5 mythes sur le cerveau qui nous ont laissés perplexes pendant des années

30 novembre 2017 dans Psychologie 39 Partagés
mythes sur le cerveau

Une fois qu’une pensée s’installe dans l’idéologie collective, il est véritablement difficile de l’en sortir de notre cerveau si nous la partageons. Et c’est précisément cet organe qui fait l’objet de nombreux mythes, oui. Les idées reçues et les mythes sur le cerveau sont partagés en permanence à travers les réseaux sociaux ou lors de réunions entre amis où nous voulons démontrer notre … savoir ?

La philosophe Elena Pasquinelli a consacré un livre entier à ces neuro-mythes ou mythes sur le cerveau. Malgré la vulgarisation de la science (nous disposons aujourd’hui d’informations écrites destinées  au grand public sur presque tous les sujets), Elena pense que la relation de cette dernière avec la société est encore mauvaise : pleine de suspicion et de méfiance par moments, et de croyance absolue en d’autres occasions. Quoi qu’il en soit, en bien ou en mal, le cerveau semble être le protagoniste de toutes les tendances*.

Voyons sans plus tarder les mythes sur le cerveau.

Nous utilisons seulement 10% de notre cerveau

Il est vrai que les êtres humains agissent parfois comme s’ils n’en possédaient pas, mais cette affirmation est l’un des mythes sur le cerveau les plus communs, les plus anciens et les plus mystérieux. En premier lieu à cause de l’origine de ce mythe : nous ne savons pas avec certitude d’où il provient.

Les techniques actuelles de neuro-imagerie nous montrent clairement que nous utilisons tout notre cerveau, que toutes ses parties sont activées au moins avec certains des processus que nous mettons en oeuvre de manière habituelle. Il est vrai que nous utilisons notre cerveau de différentes manières et que certaines capacités cognitives sont plus puissantes chez certaines personnes que chez d’autres ; quoi qu’il en soit, ce mythe n’a aucun fondement.

Nous avons un cerveau gauche et un autre droit

Il s’agit de l’un des mythes sur le cerveau les plus connus, illustré par de curieux schémas. En effet, ce mythe a pénétré la société elle-même et a en quelque sorte inondé une bonne partie de la science la plus crédule. Il s’agit peut-être du mythe ayant fait l’objet de la plus importante publication littéraire, alors qu’elle manque fondamentalement de sens : nous pouvons le constater lorsque nous avons la chance de voir comment le cerveau est activé lors de tâches qui sont, en principe caractéristiques, d’un côté.

mythes sur le cerveau

S’il est vrai que certaines fonctions mettent davantage en oeuvre certaines structures d’un hémisphère, les interconnexions entre les deux « parties » du cerveau sont si nombreuses et puissantes qu’elles ne peuvent pas fonctionner de manière autonome et distincte. Dès lors, l’utilisation d’un hémisphère ne définit pas les styles d’apprentissage ou la personnalité, vu que nous n’utilisons jamais un seul hémisphère.

Les cerveaux des femmes sont différents des hommes

Le cerveau des deux sexes présente des différences anatomiques, comme cela se produit avec d’autres organes ou caractéristiques, comme la taille. Une étude récente et très discutée a offert les résultats suivants : en résumé, les hommes semblent avoir plus de liens dans certaines parties d’un hémisphère tandis que les femmes présentent plus de liens entre les deux hémisphères.

Ces résultats utilisent des méthodes statistiques dans lesquelles l’interprétation des résultats tend à être biaisée dans le but d’obtenir un impact important, contribuant ainsi à la diffusion de mythes sur le cerveau. Ainsi, les différences dans cette étude ne montrent pas que les hommes et les femmes ont des cerveaux différents, mais qu’ils établissent des types de connexions généralement différents. Par ailleurs, la façon dont les liens sont établis dépendra des activités que la personne accomplit, indépendamment de son sexe.

Grâce à la plasticité neuronale, tout est possible

Notre cerveau est plastique, dynamique et très sensible aux activités auxquelles nous consacrons le plus de temps. Par exemple, il a été constaté chez les chauffeurs de taxi londoniens que leur cerveau était modifié au fil des mois d’exercice de la profession, reliant davantage et augmentant en taille des zones responsables de notre orientation spatiale.

cerveau qui s'entraine

Cependant, cette plasticité a également des limites, lesquelles seront d’autant plus présentes à mesure que nous accumulerons de l’expérience dans une spécialisation. Que nous soyons chauffeur de taxi dans une grande ville ou que nous exercions une autre profession. Ainsi, la plasticité peut faire que certaines zones de notre cerveau prennent de l’importance et que d’autres soient mises de côté.

Cela dépendra de notre activité, mais aussi des circonstances, des stimuli, de l’état général physique et cognitif de la personne, etc. Ainsi, le cerveau de chaque individu finit par avoir sa propre architecture associée à celui dont il appartient et à ce que fait ce dernier ; cependant, cette même architecture nous impose également à chacun des limites avec lesquelles nous devons vivre.

Nous pouvons préparer notre cerveau avec le célèbre « brain training »

Nous devons ici être particulièrement attentif. En général, tout entrainement de la mémoire, de la vitesse de calcul ou d’amélioration de l’attention a un effet positif immédiat. Maintenant, en supposant que l’effet soit effectif, la grande question reste celle de la cause. Cette amélioration est-elle réellement un produit de la l’entrainement ou seulement l’effet placebo associé à une intervention ?

La question devient encore plus importante si nous gardons à l’esprit que l’effet de cet entrainement ne s’étend généralement pas dans le temps une fois qu’il est terminé. Par ailleurs, il est souvent vrai que la pratique nous rend plus compétents ; dans ce cas la grande question serait : l’entrainement améliore-t-il nos compétences ou cela est-il dû à nos stratégies ?

Par exemple, si nous jouons aux échecs pendant un certain temps, le plus probable est que nous améliorons notre stratégie dans ce jeu : nous aurons une expérience qui dictera quelles stratégies sont meilleures que d’autres. Cependant, que notre mémoire possède davantage d’éléments liés aux échecs nous permet-il de dire que ce processus psychologique fondamental s’est amélioré ?

Cela dit, il semble qu’avec l’entraînement cognitif nous atteignons des résultats permettant de ralentir la dégénérescence naturelle du cerveau avec l’âge, comme cela est le cas dans les maladies dégénératives telles que la démence. Il semble également que l’entrainement soit bon pour récupérer un niveau basique suite à une période de privation dans l’entrainement de cette capacité. Au-delà de tout ceci, la vérité est que les résultats sont au moins discutables.

Nous avons énuméré dans cet article certains des mythes sur le cerveau les plus communs. Cependant, il en existe beaucoup d’autres que nous n’avons pas abordés ou que nous n’avons pas encore découverts comme tel dans la mesure où la science n’a pas encore trouvé le moyen de les préciser. Quoi qu’il en soit, l’étude de notre cerveau est un sujet passionnant parce que il s’agit de la technologie la plus incroyable et parfaite que nous connaissons aujourd’hui.

* Vous pouvez lire tout cela dans Mon cerveau, ces héros, mythes et réalité, de la maison d’édition Le Pommier. Toujours prêt à nous rafraîchir avec des lectures faciles dans sa composition et utile dans son contenu.


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