’avons vu, la souffrance n’a pas lieu d’être en amour puisqu’elle intoxique ce dernier et qu’elle finit par le tuer.

On peut introduire des valeurs telles que l’appréciation et la reconnaissance dans nos relations afin de ne pas tomber dans le piège de la dépendance.

Entretenir une relation dans le respect et l’appréciation mutuelle, partager ce que nous sommes et comprendre que la réciprocité est importante, de même que l’échange de messages positifs ; tout autant d’aspects qui nous éloignent de la souffrance et qui établissent des raisons de se sentir reconnaissant du lien que l’on partage avec l’autre et que l’on a tissé avec lui.

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Voilà donc en quoi consiste le lien amoureux : en une relation au sein de laquelle on peut partager des goûts et des intérêts, une relation allant au-delà de la répression et de la peur de perdre ce qui nous unit à l’autre.

Une relation basée sur l’attention, sur l’appréciation, sur la reconnaissance et sur la tranquillité, tout autant de qualités que l’on prendra soin de faire évoluer ensemble face aux difficultés.


« Si vous aimez une fleur, ne la cueillez pas, car si vous le faîtes, elle mourra et cessera d’être ce que vous aimez ; si vous aimez une fleur, laissez-la plutôt être. Aimer, ce n’est pas posséder. Aimer, c’est apprécier. »

-Osho-