Adolescent-e-s rebelles : 7 conseils pour les parents

20 octobre 2017 dans Psychologie 4 Partagés
adolescent

L’adolescence est une phase importante de la croissance individuelle, où se définissent les bases de notre identité. A cet effet, de nombreuses familles n’acceptent généralement pas – ou à contrecœur – ce processus d’indépendance à l’adolescence, considérant encore leur progéniture comme des enfants. Par ailleurs, il est fréquent que l’adolescent-e se sente lui/elle-même capable d’initier cette “déconnexion familiale”, étape inéluctable sur le chemin de l’auto-dépendance ou de l’autonomie (Lamas 2007). Il est également vrai qu’iel peut parfois devenir un-e adolescent-e rebelle.

C’est dans ce contexte que la plupart des conflits entre les adolescent-e-s et leurs familles commencent. A ces âges, les adolescent-e-s trouvent dans les contextes extra-familiaux des boîtes de résonance pour leur malaise, tout comme iels trouvent dans ces mêmes contextes sociaux une nouvelle source de frustration dans la mesure où iels présentent des difficultés pour interagir de manière intelligente.

A cet effet, il est fondamental que la famille aide l’adolescent-e dans son projet de vie, enseignant et concevant avec lui/elle des stratégies efficaces qui lui permettront d’améliorer ses relations avec l’extérieur. Parfois, les adultes oublient que les adolescent-e-s ne cessent en partie d’être des enfants interagissant dans des environnements de plus en plus complexes. Toutefois, nous ne pouvons pas non plus les traiter comme tels, d’où les difficultés qui en résultent.

L’intérêt d’explorer des stratégies de manière indépendante est ce qui conduit l’adolescent-e à se comporter étrangement, en essayant de trouver sa place dans un monde qui peu à peu commence à s’ouvrir pour lui. Nous ne devons pas oublier qu’à ces âges, l’adolescent-e ne dispose pas encore de beaucoup de stratégies pour interagir dans des environnements externes. C’est pourquoi iel se sent souvent perdu-e, sans pour autant accepter que nous l’idions de peur de compromettre le terrain de l’indépendance qui fut si difficile à obtenir.

Il se peut que les enfants adoptent les stratégies familiales en tant qu’adolescent-e-s “préfabriqué-e-s” ou qu’iels rompent brusquement avec ce qui leur a été enseigné, cherchant une identité propre. Les accompagner dans ce processus est essentiel pour que l’adolescence soit juste cela, une étape de l’enfance vers l’âge adulte. Si la famille est trop exigeante dans ce processus, il est probable que nous parlerons bientôt d’une adolescence rebelle.

Il n’existe pas d’adolescent-e-s à problèmes, mais des enfants qui ont grandi en souffrant.
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adolescent rebelle

La structure familiale des adolescent-e-s rebelles

Pour démontrer l’influence de la structure familiale sur l’origine et le maintien du problème, nous utilisons la description de Fishman relative aux adolescent-e-s rebelles (Lamas 2007). L’adolescent-e rebelle se développe dans une structure familiale caractérisée par des frontières et des limites poreuses, ce qui se manifeste par le fait que les membres de la famille sont intensément interconnecté-e-s.

Dans ce types de familles, tout le monde sait tout sur tout le monde. Les frontières poreuses font que ces familles suivent les conseils qui viennent de l’extérieur. La faible hiérarchie qui caractérise ces structures familiales aggrave le problème, les enfants étant des membres puissants au sein de la famille.

Parfois, ces adolescent-e-s répondent à la frustration avec une rage excessive et établissent des relations avec leurs pairs et leurs petit-e-s ami-e-s empreintes de passion, d’engouement intense, de jalousie et de ruptures suivies de réconciliations courageuses. Cette intolérance à la frustration peut générer des adolescent-e-s rebelles et conflictuels.

Dans diverses théories de l’apprentissage, en particulier celle l’apprentissage comportemental, nous constatons que ce qui est approprié pour élever des adolescent-e-s sain-e-s et fonctionnel-le-s est une enfance dans laquelle il existe des succès, mais aussi des défis et des frustrations. Si nous ne laissons jamais nos enfants être frustrés pour ne pas réussir à atteindre certains objectifs, nous éduquerons des monstres égoïstes qui croiront disposer du droit d’obtenir tout ce qu’ils désirent par le simple fait d’exister, se transformant parfois en adolescent-e-s rebelles.

relation conflictuelle

Ce style d’éducation est de plus en plus fréquent dans les noyaux familiaux. Il semble que si nous faisons en sorte que nos enfants aient tout, nous serons de meilleurs parents, alors qu’il n’existe rien de plus éloigné de la réalité. Si nous éduquons les enfants dans la culture de l’inaction, ils ne comprendront pas nos nouveaux objectifs lorsqu’ils atteindront l’adolescence, devenant des adolescent-e-s problématiques et des tyrans.

7 conseils pour les parents d’adolescent-e-s rebelles

Le but de cet article n’est pas d’offrir des “conseils d’expert-e-s”, mais d’encourager les parents à se connecter et à trouver un mode d’union avec leurs enfants. Tous les conseils ne sont pas valables pour la même famille ou pour le/la même adolescent-e, ou pour le/la même adolescent-e et la même famille à tout moment, c’est pourquoi il est nécessaire que le/la lecteur-trice se penche sur les circonstances les plus propices à son application.

adolescente rebelle

En premier lieu, nous devons penser que si nous entretenons une relation positive avec l’adolescent-e, il sera plus facile d’avoir une influence positive sur lui/elle (également négative si nous ne l’exerçons pas correctement). Notez également que si nous n’en disposons pas, nous aurons toujours la possibilité de la construire. Pour ce faire, il est essentiel que nous connaissions les particularités et les intérêts de l’adolescent-e : c’est précisément grâce à cela que nous pourrons nous connecter avec lui. En d’autres termes, nous devrons avancer sur son propre terrain et pour cela, il est préférable que nous sachions où nous allons.

Voyons à présent ces 7 idées générales qui peuvent nous aider à faire face à des adolescent-e-s rebelles :

  • Définir des limites. Il est nécessaire que dans la coexistence familière il existe une série de normes à respecter. Il est également important que l’adolescent connaisse les conséquences du non respect de ces normes.
  • Investir du temps et de l’énergie pour améliorer l’éducation de l’adolescent-e. Si nous le faisons, les probabilités de canaliser la situation augmentent considérablement.
  • Être ferme dans les décisions et ne pas hésiter pas à maintenir un style de vie honnête en parallèle à ce que nous souhaitons enseigner. Nous devons donner l’exemple et leur montrer les avantages d’être fonctionnels.
  • Éviter les comparaisons. Le comparer constamment avec ses frères et soeurs ou à ses ami-e-s peut nuire à son concept de soi et le rendre d’autant plus rebelle pour cette même raison.
  • Éviter les pressions inutiles. Les adolescent-e-s doivent avoir leurs propres objectifs. Les adultes doivent les accompagner dans les processus de choix, mais ne doivent pas exercer de pression pour qu’iels atteignent des objectifs que nous-mêmes n’avons pu atteindre.
  • Accepter que nos enfants ne soient pas parfaits. Si notre fils a tort, il devra en assumer les conséquences, même si cela nous fait mal et que nous ressentons le devoir de le protéger.
  •  Être sincère avec eux. La sincérité est un outil que nous n’utilisons pas suffisamment avec nos enfants. Les relations familiales sont si hiérarchiques que parfois nous manquons certaines des techniques les plus efficaces pour nous rapprocher des adolescent-e-s.

En définitive, les adolescent-e-s sont, presque simultanément, méfiant-e-s et naïf-ve-s, utopistes et apathiques, communicatif-ve-s et fermé-e-s, protecteur-trice-s et amant-e-s du risque. En d’autres termes, beaucoup d’adolescent-e-s sont une pure contradiction avec de riches nuances, c’est pourquoi iels nous déroutent tant.

adolescent-e-s rebelles

La plupart des adolescent-e-s sont préoccupé-e-s par leur image sociale, soit directement, soit en essayant de prouver qu’iels ne se soucient pas de ce que les autres pensent. Iels apprécient l’aide qui leur est apportée, mais apprécient en premier lieu que nous leur fassions confiance, de disposer de la possibilité de commettre des erreurs. C’est pourquoi il n’est souvent pas nécessaire de les comprendre ou de craindre pour elleux, mais seulement de les accompagner.

Les adolescent-e-s semblent les plus difficiles à éduquer, mais si vous y parvenez, vos enseignements dureront toute la vie.
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