À trop supposer on s’y perd …

· 30 avril 2015

Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi il a fait ça ? Qu’est-ce qu’il va faire ? Si tu es tenté(e) de répondre à une de ces questions par : « Et bien, je ne sais pas, mais j’imagine que… », il est peut être temps de lire cet article.

Supposer a ses conséquences…

Supposer c’est tirer des conclusions hâtives, sans même prendre la peine de chercher des arguments qui tiennent la route. Supposer c’est chercher une explication et la renforcer ensuite par des pensées et des commentaires.

Le problème c’est que la personne qui suppose, finit en général par croire à ses inventions. Mais dans la plupart des cas, elle ne se souvient même pas pourquoi elle en est arrivée à cette affirmation.

Ainsi, il est très fréquent qu’une simple supposition née d’une « habitude innocente de parler un peu trop des autres » se transforme en fausse rumeur, et, au final, en mensonge.

Supposer peut ruiner la réputation d’une personne, car même si vous insistez sur le fait que ce n’est que ton opinion personnelle et que tu n’es pas sûr à 100%, il est fort probable que personne n’en tienne compte et que la rumeur se répande.

Et à cause d’une supposition toute simple et innocente, même si vous ne parlez à personne de ce que vous pensez, vous pouvez toujours avoir en tète une image déformée et irréelle d’une personne.

Qu’est-ce qui attise ces mauvaises pensées ?

Que la discussion se fasse avec une autre personne ou avec vous-même, un mensonge peut vite arriver. Vous pouvez ainsi vous mentir à vous-même, autant qu’aux autres.

Même si on a conscience que ce qui est avancé n’est pas certain, les émotions ressenties au moment de l’annonce sont difficiles à effacer. Et même si elles sont effacées, les mots laissent des traces et une prédisposition négative.

Pense aux sentiments que ces suppositions peuvent engendrer :

« Je suis sûre qu’elle l’a trompé. »
« Il doit sûrement maltraiter ses enfants. »
« À mon avis il n’est pas sincère. Je ne pense pas qu’il ait dit la vérité. »

Pourquoi imaginons-nous toujours le pire ?

Malheureusement, la majorité de nos suppositions sont des pensées négatives. En effet, l’être humain a tendance à accorder plus d’importance aux mauvaises nouvelles.

Pourquoi ? Une théorie affirme que cela serait dû à l’instant de survie. Car un humain prête plus d’attention lorsqu’on lui dit : « ce serpent est venimeux » que : « quel magnifique coucher de soleil! ».

Cela revient à dire que nous accordons plus d’importance aux choses négatives et que, par conséquent, nous leur attribuons plus de crédibilité. En d’autres termes, nous sommes inconsciemment prédisposés à imaginer le pire, surtout lorsque l’on parle des autres… Tout ça pour nous protéger.

Nous avons fréquemment tendance à supposer que nous sommes à l’origine de la plupart des choses qui se produisent, que les autres sont censés savoir ce que nous désirons, ou que les autres vont réagir de la même façon que nous.

Aucun de ces raisonnements n’est productif. Se baser sur l’une de ces suppositions peut être dévastateur pour toutes les personnes concernées, nous les premiers.

Supposer ne doit pas remplacer la communication

Que faire dans le cas où vous vous souciez réellement de savoir ce que fait une personne ou de pourquoi elle a agit de la sorte ? Et bien c’est très simple : demandez-lui !

Communiquer avec la personne concernée est cent fois plus productif qu’un dialogue interne ou avec un tiers. Car lorsque vous supposez, vous empêchez la personne concernée de s’exprimer.

Si vous avez du mal à demander directement à la personne concernée, vous devrez vous demander si la question en vaut la peine. Si ce n’est pas le cas, ce ne serait pas mieux de passer à autre chose?

Supposer ne doit pas empêcher votre épanouissement personnel

Les suppositions ne concernent pas toujours les faits et gestes des autres. En effet, il existe un autre genre de suppositions, pouvant former un énorme obstacle sur notre propre chemin…

Lorsqu’on s’imagine qu’on ne va pas aimer quelque chose qu’on n’a jamais essayé; que nous ne sommes pas capable d’apprendre de nouvelles choses; qu’on ne pourra jamais visiter ce lieu dont nous rêvons tant, etc., nous nous construisons un mur qui nous bloque le chemin vers de nouvelles expériences.

Parfois, nous imaginons que certaines traditions sont inévitables et qu’il n’y a aucune autre façon de faire. Ces pensées étouffent notre créativité et nous rendent routiniers et monotones.

En conclusion, nous devrions à tous prix éviter de supposer, que ce soit pour soi-même, ou pour les autres. Vérifions d’abord. Demandons les choses. Tentons. Vivons.

Photographie publiée avec l’aimable autorisation de Johan Larsson