5 obsessions que vous ne connaissez peut-être pas

Faites-vous partie de ceux qui doivent se préparer à tout ? Ou de ceux qui prennent un paracétamol pour prévenir la migraine ? Ces sortes d'obsessions ont un nom. Lisez la suite de cet article pour en savoir plus.
5 obsessions que vous ne connaissez peut-être pas

Dernière mise à jour : 03 janvier, 2021

Généralement les obsessions n’entraînent aucun problème au-delà d’une perte de temps possible et minimale. Mais que faire quand les soucis et passe-temps se transforment en obsessions ?

Selon le RAE, une manie est une préoccupation capricieuse, et parfois extravagante. Dans la culture populaire, être maniaque est associé au respect de certains comportements rigides légèrement résistants au changement, mais parfaitement évitables et qui ne causent pas trop d’anxiété.

Il convient de noter que, dans le langage familier, les termes “manie”, “obsession” et “passion” sont souvent considérés comme des synonymes (ou presque). Cela n’est pas correct du point de vue de la psychologie, car la manie se réfère à un état d’esprit excessivement euphorique et irréfléchi.

Cependant, établir ce parallélisme entre les mots manie et obsession rend le sujet plus facile à comprendre. Une chose est claire : vous pouvez être obsédé ou passionné par presque tout ce à quoi vous pouvez penser. Personne n’est donc à l’abri des manies. À tout moment, chacun de nous peut adopter un comportement rituel.

Nous connaissons beaucoup de ces obsessions et elles ont même des noms, comme par exemple la mélomanie (obsession ou passion pour la musique). Cependant, beaucoup d’autres ne sont pas connues ou nous ne savons pas comment les nommer. Nous vous en présentons ici cinq d’entre elles.

Une femme qui écoute de la musique affalée sur un canapé.

Glazomanie : obsession pour les listes

La glazomanie est l’obsession, la passion ou la fascination pour les listes. Cette obsession peut être considérée comme un outil pour être plus efficace, voire pour réduire le niveau de stress : les listes fonctionnent comme une forme d’anticipation.

Les personnes atteintes de glazomanie font des listes pour absolument tout. Des listes de tâches quotidiennes, des listes d’endroits où aller, des listes de phrases clés à dire à certains moments…

Les personnes atteintes de glazomanie estiment que faire des listes les aide à rester organisées. Il faut cependant distinguer la passion pour les listes et d’autres troubles comme le TOC ou le trouble de la personnalité obsessionnelle compulsive.

Dans le sous-type de vérification TOC, la présence de certaines obsessions provoque l’apparition de comportements compulsifs de vérification. Ces comportements ont pour but de réduire l’anxiété.

L’utilisation de listes peut alors devenir une stratégie de vérification permettant de mettre fin à la contrainte. Un exemple : vérifier que l’élément “fermer la porte” a bien été marqué dans la liste, au lieu d’aller vérifier que la porte est bien fermée.

Selon le DSM-5, le TOC consiste en un souci d’ordre, de perfectionnisme et d’efficacité. Parmi les critères diagnostiques recueillis pour ce trouble, se trouve le souci des détails, des règles, des listes, de l’organisation… Au point de négliger l’objectif principal de l’activité, l’objectif de la liste elle-même.

Les deux troubles entraînent une détresse ou une altération importante de la vie sociale, professionnelle ou dans d’autres domaines importants de la vie. Cette caractéristique est ce qui distingue le simple goût de faire des listes d’un trouble comme le TOC,

Toxicomanie : obsession pour la prise de médicaments

La toxicomanie est l’obsession de prendre des médicaments dans des situations où cela ne serait pas nécessaire ou à des fins pour lesquelles une certaine drogue n’est pas indiquée. Ce concept peut être lié à la pharmacophilie (par opposition à la pharmacophobie) qui est l’inclination ou la prédisposition à prendre des médicaments.

Parmi les troubles pouvant être liés à ce concept, on retrouve l’hypocondrie, ainsi que les troubles de la douleur et la fibromyalgie. Le comportement de prendre un médicament “au cas où” ou “pour éviter” est lié à la prise d’analgésiques chez les patients souffrant de douleur chronique comme stratégie pour éviter la douleur.

Dans le cas de l’hypocondrie, la peur de souffrir d’une maladie peut conduire à une prise excessive de médicaments. Le patient cherche ainsi à préserver ou améliorer certaines fonctions physiologiques.

Un exemple peut être le patient qui prend quotidiennement des médicaments laxatifs afin d’avoir un transit intestinal adéquat et d’éviter l’obstruction intestinale qu’il craint tant. Cependant, associée à l’hypocondrie, on retrouve également le pôle opposé, la résistance à la prise de médicaments par peur des effets secondaires.

Obsessions liées au repos : catisomanie et clinomanie

Il existe différentes obsessions liées à différents aspects du repos, comme se coucher, s’asseoir ou dormir. Elles se ressemblent toutes, mais elles présentent des différences subtiles que nous allons explorer.

La catisomanie est l’obsession pour la position assise. La personne ressent une envie irrépressible de s’asseoir. Cela peut même la conduire à prendre la place des personnes âgées ou des femmes enceintes dans les transports en commun. Ou encore à s’asseoir par terre pendant qu’elle fait la queue, etc.

Il ne faut pas la confondre avec la clinomanie, qui correspond à une envie irrépressible de s’allonger. Ni avec l’hypnomanie, qui est l’obsession pour le sommeil. Dans le cas de la clinomanie, la vie de la personne tourne autour du fait de s’allonger dans son lit.

Tanorexie : obsession pour le bronzage

La tanorexie est le besoin obsessionnel d’avoir une peau plus foncée, c’est-à-dire d’être bronzé. Cela pourrait être considéré comme une dépendance ou un sous-type de trouble dysmorphique corporel.

Ces personnes sont très préoccupées par ce qu’elles considèrent être un défaut, la peau claire. Ce “défaut” peut être réel ou imaginaire. Les personnes atteintes de tanorexie associent la peau bronzée à la beauté. Elles sont incapables de vivre sans bronzer ou sans rayons UVA.

Les stratégies pour obtenir un bronzage consistent en des séances prolongées de rayons UVA ou de longues périodes au soleil. Elles peuvent même adopter des comportements à risque.

Par exemple : prendre un bain de soleil sans utiliser correctement un écran solaire. Autre exemple :  utiliser des accélérateurs de bronzage qui mettent la santé de la peau en danger.

Les effets bénéfiques de la lumière du soleil sur notre santé sont bien connus. Cependant, une exposition prolongée ou non protégée augmente le risque de problèmes cutanés : coups de soleil, cancer de la peau, mélanome, vieillissement prématuré de la peau…

Le traitement de la tanorexie dépend de son origine. D’une part, il peut être conceptualisé comme une dépendance ou comme un trouble dysmorphique corporel. D’autre part, les bains de soleil peuvent être pris de façon saisonnière, comme une forme d’autogestion d’un trouble dépressif avec un modèle saisonnier.

De plus, nous savons que la lumière du soleil favorise la libération d’endorphines et génère une sensation de détente, de bien-être et d’euphorie. Pour cette raison, en plus du traitement psychologique, il convient de rechercher d’autres moyens d’augmenter les endorphines : faire de l’exercice, écouter de la musique, rire…

La tanorexie, l'obsession du bronzage.

Quelques réflexions sur les obsessions

Ces cinq obsessions décrites ici ne sont qu’un petit échantillon du grand répertoire existant. En général, elles ne sont pas graves et ne devraient pas avoir plus d’importance qu’elles en ont. Avoir l’une de ces obsessions ou “être un peu maniaque” n’est pas mal, du moment que cela n’affecte pas l’activité quotidienne ou ne provoque pas d’anxiété.

Nous devons empêcher que ces particularités qui nous rendent uniques et spéciaux ne deviennent des hobbies insupportables. Et cela est possible en étant flexible et tolérant.

Une manie ne doit pas nous faire dépasser certaines limites de la coexistence, ni nous donner envie de contrôler complètement la façon dont les autres agissent. Si une manie réduit notre qualité de vie, il est temps de consulter un professionnel.

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