Trois réalités qui ressemblent à de l’amour, mais qui n’en sont pas

9 décembre 2017 dans Emotions 1013 Partagés
réalités qui ressemblent à l'amour

Il existe de nombreuses réalités qui ressemblent à de l’amour, mais qui n’en sont pas. Il s’agit de situations qui donnent lieu à des liens étroits et, en général, très durables. Il n’existe pas de véritable affection en arrière-plan, mais plutôt un ensemble de limitations ou de problèmes qui soutiennent le lien.

L’amour authentique se caractérise par le fait de nourrir la croissance mutuelle. Il implique la générosité et la liberté. Il est d’autant plus réel lorsqu’il favorise l’autonomie de ceux qui s’y trouve impliqués. Cela inclut toutes les formes d’amour : maternel ou paternel, de couple, etc.

Il n’existe pas de déguisement qui puisse cacher longtemps l’amour là où il y en a, ou le feindre là où il ne s’en trouve pas .”

-François de la Rochefoucauld-

La véritable affection se confond parfois avec d’autres réalités qui ressemblent à l’amour, sans en être. Ces réalités impliquent généralement des sentiments très intenses. Elles sont vécues du fond de l’âme, mais elles excluent souvent le respect et la véritable appréciation de l’autre. Elles sont nées de désirs ou de besoins égoïstes et se maintiennent eu égard aux avantages qu’elles produisent. Voici certaines d’entre elles.

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La surprotection, une des réalités qui ressemblent à l’amour

La surprotection est l’une de ces réalités qui ressemblent à l’amour, mais qui n’en est pas, même si cette attitude commence par lui. Il s’agit d’un type de comportement qui survient surtout entre parents et enfants. Cependant, il est également fréquent qu’elle apparaisse au sein du couple, entre amis et dans différents liens hiérarchiques.

La surprotection représente un désir excessif d’éviter le mal ou la souffrance à une autre personne, laquelle est normalement considérée comme vulnérable ou sans défense. Lorsque nous aimons quelqu’un, il est évident que nous ne souhaitons que du bien pour ce dernier. Cependant, quelqu’un d’excessivement anxieux pourrait voir des dangers là où il n’en existe pas ou les exagérer s’ils existent. En effet, les personnes surprotectrices ignorent souvent que les mauvaises expériences sont une source d’apprentissage.

Si nous disons qu’il s’agit d’une des réalités qui ressemblent à l’amour sans en être, c’est parce que ce qui prévaut ici n’est pas l’affection, mais l’angoisse. Les personnes qui surprotègent projettent leurs propres peurs sur l’autre. En outre, elles ne parviennent généralement pas à empêcher l’être aimé de souffrir, bien au contraire. Elles finissent par envahir l’autre d’anxiété et l’empêcher de grandir.

Contrôle sur le bien-aimé

Le désir excessif de contrôle sur l’autre ressemble à une surprotection, mais il ne s’agit pas de la même chose. Dans ce cas, le lien est marqué par le démérite de l’autre. En fin de compte, il est ici recherché que l’être “aimé” apprenne à se méfier de lui-même et ait besoin de nous. D’une certaine manière, il est recherché ici de générer une dépendance de la part de l’autre.

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Bien qu’au fond de leur nature ce n’en soit pas, ces comportements sont présentés comme des expressions de l’amour. L’un rend les choses plus faciles pour l’autre. Il porte les objets lourds, le soutien dans les situations difficiles ou les assume pour l’autre. Il consacre également ses efforts afin que l’autre ne connaisse pas de difficultés. Cependant, cette attitude n’est pas gratuite. Elle est payée par la limitation de l’autonomie et de la liberté.

L’intention réelle est que l’un ait définitivement besoin de l’autre. D’un regard extérieur, cela peut donner l’impression que celui qui contrôle s’efforce de rendre la vie plus heureuse à celui qu’il aime, alors que ses efforts visent en réalité à ce que ce dernier ne puisse pas se débrouiller seul. Il manipule afin que le lien se maintienne et devienne de plus  en plus étroit. Ceci n’est pas de l’amour, mais du contrôle égoïste.

réalités qui ressemblent à l'amour

Dépendance et amour

Le contrôle est le visage et la dépendance est le sceau le plus commun de ces réalités qui ressemblent à l’amour, sans le devenir. Il existe un lien particulier dans ce cas là : à travers lui, la personne dépose tous ses besoins et toutes ses frustrations sur l’autre. Elle lui donne, pour ainsi dire, l’obligation de prendre en charge son bonheur. Une sorte de père ou de mère de substitution qui est disponible à tout instant pour satisfaire ses désirs.

Ce genre de “tuteur” devient désespérément nécessaire. Après tout, il s’agit d’une sorte de bouclier contre la vie. Cela nous évite d’affronter nos propres limites. Ceci nous protège également de l’angoisse d’avoir à décider et, par la même, de gagner ou de perdre. La personne dépendante peut sentir qu’elle aime profondément l’autre, mais il s’agit en réalité d’un lien d’exploitation mutuelle.

Toutes ces formes de “pseudo amour” sont nuisibles : elles cachent des situations à résoudre. Il s’agit de réalités qui ressemblent à l’amour, mais qui ont finalement davantage à voir avec une sorte de névrose. Elles ne finissent presque jamais bien. Elles génèrent de la douleur et entravent la croissance mutuelle. Malheureusement, elles ont tendance à créer des liens très forts qui finissent souvent par blesser les personnes impliquées.


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