9 maladies de transmission spirituelle

13 décembre 2016 dans Psychologie 0 Partagés

Généralement, les faux gourous et autres « maîtres de vie » sont extrêmement arrogants, et présentent un opportunisme hermétique.

L’illumination devient une aspiration pour les personnes qui se pensent égarées et qui errent dans le monde à la recherche d’une personne qui puisse les illuminer.

Quand on se sent perdu, on se transforme en « chair à canon », en un plat extrêmement appétissant pour les oiseaux carnivores de notre chemin intérieur, en des personnages « pur marketing » qui se concurrencent pour un prix teinté d’hypocrisie et de fausseté.

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Par exemple, nombreux sont ceux à proposer, dans certains cas, sans autre fondement que l’opinion propre, que la méditation nous ouvre le chemin et nous permette de nous défaire de toutes ces choses qui nous contaminent et qui nous poussent à nous poser des questions.


Comme si le fait de se poser des questions était puni par la loi et nous obligeait à suivre un droit chemin qu’eux-mêmes avaient déjà tracé pour nous. Un seul chemin à parcourir, un pour tous et, pourquoi pas, tous pour un.


Il y a des personnes (et des conceptions) tout à fait valides quant à la spiritualité, mais du fait de la commercialisation de ce concept comme « la poule aux oeufs d’or », on se retrouve avec de faux maîtres spirituels qui peuvent véritablement nous faire du mal.

En guise d’exemple extrême, on peut penser aux cas des groupes sectaires qui en arrivent à payer des sommes d’argent astronomiques afin de se suicider.

Mais il y a également des personnes critiques qui savent mettre les points sur les « i » à tous ces faux gourous, spécialistes dans le domaine de notre esprit.

Mariana Caplan, docteure en Philosophie, écrivaine et anthropologue, a consacré sa vie à l’étude de la spiritualité au sens critique.

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Les 9 maladies de transmission spirituelle qui peuvent nous « contaminer »

Mariana Caplan nous donne une vision très pertinente de la déformation de la spiritualité et du profit commercial de cette mode. Elle a dégagé et défini 9 maladies de transmission spirituelle.

1. La spiritualité d’alimentation rapide

Si on mélange la spiritualité avec une culture qui célèbre la rapidité, le multi-tâche et les résultats immédiats, probablement cela nous donne-t-il comme résultat la dénommée spiritualité d’alimentation rapide.

Cette dernière, telle que la définit Caplan, est un produit de l’imagination commune et compréhensible basée sur le fait que l’apaisement de la souffrance de notre condition humaine peut être rapide et facile. Le chemin de la spiritualité, c’est-à-dire la transformation spirituelle, ne peut PAS être envisagé comme une solution rapide.

2. La spiritualité d’imitation

Parler de façon calme, s’habiller avec certains vêtements et certaines couleurs, agir d’une façon déterminée… Tout cela est-il essentiel si on veut être une « personne spirituelle » ? Evidemment que NON.

Cette maladie de « transmission spirituelle » nous mène à essayer d’imiter l’idée que l’on croit spirituelle de la même façon que la toile de la peau du léopard imite la peau réelle d’un léopard.

3. Des motivations confuses

Le besoin de remplir notre vide émotionnel, la croyance que le chemin spirituel nous libérera de nos souffrances et le désir d’être spécial et « magique » nous conduit à entremêler ces aspirations avec le désir authentique et pur d’évoluer.

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4. S’identifier aux expériences spirituelles

Comme l’affirme Caplan, « dans le cadre de cette maladie, l’ego s’identifie à nos expériences spirituelles et les considère comme propres, si bien que l’on commence à croire que l’on incarne des idées qui ont surgi en nous à des moments bien précis ».

Bien sûr, cela ne dure pas indéfiniment, même si cette situation a tendance à perdurer chez certaines personnes qui se croient « illuminées » ou qui se comportent comme des « maîtres spirituels et de vie ».

5. L’ego spiritualisé

Caplan envisage que cette maladie se présente lorsque la structure elle-même de la personnalité de l’ego se mélange profondément avec des concepts spirituels et des idées. Le résultat, c’est une structure de l’ego « à l’épreuve des balles ».

On devient imperméable à l’aide, on ferme nos sens aux nouvelles informations contradictoires ainsi qu’à d’autres offres constructives.

On devient impénétrable et on bloque notre développement même si, bien sûr, on brandit toujours bien haut le drapeau de la spiritualité.

6. La production en masse des maîtres spirituels

Il y a une grande quantité de traditions spirituelles (le bouddhisme, par exemple) qui sont à la mode actuellement.

Le résultat du marketing, c’est une commercialisation de figures et de spécialistes qui se donnent à connaître comme des personnes présentant une grande illumination spirituelle alors qu’en réalité, il n’en est rien.

Comme l’affirme notre auteure, cette maladie fonctionne comme un vecteur spirituel : mettez-vous dans cette lumière, atteignez cette vision et tada ! Vous serez illuminé et prêt à illuminer les autres de façon similaire.

Le problème, ce n’est pas que ces professeurs instruisent, mais qu’ils se présentent comme des personnes qui auraient atteint la maîtrise spirituelle.

7. L’orgueil spirituel

Quand le pratiquant, grâce à des années d’efforts, atteint un certain niveau de sagesse, il peut parfois en arriver à utiliser cette réussite pour se fermer à d’autres expériences.

Il est possible qu’il se sente en « supériorité spirituelle » et qu’il transmette un message subtil qui vient dire « je suis meilleur que les autres, plus sage, et surtout, je suis spirituel ».

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8. L’esprit de groupe

L’esprit de groupe est un virus insidieux qui présente de nombreux éléments de co-dépendance traditionnels.

La loyauté ainsi que les accords subtils et inconscients par rapport à la façon d’agir et de penser, de parler et de s’habiller peuvent se transformer en un rejet face à d’autres expériences, d’autres schémas de pensée ou d’autres personnes.

9. Le virus mortel

« Je suis arrivé à l’objectif final de mon chemin spirituel ». Cette maladie peut être en phase terminale et se révéler mortelle pour notre évolution spirituelle.

Comme l’affirme Caplan, notre progrès spirituel en arrive au point où cette idée se concrétise dans notre esprit, car le moment où on commence à croire que l’on a atteint la fin du chemin et un plus grand développement s’arrête.

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